L'INVITE DE L'ECONOMIE
Benjamin Bejbaum, président de Dailymotion
vendredi 2 novembre 2007
Stéphanie Antoine reçoit Benjamin Bejbaum, président et co-fondateur du site de partage de vidéo Dailymotion. Un succès fulgurant.
vendredi 2 novembre 2007
Stéphanie Antoine
Bonsoir à tous, bienvenue dans l'invité de l'économie de France 24. J'ai le plaisir de recevoir Benjamin Bejbaum, Directeur général et cofondateur du site français de partage de vidéos Dailymotion. Bonsoir !
Benjamin Bejbaum
Bonsoir !
Stéphanie Antoine
Merci beaucoup d'être avec nous.
Benjamin Bejbaum
Merci de m'inviter.
Stéphanie Antoine
Alors vous avez créé Dailymotion il y a deux ans et demi avec votre partenaire Olivier Poitrey. Alors Dailymotion, c'est en fait un peu la version européenne de Youtube, qui a été racheté par Google. C'est un site Internet sur lequel on s'échange des vidéos. C'est 37 millions de visiteurs. Comment vous êtes-vous lancés dans l'aventure ?
Benjamin Bejbaum
Ecoutez, c'est venu assez naturellement. C'était un besoin. Moi, en 2000, j'ai monté une société d'hébergement. En 2005, j'étais à la tête de la société, j'avais une infrastructure technique disponible. L'idée est venue au retour d'un voyage de New York, où j'avais des vidéos à partager. Donc le besoin est né avant l'idée, avant le produit. Il y avait déjà des sites de partage de texte, c'est les blogs. Sur les blogs, vous partagez du texte, vous publiez un morceau de texte et vous dites à d'autres gens de venir regarder ce texte. Il y avait des sites de partage photo (Flickr), des sites de partage de liens. Il y avait aussi des sites de partage vidéo, mais il y avait encore un obstacle technique qui faisaient qu'énormément de gens ne pouvaient pas les utiliser. Il fallait encore coder vos vidéos avant de les déposer. Donc, avec Olivier Poitrey, on a fabriqué la première plateforme de partage vidéo. Elle a été lancée en mars 2005.
Stéphanie Antoine
Vous étiez déjà un passionné d'Internet, en fait…
Benjamin Bejbaum
Oui, Olivier et moi, on était dedans, derrière les coulisses, depuis quelques années déjà.
Stéphanie Antoine
Alors, qu'est-ce qui distingue Dailymotion de Youtube, le site de partage américain ?
Benjamin Bejbaum
Chronologiquement, elle est sortie avant. Quand on est sortis en mars 2005, on était vraiment la première plateforme à fournir de l'encodage côté serveur. C'est un terme un peu barbare techniquement, mais qui veut dire que ça devenait très simple pour les gens de l'autre côté du tuyau. Ensuite, il y a de grosses différences de stratégie. On a été localisés dès le début. On a commencé Dailymotion en anglais et en français. Dès les premières lignes de code qu'on a tapées, on a choisi de faire un site bilingue. Aujourd'hui, il est traduit en dix-sept langues. Et il y a aussi une autre différence assez importante : c'est qu'on a une démarche de fédération de la communauté créative autour de Dailymotion. On a créé un programme qui s'appelle Motionmaker et on essaie au sein de ce programme de recruter les utilisateurs qui fabriquent des vidéos créatives. Qu'est-ce que c'est une vidéo créative ? Ça se définit par opposition à une vidéo personnelle. Une vidéo personnelle, c'est une vidéo que vous fabriquez pour vous et vos proches, qui n'a pas de velléité créative. Vous ne cherchez pas à passer à la télé avec, vous ne cherchez pas à avoir beaucoup d'audience. Vous cherchez juste à transmettre une information à vos proches, à vos amis, à votre famille. Une vidéo créative c'est quand vous essayez, excusez-moi le terme, de vous décarcasser pour faire quelque chose de plus, pour aller séduire une audience un peu plus large. Donc on essaie, dans chaque pays dans lequel on est présents, de recruter dans Dailymotion tous ces utilisateurs-là.
