- Art contemporain - Ennahda - Tunisie
Une exposition d'art contemporain à l'origine des heurts à Tunis ?
Les affrontements qui ont éclaté lundi soir dans la banlieue de Tunis auraient pour origine une exposition d’art contemporain ayant déplu à des groupes islamistes. Pour l’organisateur de la Foire, le "Printemps des Arts" serait un prétexte.
Une exposition d’art contemporain, qui s'est tenue du 2 au 10 juin dans la capitale tunisienne, serait à l’origine des troubles qui ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi dans plusieurs quartiers de Tunis, provoqués par des groupes d'islamistes et de jeunes voyous. Lors de ces heurts, 90 personnes ont été arrêtées et 7 policiers blessés. Les cités populaires de l'ouest de Tunis - Intilaka, Ettadhamen et Essijoumi - ont été touchées par ces affrontements tout comme Carthage, Le Kram et la chic banlieue nord La Marsa. Là où l'étincelle s'est produite.
La Marsa, située à 25 km du centre-ville de Tunis, le long de la mer, attire artistes, politiciens et journalistes aux idées majoritairement libérales et laïques. Le palais Abdellia abrite chaque année le "Printemps des Arts", une foire d’art contemporain. Celle-ci a pris une tournure inhabituelle quand, le 10 juin, deux hommes se présentant comme huissier et avocat, et accompagnés d’une femme voilée, sont venus manifester leur mécontentement. "Ils n’étaient pas satisfaits de ce qu’ils voyaient, cela portait atteinte à la religion musulmane", rapporte Luca Lucattini, directeur du "Printemps des Arts". La police a dû intervenir et affirmé que les galeries d’art avaient obtenu l’autorisation d'utiliser le palais Abdellia durant le temps de la Foire. L'incident semble clos, mais les hommes se font menaçant : ils reviendront à 18 h vérifier que les œuvres ont été décrochées.
Une liste d’artistes à tuer
Les galeries décident de ne plier bagage que le lendemain matin, lundi, comme il était prévu. Les peintres, sculpteurs et graphistes convoquent amis, politiciens et journalistes ; le palais se remplit. Peu avant 18 h arrivent "des adolescents, visiblement proches des censeurs de la religion", rapporte Luca Lucattini. Chahutés par la foule venue soutenir les artistes, le premier groupe d’hommes s’éloigne pour revenir quelques instants plus tard avec des individus arborant cicatrices et tatouages. "Des hommes venus de prison plutôt que de la mosquée", commente le directeur de la Foire. Un débat s’amorce entre organisateurs et contestataires : "Pour une fois, on a eu un vrai échange d’idées, pas juste des invectives à distance sur Facebook", se félicite Luca Lucattini.
Effectivement, c'est sur la toile que la polémique sur cette exposition a d'abord enflé durant toute la semaine où s’est tenu le "Printemps des Arts". "Ils ont diffusé des horreurs sur le Net, notamment une liste d’artistes à tuer – d’ailleurs, ils se sont trompés de liste et ont publié d’autres noms", témoigne Amal Ben Attia, l’une des artistes invités par la Foire. Des photos des œuvres sont "détournées ou mal interprétées", assure Luca Lucattini. Certaines ajoutées à tort, comme une culotte rose qui ne figurait pas dans l’exposition. Parmi les œuvres les plus controversées, celles du peintre Mohamed ben Slama, auteur d’un tableau figurant une femme dénudée qui tient un bol de couscous à hauteur de son sexe, entourée de têtes d’hommes barbus ; sur un autre tableau, l’artiste a écrit "Bismillah" (au nom de Dieu) avec des fourmis qui rentrent dans le cartable d’un écolier à la place des lettres. Des islamistes y ont vu un cortège de fourmis étranglant un garçon au nom de Dieu.
Ces tableaux ont été mis à l’abri par la police tunisienne, après la fermeture du palais Abdellia à 20 h, dimanche soir. Des jeunes ont pourtant sauté par-dessus l’enceinte du bâtiment, se sont glissés à l’intérieur du palais et ont lacéré trois tableaux de Mohamed ben Slama. L’installation "Le Ring" de l’artiste Faten Gaddes - des punching balls sur lesquels figurent une femme tour à tour chrétienne, juive et tunisienne - a quant à elle été brûlée dans la nuit de dimanche à lundi, à l’un des carrefours du quartier La Marsa. Des céramiques et des photos ont été retrouvées lundi matin sur le toit du palais. "J’en déduis que les voyous voulaient les voler et qu’ils en ont été empêchés", commente Luca Lucattini.
