18 novembre 2008 - 13H40
- Espagne - Franquisme

Le juge Garzon renonce à instruire lui-même son enquête
Le juge Garzon renonce à instruire lui-même son enquête sur les disparitions de républicains espagnols, victimes d'exécutions sommaires lors du régime franquiste, au profit de tribunaux locaux. Il estime que son tribunal n'est pas compétent.
Par Adeline PERCEPT (texte)

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C'est sans doute à contrecœur que le juge Baltasar Garzon a rédigé et signé ce procès-verbal. Un document de 152 pages, dans lequel il se dessaisit de l'enquête-fleuve sur les disparus du franquisme au profit de tribunaux locaux. Il déclare que l'Audience nationale, le tribunal dont il dépend, "perd sa compétence" sur ce dossier. Il constate de même l'extinction de l'action pénale visant l'ancien dictateur Francisco Franco, ainsi que 44 autres dirigeants du régime.

Le juge s'incline face à la fin de non-recevoir du Parquet, qui ne l'estime pas compétent pour traiter du dossier ; ceci en vertu de la loi d'amnistie de 1977 qui prescrit les crimes du franquisme. En prenant lui-même cette décision, Garzon devance l'avis que devait prochainement rendre le Collège des juges de l'Audience nationale.

La déception des proches des victimes

La décision du juge Garzon éloigne un peu plus les familles de victimes du franquisme de leur but : retrouver les corps de leurs proches et récupérer leurs dépouilles, grâce aux moyens de la justice. "Nous allons étudier en profondeur le procès-verbal du juge Garzon dans les prochains jours, et analyser quels seront les recours possibles. De toute façon, c'est une mauvaise nouvelle. Nous pâtissons des circonstances sociétales et politiques", regrette Fernando Magan, l'avocat de l'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH). En cause, selon les proches de victimes, la trop forte pression médiatique et politique d'une partie de la société espagnole qui refuse toujours de "rouvrir les blessures du passé", pour reprendre l'expression du leader du Parti populaire (conservateur) Mariano Rajoy.

"Je suis au chômage, c'est la crise pour nous aussi", ironise Julian Casanova, historien spécialiste du franquisme faisant partie du collège d'experts nommés par Garzon dès l'ouverture de son enquête. Selon le chercheur, remettre le dossier entre les mains de tribunaux locaux "va faire dépendre les requêtes des proches de victimes du bon vouloir arbitraire de chaque juge local. On ne peut rien faire comme ça". Pour l'heure, l'ouverture des fosses communes est de toute façon suspendue, y compris au niveau des juridictions locales, puisque l'Audience nationale a bloqué les ordres d'exhumation promulgués par Garzon.

 

400 fosses communes à ouvrir

Depuis 2000, l'ARMH a entamé le processus d'exhumation des corps avec ses propres moyens. L'association a contribué à ouvrir le débat au sein de la société, et selon Julian Casanova, le processus de récupération de la mémoire historique "ne peut plus être arrêté. Avec la loi sur la mémoire historique votée l'an dernier, l'Etat a, en théorie, les moyens d'agir". "Le problème est que la loi n'a jamais été appliquée, s'insurge-t-il. Maintenant, c'est au ministère de la Justice de lancer une enquête au moyen du collège d'historiens déjà constitué par Garzon, puis qu'on s'occupe des victimes sur cette base." L'association estime à 400 le nombre de fosses communes qui restent à ouvrir, et n'exclut pas de porter le dossier des disparus du franquisme devant les instances juridiques européennes et internationales.
 

Commentaires

peur,pression et amnesie

espérons qu'il ne s'agisse pas d'une quelconque manipulation politique ou d'une crainte des derniers vestiges catho-facho espagnole qui fasse qu'un juge tel que mr garzon ne recule fasse a ce dossier. ce genre de mouvement n'a malheureusement pas totalement disparu,le PP espagnole étant une excroissance démocratique du franquisme,il est fort a parier,vu la puissance de ce partie politique,qu'ils aient les moyens de mettre suffisamment de difficulté et de pression sur un seul juge,aussi coriace soit le juge garzon,pour enrayer la machine judiciaire. de plus j'aimerais attirer l'attention des lecteurs sur l'autre commentaire,qui nous dit que ces pauvres catho ont été persécuté par ces méchants républicains en appelant ça du racisme. petite leçon historique pour cet internaute a l'orthographe déplorable,les divisions de l'armée espagnole d'afrique du nord se soulèvent contre la démocratie en place,leur chef,FRANCO,qui est aidé par ce que l'on nommait a l'epoque les phalangistes,milice fasciste ayant perpétré des massacres de masses de tout opposants politiques,homosexuels,les gens dit"asociaux" etc,etc..........et nos amis cathos qui voyaient d'un mauvais oeil ces républicains qui voulaient sortir du 19eme siècle car aillant un siècle de retard en termes de progrès et une crainte que l'on sépare l'Église de l'état,chose,qui de par la volonté populaire et électoral aurait du se produire sans le coup d'état. sachant qu'il y a des nostalgiques de la haine et de la bêtise partout sur terre,il ne serait que peu étonnant que garzon ai du plier,d'ailleurs comme sur bon nombre de sujet. comme sur les dictatures sud américaine par exemple,entre les amis de mr videla et ceux de mr pinochet. l'amnésie, la volonté d'étouffer ou d'oublier ne peuvent avoir que des conséquences catastrophique dans un pays,ce serait la négation même des crimes d'un régime despotique et sanguinaire,dont les gardes civils et la seguridad ont pu commettre.

racisme anticatolique

Il serai bon de signaler que ce juge n'étai pas intéraissé pour chercher les coupable de crime raciste anticatolique dont ont etaient victime les curés par exemple.

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