- Martine Aubry - Parti socialiste - Ségolène Royal
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Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans Politiques avec notre invité Jean-Christophe Cambadélis. Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes le député socialiste de Paris, et vous venez de vivre comme nous tous des semaines folles au parti socialiste. Vous avez choisi la bonne écurie puisque l’écurie gagnante est celle de Martine AUBRY, dont on avait critiqué un peu l’attelage puisque vous êtes proche de Dominique STRAUSS-KAHN, et il y a effectivement chez Martine AUBRY des Strauss-Kahniens, des Fabusiens, attelage un petit peu bancale, mais enfin toujours est-il qu’elle a gagné. Alors, est-ce qu’on va encore assister à ce feuilleton « Desesperate PS » ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Oui, mais je le comprends parce qu’il faut bien une opposition dans ce pays et le Parti socialiste devait muter. Parce qu’en fin de compte, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Dans cette bataille dont on a perçu juste la fin, il y avait eu auparavant plusieurs épisodes dans ce feuilleton, il y avait deux formes de rénovation. Celle de Ségolène ROYAL qui voulait totalement du nouveau, une espèce de révolution…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Une rupture. Et celle de Martine AUBRY qui était un renouveau, c’est-à-dire qu’on prenait le Parti socialiste tel qu’il était et on essayait de le transformer.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que ce n’était pas un peu vécu comme une restauration plutôt ? Le classicisme, les fondamentaux de gauche… ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Non, il y a bien sûr le fait que dans cette rénovation, il faut aller chercher les fondamentaux de gauche et ils sont nécessaires dans la période de la crise que nous traversons, crise économique et sociale qui va être de plus en plus difficile. Mais en même temps, il y avait dans les deux offres politiques, l’idée de renouveler complètement. Et puis, au milieu, ce qu’on a appelé le « vieux parti », c’est-à-dire ceux qui sont là depuis, pour certains, 1971, depuis Epinay…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- …S’est effondré. Et donc, en fin de compte, c’est une nouvelle époque qui commence pour le Parti socialiste.
Roselyne FEBVRE.- Donc, est-ce qu’on peut considérer que le Parti socialiste est arrivé dans sa phase finale du chaos ? Et est-ce que vous avez… ? Parce qu’il y a des…, je veux dire, c’est un Parti socialiste abîmé, blessé, est-ce que ses plaies vont se refermer ? Est-ce que vous croyez réellement que ça peut marcher… ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Oui, je le pense parce que…
Roselyne FEBVRE.- Alors qu’on voit quand même un Parti socialiste qui …
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Non parce que le Parti socialiste est coupé en deux dans, entre guillemets, ses élites, c’est-à-dire dans sa représentation politique, mais aujourd’hui, les Socialistes gèrent la plupart des collectivités locales et sur le terrain, sur la base du Parti. Les gens travaillent ensemble, il n’y a pas une opposition avec cette force. C’est un pacte médiatique qui a fait que, d’un seul coup, on a eu l’impression que ce n’était pas possible. On nous disait même que, lors du conseil national que cela allait être la [inaudible] et donc, ça s’est plutôt très bien passé, donc…
Roselyne FEBVRE.- Donc, Martine AUBRY et Ségolène ROYAL se sont vues, est-ce que…, qu’est-ce qu’il est ressorti de cet entretien entre les deux femmes ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Martine AUBRY, lors de son intronisation en tant que Premier secrétaire, avait tendu la main à Ségolène ROYAL. Ségolène ROYAL est venue la voir à Solferino, là où le Premier secrétaire siège. Elles ont eu une discussion pour voir comment elles pouvaient travailler ensemble, comment il était possible de faire en sorte que le Parti socialiste travaille. Parce que le problème n’est pas de se rabibocher, etc., mais de travailler. Bon. Et donc, Ségolène ROYAL a indiqué qu’elle voulait voir tout ou partie de son programme accepté par la Majorité. Martine AUBRY lui a indiqué qu’elle avait gagné.
Roselyne FEBVRE.- Oui, donc ce n’est pas la ligne Ségolène qu’il l’emportait.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Voilà. Voilà. Et donc Ségolène a un peu de mal avec les défaites et donc… Certes, on est prêts à faire des efforts, à s’ouvrir, il faut le faire, à prendre tout ou partie de ce qu’elle avait proposé. Il y avait des idées qui étaient intéressantes et qui recoupaient d’ailleurs ce que nous, on disait sous une autre forme. Mais on ne peut pas prendre le programme de Ségolène ROYAL (Rires).