Instrumentalisation de la Foire ?
Depuis, les organisateurs ont porté plainte. Mais la contestation a pris des proportions qu’ils n’avaient pas soupçonnées. Lundi soir, des rumeurs faisaient état de la volonté de groupements salafistes de converger vers le quartier de La Marsa. "On a eu très peur. Depuis 48 h, on vit dans l’angoisse", témoigne Amal Ben Attia, "Ca a beaucoup chauffé jusqu’à une heure très tardive [dans la nuit de lundi à mardi], l’ambiance était apocalyptique."
Cette artiste doute cependant que l’exposition soit l’élément déclencheur de ces affrontements. "Ce mouvement est très organisé, il s’attaque à des postes de police et à des tribunaux, ce qui n’a rien à voir avec l’art. La Foire n’est qu’un prétexte". Luca Lucattini croit en une instrumentalisation. Le ministère tunisien de l’Intérieur concède, lui, qu’il s’agit vraisemblablement de manifestations prévues à l’avance : "Le fait que les violences aient éclaté en plusieurs endroits au même moment laisse à penser que c'était organisé", a expliqué mardi le porte-parole Khaled Tarrouche.
Le nouveau chef d’Al-Qaïda, l’Égyptien Ayman al-Zaouahiri, a appelé à défendre la charia en Tunisie et à renverser les islamistes modérés d’Ennahda. Son discours, diffusé le 10 juin, pourrait avoir contribué à embraser les banlieues populaires de Tunis. D’autres évoquent la possibilité que les anciens caciques du pouvoir de Ben Ali cherchent à déstabiliser les islamistes d’Ennahda en s’associant aux salafistes et à des groupes de malfrats. Un appel à manifester vendredi, après la prière, "contre les atteintes à la religion", a été lancé par le groupe salafiste Ansar Al-Charia, un groupe qui se défend cependant d’avoir participé aux échauffourées des deux derniers jours.































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(10) Réactions
expo
En tant qu'artiste peintre je pense que cette expo nauséabonde n'est que pure provocation qui reflète une panne de culture et une pauvreté d'esprit de son auteur; Un véritable décalage . L'artiste ne doit heurter les sensibilités et les convictions de ses concitoyens . Ce beau pays musulman qui est la Tunisie a toujours été et le restera le pays de l'Amour , l'hospitalité , la culture et la créativité .
PROVOC
QUI SÈME LE VENT RÉCOLTE LA TEMPÊTE
La provocation dans l'Art Contemporain
Je suis diplômée des Beaux-Arts et j'ai visité la Tunisie à quelques reprises. En occident l'Art Contemporain ne choque plus personne. Pourtant beaucoup d'artistes essaient encore de choquer à New York, Paris, Berlin... C'est devenu un peu banal, voire même ridicule. Ils choquent pour monter leur cote sur le marché de l'art, attirer l'attention, faire parler d'eux. Il n'y a que dans des pays encore très conservateurs que l'Art Contemporain réussis encore à choquer, même dans certains endroits un peu reculés des États-Unis. Je ne veux pas remettre en doute la sincérité des convictions de ces artistes tunisiens, mais dans le contexte actuel, ils savaient ce qu'ils faisaient et qu'il allait y avoir des réactions. Je ne crois pas qu'ils l'ont fait seulement pour l'argent et la célébrité non plus. Mais, l'Art Contemporain, fonctionne comme cela et il faudrait se questionner sur la pertinence de l'Art Contemporain en premier lieu, et pas seulement l'art tunisien anti-religieux. Pourquoi doit-on provoquer pour faire parler de soi comme artiste? Jamais il ne me serait venu à l'idée de faire une exposition en Tunisie, qui pourrait manquer de respect à la culture locale. Pourquoi il faudrait absolument pousser les tunisiens à rejeter leur religion? Je n'aime pas les salafistes, ni les extrémistes, mais je n'aime pas non plus les artistes qui ne respectent rien et qui veulent provoquer pour faire parler d'eux.
Mon avis personnel sur tous ça.
On dit que nous sommes dans un pays libre, LIBRE DE S'EXPRIMER.
