17 mars 2008 - 09H33
- Dick Cheney - Irak

Visite surprise de Dick Cheney à Bagdad
Le vice-président américain Dick Cheney est arrivé lundi en visite surprise à Bagdad dans le cadre d'une tournée de 10 jours au Proche-Orient. (Récit : E. Allain)

Le vice-président américain Dick Cheney a entamé lundi une visite surprise à Bagdad pour encourager les responsables irakiens à faire progresser la réconciliation politique, essentielle aux yeux de Washington à la pacification du pays.
   
Ce voyage intervient à la veille du cinquième anniversaire de l'intervention américaine en Irak, le 20 mars 2003, dont M. Cheney a été un des principaux artisans, et qui est devenue très impopulaire aux Etats-Unis.
   
Il a rencontré dans la matinée les principaux responsables américains --le général David Petraeus, et l'ambassadeur Ryan Crocker--, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, et devait s'entretenir avec le président Jalal Talabani.
   
Selon son entourage, cette visite, accompagnée de mesures de sécurité très strictes, permettra au vice-président de mesurer les changements en Irak depuis sa dernière visite en mai 2007.
   
L'arrivée de renforts américains, l'enrolement de combattants sunnites comme auxiliaires de sécurité et une trève de la principale milice chiite ont conduit à une baisse significative de la violence à Bagdad et dans l'ouest du pays.
   
Toutefois, une série de récents attentats meurtriers a fait craindre une reprise des attaques dans la capitale irakienne, alors que les violences politiques et interconfessionnelles ont fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils depuis mars 2003.
   
Peu après l'arrivée de M. Cheney à Bagdad, la capitale irakienne a été secouée par une forte explosion d'origine indéterminée. En milieu de matinée, une seconde explosion a été entendue dans le centre-ville. Il s'agissait d'un tir de mortier qui a visé la "zone verte" de Bagdad, où est installée l'ambassade des Etats-Unis, selon une source au ministère irakien de l'Intérieur.
   
Toute la matinée, des hélicoptères américains ont survolé la capitale.
   
Dans un récent entretien avec le Washington Post, le général Petraeus avait souligné que la réconciliation politique entre les différentes factions irakiennes était loin d'être satisfaisante.
   
Cette lenteur inquiète Washington qui considère que la présence de quelque 160.000 soldats américains en Irak aurait dû créer les conditions de sécurité nécessaires à une entente politique solide entre protagonistes irakiens.
   
M. Cheney doit exhorter les responsables irakiens "à continuer de montrer qu'ils peuvent faire des progrès", dans les domaines politiques et économiques, a indiqué à la presse un responsable américain, sous couvert de l'anonymat.
   
Récemment des lois considérées comme essentielles ont été votées par le Parlement notamment sur le pouvoir des provinces et les élections régionales prévues le 1er octobre, et la réintégration de fonctionnaires et militaires de l'ancien régime.
   
Une loi sur les hydrocarbures, qui organise la participation de capitaux privés et étrangers dans ce secteur nationalisé depuis les années 70 et la répartition des revenus entre les régions, est toujours en discussion après des mois de débats.
   
Le général Petraeus et l'ambassadeur Crocker doivent présenter les 8 et 9 avril un nouveau rapport d'étape devant le Congrès, alors que la guerre en Irak qui a tué près de 4.000 militaires américains a perdu le soutien d'une majorité d'Américains.
   
Le conflit en Irak, lancé le 20 mars 2003, a couté au moins 400 milliards de dollars et est un des sujets les plus controversés de la campagne pour la présidentielle de novembre aux Etats-Unis.
   
Le candidat républicain le mieux placé pour obtenir l'investiture de son parti, John McCain, est lui aussi en visite à Bagdad. Le sénateur a été un ardent soutien de la guerre et considère que les troupes américaines doivent rester en Irak jusqu'à ce que la stabilité y soit revenue.
   
L'Irak est la première étape d'une tournée de 10 jours de M. Cheney au Proche-Orient, consacrée aux efforts américains pour réduire l'influence de Téhéran et au processus de paix israélo-palestinien.

Commentaires

Réagir à cet article

To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

Fermer