Roselyne FEBVRE.- Oui. Donc, elle a…, ça a été une fin, plutôt gentiment, de non-recevoir…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Non, non parce que vous savez, on est le lendemain de la défaite de Ségolène ROYAL et la victoire de Martine AUBRY, donc il va se passer un peu de temps…
Roselyne FEBVRE.- Donc, elle la vit mal quand même cette défaite, Ségolène ROYAL ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Ben, j’ai l’impression puisqu’immédiatement, elle a lancé une nouvelle perspective à la présidentielle…
Roselyne FEBVRE.- Ben oui… Alors, on va le voir. Tenez, justement, on va regarder un petit extrait de cette vidéo sur YouTube qu’elle a envoyée à tous les militants.
(Diffusion de la vidéo.)
Roselyne FEBVRE.- Oui, donc on a l’impression d’une Ségolène qui dit : « 2012, c’est à moi, pas touche ». Est-ce que… ? Elle n’a pas mis ses ambitions personnelles au frigidaire là, pour le coup.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Ah non, non, non. C’était quand même prévu, enfin « prévu », c’était dans l’air que, pour elle, la question du premier secrétariat n’était qu’un moment de la bataille présidentielle puisqu’au fond, son projet…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Voilà… Son projet, c’était de faire en sorte que le parti se présidentialise et devienne l’instrument d’une candidate ou d’un candidat demain à l’élection présidentielle. C’était un peu ça le désaccord et là, elle vient de le confirmer d’un certain point de vue. Je pense que c’est un peu tôt…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Oui, c’est un peu tôt parce qu’il faut d’abord rénover le Parti socialiste, quel que soit le candidat ou la candidate. Et elle a toutes ses chances parce qu’on fera des primaires entre nous et on décidera, mais…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Un peu, un peu, un peu… Là, il faut surmonter l’amertume du moment et de la défaite pour Ségolène et puis, se mettre au travail. Et non pas dire quelque part : « Le PS ne m’intéresse plus, il n’y a que ma présidentielle qui m’intéresse ».
Roselyne FEBVRE.- Oui, est-ce que ce n’est pas le danger effectivement que Ségolène ROYAL, qui finalement a toujours été considérée comme un « corps étranger » au Parti socialiste, ait une vie, on va dire, « parallèle » où elle va ouvrir sa propre…, elle a déjà ouvert sa propre boutique, où elle va faire ses fameux meeting, une sorte de « tournée Ségolène » avec la marque Ségolène et faire sa vie de son côté, en parallèle du Parti socialiste ? Est-ce que ce n’est pas le risque ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- C’est un risque. D’ailleurs, on va le voir assez rapidement, c’est : est-ce que Ségolène sera au bureau national ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- C’est une question. Moi, je le souhaite. Parce que si elle n’était pas au bureau national après la déclaration qu’elle vient de faire, ça serait un mauvais signe lancé au Parti socialiste et à l’ensemble de la gauche.
Roselyne FEBVRE.- C’est : « Je ne veux pas travailler avec vous ».
Roselyne FEBVRE.- Et donc, sur…, on va parler aussi de Martine AUBRY parce que c’est quand même elle la gagnante. Donc, effectivement, rénover, ça va passer par quoi ? Est-ce qu’il faut une rupture idéologique ? Est-ce qu’il faut une nouvelle ligne ? Comment elle va s’y prendre ? Parce que ça paraît être les douze travaux d’Hercule pour l’instant.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Oui, oui, oui. Bon, il faut renouveler, rénover, rassembler. Renouveler, c’est la direction.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Il faut mettre tous les éléments vivants de ce parti et ils sont nombreux.
Roselyne FEBVRE.- Donc des gens de chez DELANOË, de chez Ségolène ROYAL ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Oui, de tous les courants, mais pas obligatoirement ceux qui étaient hier au bureau national ou au secrétariat, il faut de nouvelles équipes, etc.
Il faut aussi faire en sorte que la diversité de notre parti, je ne dirais pas simplement la diversité politique, mais la diversité sociologique de notre parti soit représentée. On souffre de n’avoir, à la direction du Parti, que des hommes et des femmes qui sont des hommes et des femmes de gouvernement, qui sont sélectionnés par rapport au pouvoir. Il faut aussi des acteurs de terrain, des associatifs, des syndicalistes. On disait ça hier, la société civile. Il faut que la direction ressemble à la France, qu’elle ait les couleurs de la France. Bon, voilà.
Et puis, il faut rassembler, c’est-à-dire qu’il faut faire en sorte que tout le monde s’y trouve bien. Le maître mot de Martine AUBRY dans son discours devant le conseil national, c’était de retrouver la confiance. Retrouver la confiance entre nous, de se reparler à nouveau.
Roselyne FEBVRE.- Oui, ça, ça ne va pas être une mince affaire.
