Dernière modification : 14/01/2013 

- Dominique de Villepin - France - François Hollande - Mali


Hollande, Villepin et le fantôme "néo-con"

© AFP

Si l'intervention militaire de la France au Mali semble faire l'unanimité, Dominique de Villepin, avocat d'affaires et ancien ministre des Affaires étrangères, se demande lui si la France n'est pas prise d'un "virus néoconservateur".

Par Mounia Ben Aïssa (vidéo)
Sylvain ATTAL (texte)
 

Au Mali, en France, comme chez nos alliés, personne ou presque ne semble rien trouver à redire à l’opération militaire française pour stopper les "terroristes" ou les "djihadistes". Personne ou presque. Car la brusque intervention de Dominique de Villepin, avocat d’affaires et ci-devant Premier ministre dans l’actualité internationale oblige à y regarder de plus près. 

Villepin, ce n’est ni Jean-Luc Mélenchon, ni Noël Mamère. Villepin, c’est le fameux discours du Conseil de sécurité contre la guerre en Irak en 2003, objet - dix ans après - d’un véritable culte. Ce discours, c’était pour beaucoup l’avertissement d’un "vieux pays" contre l’ "hubris" de la guerre, fut-elle habillée des meilleurs sentiments démocratiques. Dans son interview au "JDD" hier, Villepin se place implicitement dans la lignée de son discours de l’ONU en se demandant si la France n’est pas prise d’un "virus néoconservateur". Diable ! François Hollande serait donc le monsieur Jourdain de l’action extérieure, une sorte de néoconservateur prosaïque. Il entendait promouvoir des relations "normales" entre la France et l’Afrique, et le voici accusé de faire quasiment du George W.Bush.
 
Il est vrai que la France a du mal à échapper à ce rôle de "gendarme" de l’Afrique. A-t-elle cru sincèrement que les Africains de la Cédéao pouvaient remplir ce rôle ? Pensait-on sincèrement à Paris que les "rebelles" allaient tranquillement attendre que cette force africaine soit mise sur pied, correctement armée et entraînée (par la France), pour se laisser repousser vers le nord ? Toujours est-il que l’offensive d’Ansar Dine - une bourde ? - a pris la France de court, l’obligeant à intervenir d’urgence pour empêcher la constitution d’un "État terroriste" (Fabius), alors qu’il y a quelques jours encore François Hollande estimait encore que c’était aux Africains de faire le ménage.
 
Un pays en faillite
 
Villepin pense que les conditions de la réussite ne sont pas réunies au Mali. Et un certain nombre de ses arguments paraissent fondés, en particulier celui-ci : une fois l’offensive repoussée vers le nord (jusqu’où exactement ?), sur qui allons-nous nous appuyer dans ce Mali qui est aujourd’hui un pays en faillite ? Mais les conditions de l’intervention n’ont rien à voir avec l’Irak (ni pseudo armes de dissuasion massive, ni pétrole) et le Mali n’a pas l’importance stratégique du Niger et de ses mines d’uranium.
 
Pourtant, la France pourrait s’y retrouver demain dans une situation comparable à celle des Américains en Irak. Obligée d’y maintenir durablement une présence militaire pour rebâtir l’armée et l’État et lui permettre de mieux se défendre contre les djihadistes. Et elle s’exposera alors à des opérations terroristes, au Mali et peut-être aussi en France, ou quelques réseaux dormants ne demandent qu’à se réveiller. Comme l’Irak il y a dix ans, le Mali est déjà redevenue une destination de prédilection pour les candidats au djihad. Selon le juge anti-terroriste Marc Trevidic, une quinzaine de français y serait déjà partis.
 
Intervenir au sol pour finir le travail
 
Paris espère encore que la force inter-africaine prendra rapidement le relai. Mais il y a fort à parier qu’il s’agisse encore d’une illusion, et que les soldats français doivent bientôt intervenir au sol pour finir le travail. Mais ils ne supprimeront pas la menace djihadiste au Sahel. Tout au plus la déplaceront-il. Les djihadistes du Mujao, d’Aqmi, du MNLA ou d’Ansar Dine se replieront bientôt pour se préparer à la guérilla contre la France. À moins que Paris ne sache enfoncer un coin dans cet attelage bizarroïde, en entamant des discussions politiques sur la question touareg notamment.
 