Oui, effectivement nous le sommes! Mais pas avec de telle provocation ! je suis d'accord avec les artistes, les islamistes en fond trop ! mais c'est pas pour autant que je suis avec eux, car sa les a provoqué et on réagit du maniere trop exagéré !
bref, on est dans la merde à cause de ça
de la pure provocation
je suis française et je vis en tunisie. je trouve que tout n'est que provocation envers les musulmans. il y a deja eue ce genre de probleme au danemark, par exemple, meme ici apres le film persepolis.
les pseudo artiste savait tres bien ou les choses allait aller..
il y a des choses sacré pour certaines personnes et je trouve ça pure mechanceté de faire te tel choses!! le peuple juifs ne laisse pas critiquer sa religion non plus. et c'est normal! lorsque qu'on n'a aucune croyance il est inutile de rabaisser les religion a ce point! tout ça n'est que manipulation. et l'article me parait faux egalement! comme l'a fait voire une personne deja ils y a faute de traductions. les medias tel qui sont nous font croire n'importe quoi. le mot d'ordre MANIPULATION .... c'est vraiment dommage!! et a ce que j'ai constater autour de moi (et je ne connais pas de salafistes) je peux vous garantir que grands nombre de tunisien on ete toucher.... je pense qu'il n'y a que les laics pour qui ça ne pause pas de problemes... alors faut pas mettre ça sur le dos des islamistes. ce probleme a heurté TOUS les croyants. et en temps que francaise vivant dans un pays musulman que je respecte... je les soutient pour cette injustice envers leur croyance!
Critiques oui, provocations non.
Je suis désolé, ce qu’on peut voir à travers ces tableaux, c’est de l’art de très mauvais goût. Ni les thèmes illustrés, ni les formes, ni les couleurs ne sont franchement attractives ou relevant d’un style artistique quelconque. Au-delà de la liberté d’expression même quand elle entraîne vers la vulgarité, l’obscène et l’arrogant, ce que l’on voit là, ne signifie rien d’autre que de la provocation gratuite, purement et simplement.
D’autre part ça n’a rien à voir avec une critique politique exprimée à travers une opinion écrite ou formelle, une chanson ou un tableau. Bien sûr que le parti qui a confisqué le pouvoir – à travers un suffrage prématuré et largement conditionné par les circonstances chaotiques, ce qui a permis l’aisance avec laquelle il a été truqué –mérite d’être critiqué et combattu sur tous les aspects en commençant par ses méthodes opportunistes et hypocrites, sa philosophie politique générale qu’il habille malicieusement du manteau du sacré, ses alliances avec les parties intérieures et extérieures les plus rétrogrades, les plus réactionnaires et les plus néfastes, sans oublier les incompétences ahurissantes de ses dirigeants. Ce qui n’augure, en aucun cas, un meilleur avenir pour la société. Par conséquent ce parti doit, non seulement, être abattu mais aussi disparaître de la scène politique.
Léon j'ai les mêmes à la maison !!!
Nous souffrons de la même chose en Libye !!! Nous ne savons pas qui financent ces groupuscules !!! Mais je suis confiante que nos frères tunisiens vont tous les mettre en prison. Et j'encourage au peuple de ne pas céder à la peur, mais de les affronter et de ne pas les laisser faire !
Erratum - rectification de la traduction du texte arabe
Je me permets d'intervenir pour rectifier la traduction du texte arabe présentée dans l'article. En effet le texte écrit par les fourmis n'est pas بسم الله (au nom d'Allah), mais bien سبحان الله qui fait référence à la grandeur et la perfection de Dieu.
Lâ lâ lâ , non non non...
C'est "l'obscurantisme moderne" qui se désinstalle tout doux,
au cas où vous l'ignorez par les temps qui changent si vite.
- L'art de la provocation révolue d'ici s'est bien fait exp(l)osé aujourd'hui à Tunis dans tout les cas...
Il est certes vrai que l'arrogance ignore le respect mutuel...
Oui Le vrai respect est en principe mutuel,jamais à sens unique.
Mais qui parle de respect au juste ?
Ce me semble.
Pôv' de nous.
Ce n'est évidemment qu'un prétexte !
Le ministre tunisien de la Culture Mehdi Mabrouk a annoncé mardi qu'il allait porter plainte contre les organisateurs de l'exposition Printemps des Arts,pour "atteinte aux valeurs du sacré",ajoutant que le palais Abdellia à La Marsa (banlieue nord de Tunis) où étaient exposées les oeuvres serait fermé.
L'obscurantisme s’installe doucement en Tunisie.....