On peut imaginer aussi qu’il faudrait, peut-être, moderniser, on l’a vu, le fonctionnement interne du Parti socialiste. On a vu lors de tout ce processus, quand même, l’archaïsme dans lequel fonctionnait le Parti socialiste. Il y a peut-être ça aussi à changer.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Ce n’est pas le premier chantier évidement, mais c’est un chantier nécessaire. On ne peut plus avoir un système de désignation qui soit de type Ve République où on élit notre Premier secrétaire au suffrage universel et puis, parallèlement, on a un système IVe République, c’est-à-dire que notre conseil national est élu à la proportionnelle des courants. Il y a une contradiction d’un certain point de vue. Donc, il faut trouver des formes qui permettent toutefois la diversité, la possibilité de s’exprimer parce qu’on fonctionne comme ça, ça, c’est la nature du Parti socialiste, et en même temps, un peu d’efficacité dans un monde qui est très médiatisé.
Roselyne FEBVRE.- Oui. Et puis, surtout, il faut remettre debout une opposition digne de ce nom, c’est-à-dire ce qu’on a vu des Socialistes les derniers jours sur les votes, que ce soit sur le RSA, que ce soit le vote sur l’Afghanistan à l’Assemblée nationale, c’est en permanence l’abstention. En fait, faire le choix de ne pas choisir. Est-ce que ça, c’est une position que vous ne devez pas un petit peu changer, c’est-à-dire être capables de dire « oui » ou « non », être capables à un moment d’affronter les choses et d’être d’accord, tous, sur une seule et même chose ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Il faut y tendre, mais ce n’est pas certain. On voit même que dans la Majorité, en ce moment, sur toute une série de sujets, le travail le dimanche ou l’audiovisuel, ils sont divisés.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Ça, ça tient à la complexité des problèmes politiques, on ne peut pas les régler d’un coup de baguette magique et il y a des sensibilités différentes. Au Parlement, ce n’est pas anormal puisque vous avez des parlementaires qui sont à la fois dépendants du Parti et élus par le peuple, donc représentant des territoires et donc, dans les territoires, vous avez des positions différentes. Mais il faut faire une opposition qui ne soit pas une opposition constamment de rejet. Il faut aussi une opposition de projets…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Voilà. Et donc, on va travailler à cela autour de grandes conventions du Parti socialiste qui vont…, on va essayer de dégager des réponses, des alternatives parce que, précisément pour la présidentielle, il faudra avoir une offre politique qui soit à la fois claire et alternative à la droite.
Roselyne FEBVRE.- Oui, oui. Parce que est-ce qu’on peut imaginer une sorte de mise en place d’un « Shadow cabinet », même si l’on sait effectivement que ça n’a jamais vraiment marché ? Est-ce qu’il peut y avoir, voilà, un gouvernement de contre-attaque avec, chacun, un ministère de… ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Je ne sais pas si on peut l’appeler « gouvernement » ou « Shadow cabinet », en tout état de cause, il faut maintenant que les secrétaires nationaux, ce sont un peu nos ministres à nous, aient un domaine de compétences. Parce que le problème du Parti socialiste, c’était que, sur un même sujet, prenons l’économie, il y avait 15 personnes, donc on ne savait pas à qui… En plus, 15 personnes représentant généralement quatre ou cinq courants. Donc, vous vous adressiez à l’un…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Voilà. Donc, là, il faut qu’il y ait un animateur, que cet animateur s’entoure évidemment de personnalités, travaille le sujet à la fois dans les réponses, mais en même temps avec les acteurs sur le terrain, pour que le Parti socialiste soit à la fois efficace dans ses réponses et en résonance par rapport au milieu dans lequel il intervient.
Roselyne FEBVRE.- Et quel genre de Premier secrétaire sera Martine AUBRY ? Est-ce que ce sera… ? On dit qu’elle est autoritaire. Est-ce que c’est quelqu’un qui va faire régner, entre guillemets, on n’est pas à l’armée, mais une sorte d’ordre et on va dire, de cohérence ? Est-ce qu’elle peut faire vivre ça ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Voilà. Elle va faire vivre une certaine cohérence. En sachant que le Parti socialiste est peut-être le parti le plus pluriel…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Voilà. Il ne s’agit pas de caporaliser le Parti socialiste, c’est impossible. Bon. Mais c’est de lui donner une cohérence, que l’on sache, qu’on ait de la lisibilité parce que les Français ne nous reprochent pas nos débats, mais ils ne savent plus quelle est la position. Donc, qu’il y ait une position du Parti socialiste. Si d’autres ne sont pas d’accord, ils l’expriment, mais qu’on sache ce que pense, dans sa collectivité, le Parti socialiste.
Martine AUBRY, c’est une femme qui a une culture militante. Elle s’est formée à travers la CFDT, avant même d’être Enarque et avant même d’être ministre. Donc, elle travaille beaucoup le collectif. Trop même parfois parce que certains pensent qu’elle est hésitante parce qu’elle veut toujours les décisions collectives. Parce que son idée, c’est qu’à partir du moment où il y a décision collective, elle est assumée par tous.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que, d’après vous, répondez-moi franchement, il y a une ambition présidentielle chez Martine AUBRY ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Je dirais : pas encore.
