21 février 2008 - 21H46
- Diplomatie - États-Unis - Royaume-Uni

Londres embarrassé par son allié américain
Le gouvernement américain a reconnu que ses services d'espionnage s'étaient servis du territoire britannique pour transférer deux prisonniers suspectés par la CIA.

WASHINGTON, 21 février - Le gouvernement américain a présenté jeudi ses excuses à la Grande-Bretagne pour lui avoir fourni des informations inexactes sur les transferts de terroristes présumés vers des prisons secrètes.

 

"Nous regrettons qu'il y ait eu une erreur dans la transmission initiale d'informations à un bon ami et allié", a déclaré le porte-parole du département d'Etat Sean McComarck.

 

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a téléphoné mercredi au secrétaire au Foreign Office David Miliband pour exprimer les regrets de Washington, a-t-il ajouté. Devant la Chambre des Communes, Miliband a reconnu jeudi que
deux avions américains transportant des terroristes présumés dans le cadre de ces transferts avaient fait escale en 2002 sur l'île britannique de Diego Garcia, dans l'océan Indien.

 

Le gouvernement britannique niait jusqu'à présent que l'île ait joué un rôle dans ce système de vols secrets mis en place par la CIA pour transporter et incarcérer dans des pays tiers des prisonniers soupçonnés de participer à des réseaux terroristes.

 

"Contrairement à des garanties antérieures explicites selon lesquelles Diego Garcia n'avait pas servi aux vols de 'rendition', de récentes recherches américaines ont révélé qu'en deux occasions, en 2002, cela s'était bien produit", a dit le secrétaire au Foreign Office.

 

"Dans ces deux cas, un avion américain avec un seul détenu à son bord a fait le plein en carburant sur des installations américaines à Diego Garcia", a-t-il ajouté.

 

Ces vols secrets, contournant les procédures normales d'extradition, ont été mis en place par l'administration américaine après les attentats du 11 septembre 2001.

 

Miliband s'est dit "tout à fait navré" de devoir rectifier de précédentes affirmations du gouvernement mais a précisé que les informations qu'il a citées n'avaient été communiquées au gouvernement britannique que le 15 février.

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