Dernière modification : 07/06/2011
Cécile Alduy, professeur de littérature française à l'université de Stanford
Jean-Bernard Cadier reçoit Cécile Alduy, professeur de littérature française à l'université de Stanford. Elle revient sur l'affaire DSK en pointant les différences culturelles entre les Etats-Unis et la France à travers les réactions des hommes politiques français.
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Mise à jour et rappels
Plus de trois mois après cette interview, et quatre depuis le début de l'affaire DSK, il serait "intéressant" d'entendre aujourd'hui l'"opinion" de Madame Alduy. Notons que la prétendue "victime" n'a jamais été qu'une "plaignante"...D'emblée je rappellerai quelques points que j'aurais pu formuler dès le mois de juin suite à la parution de son "point de vue" dans Le Monde. A quel titre s'exprime vraiment Mme Alduy ? Son point de vue est une catastrophe de méli-mélo de commentaire social et philosophique, qui mélange tout et rien. Son argumentation n'est qu'une expression vulgaire du féminisme le plus doctrinaire, et trop systématique pour valoir comme "pensée", d'ailleurs eassez mal exprimé. Madame Alduy vit dans une culture (Californie) et travaille dans une institution (Stanford) où ce féminisme universitaire (par ailleurs fort minoritaire comme courant politique, même au sein des partis libéraux "de gauche") est aussi, avant tout, un argument d'embauche, de sécurité de l'emploi et de promotion(affirmative action). J'en sais quelque chose, étant moi-même universitaire français, "mâle" et "blanc", établi aux Etats-Unis depuis plus de quinze ans -- moi aussi dans une "position privilégiée" je crois pour débattre de ces questions. A ses références à un "anti-américanisme arriéré et ignorant" dont auraient fait preuve une majorité de Français choqués par la violation d'un principe fondamental de notre système et cul,ture judiciaires (la présomption d'innocence), à ses souhaits d' "en finir avec le sexisme", je rétorquerais volontiers qu'il ne s'agit certainement pas d'adopter un sexisme "à l'envers" et une forme d'américanisme dont fort heureusement la France, et plus généralement la plupart de l'Europe se sont jusqu'à maintenant protégés.
L'affaire DSK
Cécile Alduy se méprend lorsqu'elle prétend que les français ont d'abord réagi à la façon dont était traité DSK avant de s'émouvoir des faits eux-mêmes. Ce que démontre surtout cette affaire, c'est la perpétuation d'une certaine méfiance des français vis à vis du système politique et judiciaire américain. Nombreux sont celles et ceux qui ont vu dans ce coup de tonnerre l'élimination d'une personnalité qui pouvait remettre en cause l'ordre établi. Ils n'ont pas dans un premier temps focalisé sur les faits eux-mêmes, tant ils étaient persuadé qu'on se débarassait de DSK comme on avait pu se débarasser de JFK.