Dernière modification : 09/10/2012 

- Syrie - Turquie


Pourquoi la Syrie continue de tirer en territoire turc ?

Pourquoi la Syrie continue de tirer en territoire turc ?
© AFP

Les échanges de tirs qui se poursuivent à la frontière entre la Syrie et la Turquie laissent craindre une escalade de violence dans la région. Selon les analystes pourtant, ni Ankara ni Damas n’ont intérêt à entrer en guerre.

Par Amara MAKHOUL-YATIM (texte)
 

Pour la sixième journée consécutive, lundi 8 octobre, l’artillerie turque a bombardé des positions de l’armée syrienne le long de la frontière entre les deux pays. La veille, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, s'est de nouveau dit prêt à la guerre. "Vous devez être prêt à chaque instant à partir en guerre si nécessaire. Si vous ne l'êtes pas, vous n'êtes pas un État", a affirmé le dirigeant turc alors qu'il se trouvait à Istanbul. "Que disaient nos aïeux ? 'Qui veut la paix, prépare la guerre'", a-t-il ajouté, précisant qu'en cas d'attaque, les représailles seraient immédiates.

Syndiquer le contenuLa tension monte entre la Turquie et la Syrie

L’ONU et l’Otan, redoutant une escalade de violences qui embraserait toute la région, ont appelé les deux voisins à la retenue. Interrogé le 4 octobre, Fabrice Balanche, chercheur spécialiste de la Syrie et directeur du Groupe de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo), avait alors estimé qu’"aucun des deux pays ne se risquerait dans une guerre". Contacté par FRANCE 24 ce mardi, il maintient cette idée malgré la poursuite des attaques. "Je pense toujours que la Turquie n’a aucun intérêt à mettre le doigt dans l’engrenage syrien, et qu’aucun des deux pays ne veut la guerre", analyse-t-il.

Pour Fabrice Balanche, le pourrissement de la situation et la répétition des tirs syriens créent néanmoins un questionnement. Voici, ci-dessous, plusieurs hypothèses que le chercheur avance pour les expliquer.

Déloger les rebelles. En premier lieu, il peut s’agir de tirs de l’armée régulière visant des rebelles dans le cadre de combats près de la frontière. Les rebelles se sont en effet emparés, samedi, du village de Khirbet al-Joz, situé à la frontière, et l’armée tente depuis de le reprendre.

• Démasquer la Turquie. L’armée syrienne peut également être en train de tirer sur des rebelles syriens positionnés en territoire turc, peut-être d’ailleurs en réponse à des tirs des rebelles. Ce serait alors pour Damas une façon de montrer à tous que la Turquie héberge des rebelles syriens armés qui préparent des opérations depuis son territoire.

• Scénario libanais. Par conséquent, on peut aussi y voir une stratégie de Damas visant à pousser les autorités turques à venir gérer la frontière et empêcher les rebelles syriens de mener des attaques contre la Syrie. C’est ce qui s’est déjà produit sur la frontière libanaise : en tirant en territoire libanais, la Syrie a poussé l’armée libanaise à réagir et à venir se positionner pour empêcher les attaques des rebelles syriens.

• Stratégie rebelle. Mais est-ce vraiment l’armée syrienne qui tire ? Les rebelles ont affirmé avoir pris plusieurs postes-frontières avec la Turquie et avoir libéré une grande partie du nord de la Syrie. Certains d’entre eux gardent toujours l’espoir de voir l’Occident intervenir en Syrie, ou du moins établir une zone d’exclusion aérienne dans le nord du pays sous l’égide de la Turquie. Peut-être qu’ils tentent de cette façon de provoquer Ankara et de l’amener à intervenir.

Les zones de tensions à la frontière syro-turque

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(6) Réactions

la blague

"allez prendre quelqueS leçonS de journalisme chez les russes" (!!!)
"On a pas besoin d'être James Bond que "ses" tirs proviennent des rebelles"
Dans les commentaires sur F24 on en voit des belles !!

Vous devriez faire un Best of

pourquoi la syrie continue de tirer en territoire turc?

Qu'est ce que ASSAD à tirer sur la turquie au moment ou il n'a pas encore vaincu la rebellion?
tout ça est fait pour pousser l'OTAM dans une guerre contre ASSAD.
la turquie a t-elle les preuve de ses accusation?
On n'a pas besoin d'être JAMES BOND pour savoir que ses tirs
proviennent des rebelles

Fabrice appelle au départ d'Asad Bachar

C'a trop duré pour un sanguinaire comme le président syrien. Tout cela à cause de la Chine et de Moscou. Si c'était un Africain, toutes les batteries seraient mises en marche pour l'éliminer une fois pour toute. Mais jusqu'à quand la Syrie cessera d'enterrer ses morts ? L'Europe est donc interpellée.

Mensonges !

La plupart des réfugiés sont NEUTRES Ils sortent de syrie pour ne pas avoir à tirer sur leurs COMPATRIOTES En fait la guerre opposent les extrémistes des 2 côtés qui sont restés rejoins par des combattants extérieurs qui viennent soutenir l'un des 2 camps !!!

leçon de journalisme pour Mabin

Allez prendre quelques leçons de journalisme chez les Russes :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=AGk3bC70L3c#!

Le début de la fin a commencé

La communauté internationale souhaite une chute rapide du régime syrien et le retour des réfugiés avant l'hiver et n'en plus une solution politique d'un conflit où ce régime a perdu toute légitimité dès le début de la crise. Les derniers incidents frontaliers peuvent servir de prétextes pour déclencher une intervention militaire de grande envergure de la part de la Turquie avec l'appui de l'Otan sous couvert de la légitime défense. Pendant que la mission de médiation confiée à Lakhadar Brahimi est maintenue en stand-by, les amis de la Syrie semblent avoir opté pour une stratégie alternative à une intervention militaire comme en Libye, en raison de la position de la Russie et de la Chine et pour éviter tout débordement du conflit dans la région, en tentant d'affaiblir et d'acculer le régime à l'armistice ou à la défaite. Cette guerre d'usure et de harcèlement faites d'attaque surprises, d'attentats et d'embuscade a déjà porté ses fruits. Le régime de Damas ne contrôle plus le pays, d'où le recours à l'arme lourde et à l'aviation, et semble de plus en plus réduit à défendre ses dernières positions. L'aide apportée par la population civile aux rebelles montrent clairement que le régime impopulaire de Damas n'a plus de droit d'exister. La situation évolue actuellement en faveur de la rébellion et le régime est sur le point de tomber comme un château de carte.

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