Roselyne FEBVRE.- « Pas encore » (Rires).
Jean-Christophe CAMBADELIS.- …Pour l’instant… Ça peut venir, évidemment.
Roselyne FEBVRE.- Vous ne croyez pas qu’on a toujours ça dans un petit coin de sa tête ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Non, je ne pense pas. Je crois qu’elle se rend compte de la difficulté de la tâche et que le poste de Premier secrétaire n’est pas obligatoirement le bon tremplin pour être candidat à la présidentielle.
Roselyne FEBVRE.- En tout cas, on commence déjà à la voir dans les manifestations, la manifestation sur l’audiovisuel public… Est-ce qu’elle va se rendre sur des sites ? Est-ce que, par exemple, tenez, sur les sans-logis par exemple, l’hiver qui arrive, déjà trois SDF qui sont morts de froid, est-ce qu’il y a là, pour l’instant, des début de proposition du Parti socialiste ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Oui. D’abord, nous allons travailler avec le DAL parce qu’ils sont attaqués financièrement…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- 12 000 euros d’amende.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Donc, tout de suite, Martine AUBRY, dès hier, a dit : « Il faut qu’on travaille pour, peut-être, lancer une souscription pour aider le DAL à faire face à ses difficultés ». Mais, vous voyez, le problème, là, sur les sans-logis, ce n’est pas simplement de dire : « Nous sommes à côté ». Parce que ça, voilà, c’est l’opposition de rejet : « On est à côté, c’est la faute du Gouvernement ». Bon, ça leur fait une belle jambe. C’est d’essayer de trouver des solutions. Et on a des responsabilités parce que nous dirigeons les collectivités locales, parce que nous dirigeons les régions. Donc, ouvrir des solutions. Peut-être même faire des propositions au Gouvernement.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Voilà, c’est comme ça. C’est dans ce sens-là. Il faut être dans les manifestations, il faut être en capacité…
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Mais il faut proposer, il faut dire : « Voilà ce que nous, on propose ».
Roselyne FEBVRE.- Alors, quand Emmaüs, par exemple, demande au Préfet d’ouvrir des logements vides, est-ce que c’est une bonne solution, selon vous ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- C’est une bonne solution. C’est une possibilité. Il faut d’abord pouvoir les recenser. Ils ne sont pas aussi nombreux qu’on veut bien le dire. Parce que toute la politique, pendant des années, qui a consisté à transformer des logements en bureaux, aujourd’hui, on voit ce que ça nous coûte. Tout ça parce qu’on était dans le boom, entre guillemets, économique. Et donc, aujourd’hui, on se retrouve avec des bureaux qui ne trouvent pas preneur et en même temps, pas de logement. Donc, il y a cela. Mais il faut aller beaucoup plus loin, il faut anticiper. On sait parfaitement que, dans quelques années, nous aurons des problèmes démographiques énormes, donc il y a la question de nouvelles villes à construire. Bon, bref, il faut faire preuve d’imagination.
Roselyne FEBVRE.- Encore sur ce sujet et ce sera la fin. Christine BOUTIN qui veut rendre obligatoire l’hébergement de tous les sans-abri, les sans domicile fixe, c’est une gentille parole, mais ça veut dire quelque chose ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Tous les praticiens nous disent que c’est impossible.
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Oui parce qu’il faudrait faire des rafles dans les bois et on n’imagine pas cela.
Le problème, c’est un problème d’offres avec une question que l’on connaît tous, alors pour toutes les personnes qui ont étudié un peu le sujet, c’est que toute une série de sans domicile fixe ne peuvent pas aller dans des centres d’hébergement parce qu’on ne veut pas prendre en compte leurs animaux. Bon, donc, il suffirait de construire des chenils, ça faciliterait beaucoup les choses.
Roselyne FEBVRE.- Oui. Et le DAL, effectivement vous venez d’en parler, qui a reçu une amende de 12 000 euros pour avoir installé des tentes dans Paris, c’est une justice qui accable les plus faibles, selon vous ?
Jean-Christophe CAMBADELIS.- Oui, je crois que c’est un mauvais signe envoyé, c’est l’idée que dans le moment difficile que va traverser la France, la revendication ou la grève ou la manifestation n’est pas bienvenue. Attention de ne pas criminaliser l’aspiration à une société plus juste.
Roselyne FEBVRE.- Merci Jean-Christophe CAMBADELIS et puis, bon courage pour la refondation puisque vous êtes dans l’équipe de Martine AUBRY. D’ailleurs, vous y ferez quoi ?
Merci d’être passé sur le plateau de FRANCE 24.
Dans quelques instants, les Infos et on se retrouve avec mon second invité : Martin HIRSCH, Haut commissaire aux Solidarités actives.

























