08 août 2008 - 16H54
- Géorgie - Ossétie du Sud

La Géorgie et la Russie se disputent le contrôle de l'Ossétie du Sud
Les forces géorgiennes et russes continuent de s’affronter pour le contrôle de l'Ossétie du Sud en Géorgie. Selon les séparatistes ossètes, les combats auraient fait près de 1 400 morts.

Des troupes géorgiennes et russes continuent, vendredi soir, de s’affronter pour le contrôle de la région séparatiste d'Ossétie du Sud en Géorgie. Des tanks russes ont atteint Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud plus tôt dans l’après-midi.

 

L’offensive russe vient en représailles de l’envoi de troupes gouvernementales géorgiennes en Ossétie du Sud dans la nuit de jeudi à vendredi. Tbilissi cherche à restaurer son autorité dans une région dont les velléités séparatistes sont largement appuyées par la Russie.

 

Les tensions entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud sont nées de la dissolution de l’Union soviétique en 1991. La Géorgie accuse Moscou de préparer l’annexion de l'Ossétie du Sud.

 

Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a accusé, vendredi sur CNN, la Russie de mener une guerre ouverte contre son pays. "La Russie mène une guerre contre nous sur notre propre territoire", a-t-il dit à la chaîne d'information américaine.

 

Deux facteurs ont précipité l’escalade du conflit, explique Robert Parsons, qui couvre la politique internationale pour FRANCE 24 : "La fureur de Moscou devant le soutien apporté par les Occidentaux à l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN et leur reconnaissance officielle de l’indépendance du Kosovo."

 

La Géorgie affirme avoir abattu cinq avions de combat russes. Elle prétend également que l’aviation russe a attaqué une de ses bases militaires situées à proximité de Tbilissi. Moscou n'a pas confirmé ces attaques.

 

Mais le Premier ministre russe Vladimir Poutine a déclaré vendredi que les "agissements agressifs" de la Géorgie l'exposait à une "réponse" de la Russie.

   

Des combats font rage dans la capitale ossète de Tskhinvali

  

La Géorgie, qui avait annoncé en début de journée qu’elle avait le contrôle de Tskhinvali, est revenue sur ses déclarations. Une partie des combats s'est concentrée dans la capitale, la Géorgie cherchant à en garder le contrôle face à l'avancée des forces russes. 

 

Un chef séparatiste d’Ossétie du Sud, Eduard Kokoity, a affirmé que des centaines de civils avaient déjà été tués dans les combats de vendredi. Aucune source indépendante n'est pour l'instant en mesure de donner de bilan définitif.


Le Comité international de la Croix-Rouge a demandé l’ouverture d’un “corridor humanitaire” en Ossétie du Sud afin de permettre aux ambulances d’évacuer les blessés.

 

Risque de conflit international

 
La situation s'est aggravée ces derniers mois dans les deux territoires séparatistes géorgiens pro-russes d’Ossétie et d’Abkhasie, après la décision de Moscou d'établir des relations plus étroites avec leurs dirigeants.

 

Mais pour le président géorgien Saakachvili, le problème ne se limite pas aux frontières de la Géorgie. "Si le monde n'arrête pas la Russie aujourd'hui, les tanks russes seront en mesure d'atteindre n'importe quelle capitale européenne", a-t-il déclaré lors d'une intervention télévisée.

 

Le président américain George W. Bush et Vladimir Poutine, qui ont tous les deux assisté à Pékin aux festivités entourant l’ouverture des Jeux olympiques, se sont brièvement rencontrés.

 

Le département d’Etat américain a annoncé le soutien des Etats-Unis à la Géorgie et a appelé à un cessez-le-feu immédiat. La Géorgie a d'ailleurs sollicité l'appui logistique des Etats-Unis pour rapatrier la moitié des 2 000 soldats géorgiens actuellement présents en Irak.

 

Selon une source diplomatique européenne, les Etats-Unis et la France, qui préside actuellement l'Union européenne, enverront une délégation conjointe pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu.

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait reprendre ses discussions vendredi soir. Une première réunion d’urgence avait été interrompue la nuit dernière devant l’impossibilité des membres du conseil de se mettre d’accord sur le contenu d’un communiqué commun.

  

"Les deux pays n’ont pourtant pas intérêt à une guerre ouverte"

 

Interrogée par FRANCE 24, Laure Delcour, directrice de recherche à l’Iris et spécialiste de la Russie et des pays de la CEI, affirme que ni la Russie ni la Géorgie n’ont intérêt à une guerre ouverte.

 

"La Russie risquerait un embrasement général du Caucase, mettant ainsi en balance son influence, et elle ne peut aussi se permettre une guerre ouverte à l’approche des Jeux olympiques de Sotchi en 2014, située à quelques kilomètres de la frontière abkhaze. La Géorgie quant à elle mettrait en péril son adhésion à l’OTAN", ajoute la chercheuse.

 

Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a appelé à un "arrêt immédiat des affrontements armés", en Ossétie du Sud et à l'ouverture de "discussions directes" entre les parties en conflit.

 

Sur le même sujet

Fermer