Dernière modification : 23/03/2008 

- Chine - Tibet


Au moins 19 morts à Lhassa selon Pékin
La Chine a assuré qu'elle allait poursuivre la répression au Tibet afin "d'écraser" la contestation indépendantiste, une semaine après les violentes émeutes de Lhassa qui ont fait au moins 19 morts. (Récit : E. Allain)

Une semaine après les émeutes sanglantes de Lhassa, la Chine, qui semble rester sourde aux appels au dialogue avec le dalaï lama, a assuré samedi qu'elle allait poursuivre la répression au Tibet afin "d'écraser" la contestation indépendantiste.
  
Après avoir revu à la hausse vendredi le bilan des émeutes de Lhassa, faisant désormais état de 19 morts, dont 18 civils "innocents", contre 13 auparavant, la Chine a confirmé qu'elle ne relâchera pas la pression au Tibet.
  
"La Chine doit fermement réprimer la conspiration visant au sabotage et écraser les +forces tibétaines d'indépendance+", a assuré samedi dans son éditorial le Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste chinois.
  
Alors que les organisations des droits de l'homme et pro-tibétaines craignent des vagues d'arrestations, le Quotidien du peuple a souligné qu'"1,3 milliard de Chinois, incluant le peuple tibétain, ne laisseront personne ni aucune force saper la stabilité de la région".
  
"C'est dans ce but que la Chine réprime fermement et condamne sévèrement une poignée de criminels qui ne respectent pas la loi", a ajouté l'organe du Parti communiste chinois.
  
Les manifestations ont commencé le 10 mars à Lhassa à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement de 1959 contre le pouvoir chinois. La Chine communiste a pris le contrôle du Tibet en 1951.
  
Le nouveau bilan officiel fait également état de 241 policiers blessés, dont 23 grièvement, et de 382 civils blessés, dont 58 grièvement, soit un total de 623 blessés, dont 61 grièvement.
  
Le gouvernement tibétain en exil dans le nord de l'Inde fournit de son côté un bilan "confirmé" de 99 morts au Tibet et dans les provinces chinoises voisines abritant des minorités tibétaines.
  
Les autorités chinoises, qui attribuent au dalaï lama une responsabilité dans le déclenchement des violences, semblent ignorer les appels répétés au dialogue, lancés par le dignitaire tibétain comme par la communauté internationale.
  
Samedi, 30 écrivains, universitaires et militants des droits de l'homme chinois ont appelé le gouvernement à un dialogue direct avec le chef spirituel du bouddhisme tibétain et à laisser entrer des enquêteurs indépendants au Tibet.
  
Vendredi, le Japon a appelé la Chine et les dirigeants tibétains à ouvrir un dialogue "sans condition" tandis que le président polonais Lech Kaczynski estimait que "l'ouverture d'un dialogue maintenant prendrait une dimension symbolique, notamment dans le contexte des prochains jeux Olympiques à Pékin".
  
Le dalaï lama, après avoir reçu la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, a quitté vendredi soir sa résidence de Dharamsala, dans le nord de l'Inde où il vit en exil depuis 1959. Il est attendu samedi à New Dehli pour des séances d'enseignement du bouddhisme.
  
Samedi, Dharamsala, où des milliers d'exilés tibétains ont manifesté toute la semaine, était ville morte, tous les commerces ayant baissé leur rideau pour un jour férié en Inde.
  
A cinq mois de l'ouverture des jeux Olympiques d'été de Pékin, du 8 au 24 août, la Chine a continué samedi à accuser le dalaï lama d'avoir fomenté les émeutes afin de saboter les JO.
  
"L'objectif de la clique du dalaï lama est de perturber les jeux Olympiques, le peuple et la société et de nuire à l'unité politique du pays en complotant pour séparer le Tibet de la Chine", a affirmé le Quotidien du peuple.
  
Vendredi, le gouvernement grec a indiqué qu'il allait prendre "toutes les mesures nécessaires" pour éviter que des opposants au régime chinois ne perturbent la cérémonie d'allumage de la flamme olympique, prévue lundi à Olympie (Grèce).
  
Alors que les manifestations antichinoises se poursuivent un peu partout dans le monde, une cinquantaine d'exilés tibétains ont réussi à pénétrer vendredi dans l'ambassade de Chine à New Dehli, avant d'être interceptés par la police. Samedi, quelque 600 personnes ont manifesté à Tokyo pour dénoncer la répression au Tibet.

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