C’est ici que le raisonnement de Dominique de Villepin trouve sa limite, sauf respect : malgré les apparences, la France n’intervient pas au Mali pour sauver la mise à un régime putschiste (les hommes en place actuellement à Bamako méritent pourtant cet épithète), mais pour défendre les intérêts sécuritaires français. Elle aura moins de mal que les Américains en Irak à rétablir un régime réellement démocratique (et militairement crédible) au Mali. À cette condition, la France démontrera qu’il peut y avoir des "mauvais" gendarmes et de "bons" gendarmes. Mais qu’elle ne peut échapper à ses responsabilités sur le continent africain. Pas encore.
 

 

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(7) Réactions

Excellent heureusement que

Excellent heureusement que l'intelligence et la logique ai encore cours dans ce pays gouverné par une opinion public fortement orientée pour ne pas dire manipulés par les médias qui ne diffuse qu'une seule pensée la pensée unique. Merci Dominique et courage après tant d’acharnement sur ta personne a cause de tes idées.
Plus généralement le problème: la facilité et le manque de moyens pour que les journalistes "Live" puissent faire de vrai investigations de terrain et de documentation.

Ce que monsieur de Villepin

Ce que monsieur de Villepin n'a pas compris c'est qu'en face ils n'ont pas de ressources illimités; Les groupes terroristes devront user de toutes les ressources qu'ils possèdent pour l'heure ce qui veut dire que sur du moyen terme ils vont épuisé leurs munitions et leur réserve de carburant.

Pour cette raison ils devront finir par abandonné à un moment ou un autre s'ils sont toujours en vie mais ils seront pourchassés par les pays de la région, cela prendra du temps mais ils seront vaincu.

Après je suis d'accord sur le fond qu'il faudra que les maliens finissent par trouver une solution pour sécuriser le nord du Mali, cela passera surement par un processus d’autonomie de la région du nord avec les touaregs, le gouvernement malien n'aura pas le choix il ne possède pas assez de soldats pour contrôler ce vaste territoire et les forces internationale ne vont pas rester éternellement.

Enfin un article intelligent

Enfin un article intelligent prenant en compte ce que M. de Villepin avait prévu, comme tous ceux qui réfléchissent une peu...
NVP

Hollande a raison sur le

Hollande a raison sur le court et moyen Terme Et Dominique de Villepin sur le long terme si la France et les forces Africaines jouent petits bras

Les occidentaux ne pose surement pas plus de problèmes que les orientaux quand ils vont foutre la merde ailleurs.
Pour ce qui est de cette Intervention Il fallait la faire les Maliens ne doivent pas tomber sous le joug des islamistes fout de la charia , ils violes déjà des gamines de 12 ans et les maris plusieurs fois pour faire leurs office et être en paix avec leurs pseudos précepte MAIS C EST DES VIOLS !!!!
Après Dominique de Villepin n'a pas forcément Tort . Un pays plus de deux fois la France , dont 14 millions sur les 15 vive dans le sud et le nord n'étant que quasiment du désert Il y aurait mieux valu se positionner au sud et former les cadres et bombarder à foison le nord et les bases terroristes.

Conquérir du désert n'est pas chose facile , mais faisable .
Mais conserver ce territoire gagné , implique beaucoup de ressource et immobilise beaucoup de troupe e.
Et tant que les cadres et troupes maliennes ne seront pas formés et équipés de matériel digne de se nom cela sera autrement plus compliqué.

Villepin a-t-il tort ou

Villepin a-t-il tort ou raison ? Peu importe et même si l'analyse de Villepin a ses limites, il n'en est pas moins vrai que François Hollande s'est engagé à la légère et que nos soldats risquent de le payer cher. La Françafrique a malheureusement encore de beaux jours devant elle et la lutte contre le terrorisme n'est qu'un mauvais prétexte pour sauvegarder nos intérêts : d'ailleurs il n'y a qu'à voir la quasi unanimité de la classe politique pour comprendre que notre passé colonial nous poursuit toujours. Et pendant ce temps Renault (dont l'Etat Français reste actionnaire) met tranquillement en place un vaste plan social ! Mais bon le peuple français a tranché, paraît-il, en mai 2012 alors fermons nos gueules !

Quand les occidentaux

Quand les occidentaux interviennent quelque part, c'est pour creer des problèmes. Ils n'en ont jamais réglé un seul.

Je pense que Monsieur de

Je pense que Monsieur de Villepin cherche à sortir de l'ombre rien de plus.

La France ne pouvait laisser la situation au Mali se dégradé plus, je rappel qu'il y a 6000 ressortissants français à Bamako, que si la France n'était pas intervenue nos concitoyens auraient pu devenir des otages à leur tour.

Le Mali à une position géographique centrale dans la région, une situation idéal pour des groupes terroristes, leur laisser un tel avantage serait stupide.

Alors Monsieur de Villepin aurait du se taire parce qu'il s'enfonce tout seul.

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