L'Espagne a commémoré avec sobriété les attentats islamistes du 11 mars 2004 à Madrid qui avaient fait 191 victimes, lors d'une cérémonie présidée par le roi Juan Carlos, en présence du chef de gouvernement socialiste réélu José Luis Rodriguez Zapatero.
Le roi Juan Carlos tout de noir vêtu, et la reine Sofia en gris, ont déposé en silence une couronne de lauriers portant les couleurs sang et or de l'Espagne au pied du mémorial de verre construit l'an passé devant la gare d'Atocha, point d'arrivée des trains visés par les explosions.
Le dépôt de gerbe a été suivi de l'exécution d'une oeuvre du musicien estonien Arvo Pärt, composée spécialement en mémoire des attentats de Madrid, et interprétée par les choeurs de la chapelle royale de Barcelone et de Madrid sous la direction du violoncelliste Jordi Savall.
Parmi les choristes figuraient Sonsoles Espinosa, l'épouse de M. Zapatero qui est chanteuse lyrique professionnelle.
Le leader socialiste espagnol a été reconduit au pouvoir pour quatre ans, après la victoire de son parti dimanche aux législatives.
A cette courte cérémonie était également présent le perdant du scrutin, le chef du Parti populaire (PP, droite) Mariano Rajoy, ainsi que le maire (PP) de Madrid Alberto Ruiz-Gallardon, le président du Sénat, Javier Rojo (socialiste) et le président sortant du Parlement Manuel Marin (socialiste).
Assistaient également à la cérémonie des membres des familles des 191 victimes des attentats, les plus sanglants jamais perpétrés en Espagne et les plus meurtriers en Europe depuis l'attentat de Lockerbie (1988, 270 victimes).
La matinée a été marquée par plusieurs autres cérémonies commémoratives, à Madrid et dans les communes de la banlieue d'où étaient partis les quatre trains de banlieue visés par ces attentats revendiqués au nom d'Al-Qaïda.
Le tribunal espagnol a condamné le 31 octobre 2007, 21 des 28 accusés des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, dont trois à des peines record de plus de 40.000 ans de prison, limitées en pratique à 40 ans de réclusion maximum.
La justice espagnole n'a mis pas en évidence de lien matériel entre les attentats et la nébuleuse Al-Qaïda mais a estimé que l'action était imputable à des "cellules jihadistes".
Les attentats de 2004 avaient été suivis trois jours plus tard par un vote sanction aux législatives contre le gouvernement conservateur sortant --qui s'était entêté à attribuer le massacre à l'organisation basque armée ETA-- entraînant la victoire surprise de M. Zapatero.
Quatre ans après, les Espagnols ont reconduit, dimanche, les socialistes de M. Zapatero, avec une majorité relative de 169 députés contre 153 pour le Parti populaire (PP, droite) de Mariano Rajoy.
















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