Stéphanie Antoine
Ça c'est un petit peu votre dernier produit, je dirais. C'est pour vous distinguer…
Benjamin Bejbaum
Non non, ça n'est pas notre dernier produit…
Stéphanie Antoine
C'est pour vous distinguer…
Benjamin Bejbaum
Effectivement, le programme Motionmaker est récent, il a six mois. Mais on a mis un nom sur quelque chose qui existait depuis le début. Depuis le début, on a toujours essayé de trouver, de dénicher les utilisateurs qui fabriquaient les meilleures vidéos.
Stéphanie Antoine
Vous vous développez à l'international, aux Etats-Unis. Vous avez passez un accord avec le réseau de distribution américain Tube Mogul. Vous avez également passé un accord stratégique avec eBay, le géant américain des ventes aux enchères en ligne. Comment vous positionnez-vous spécifiquement sur le marché américain par rapport à Youtube, qui est déjà très implanté et qui est déjà un peu le Goliath depuis qu'il a été racheté par Google, en plus ?
Benjamin Bejbaum
Complètement. Deux réponses. La première, qui est la même que la question précédente, c'est-à-dire le programme créatif. On essaie vraiment, par le bas, d'aller dans toutes les villes dans lesquelles on est présent (aujourd'hui, c'est New York) et de recruter beaucoup d'utilisateurs créatifs. Ensuite, comme vous avez commencé à le dire, par le biais des partenariats. On a fait un partenariat avec eBay, avec Mogul, on a aussi signé avec Skype. Donc on a beaucoup de partenariats de diffusion qui vont permettre de donner plus de visibilité à toutes les vidéos qui arrivent sur Dailymotion.
Stéphanie Antoine
Qu'attendez-vous exactement des ces partenariats ? Est-ce que vous pensez que vous allez avoir plus de recettes publicitaires ? Est-ce que vous voulez doper votre audience ?
Benjamin Bejbaum
Alors, c'est premièrement accroître l'usage. On parle d'usage parce que sur Dailymotion, il n'y a pas que l'audience qui compte, il y a aussi les gens qui viennent déposer des vidéos. Dans le terme "usage", il y a les deux. On cherche à nouer des partenariats qui vont accroître le plus possible l'usage du service. Ensuite la médiatisation se fera principalement sur Dailymotion. Donc, le but est de mettre en place plein d'antennes autour de Dailymotion, de créer un écosystème, soit pour que les vidéos aient plus de visibilité (c'est le cas avec Skype, par exemple), soit pour récupérer plus de vidéos à l'entrée (c'est le cas avec Mogul).
Stéphanie Antoine
Alors évidemment, j'ai envie de vous poser la même question concernant votre rival Youtube en Europe. Ils ont lancé une offensive il y a à peine deux mois. Ils vous ont déjà dépassé en trafic en France, d'après ce que j'ai lu…
Benjamin Bejbaum
Non, non. Ils ne nous ont pas dépassés en trafic en France. Je ne sais pas ce que vous regardez comme score. Même pour Nielsen, ce mois-ci, on est devant Youtube. Sur Alexin, on est septième, Youtube est huitième.
Stéphanie Antoine
Donc ils ont quand même fait très fort en deux mois…
Benjamin Bejbaum
Ils ont fait assez fort, mais c'est quand même Google. Je vous rappelle qu'il y a deux ans et demi, on était deux avec Olivier autour d'une table et que Google, c'est une valorisation de plusieurs milliards de dollars, donc effectivement ils ont fait très fort. Ils ont un bon logiciel, une stratégie vraiment différente. Mais on est le seul pays dans le monde où un local est plus fort que Google. En France, Dailymotion est devant Youtube. C'est le seul cas. En Allemagne, les concurrents locaux comme Myvideo sont derrière Youtube.
Stéphanie Antoine
Là, ils vous talonnent en tout cas. Est-ce que vous avez une stratégie spécifique pour répondre à cette offensive ?
Benjamin Bejbaum
On a une stratégie spécifique qui est la stratégie Dailymotion, qui est de passer du temps avec la communauté et avec les créatifs, et de conserver le cap qu'on s'est fixé depuis le début de notre existence. Mais effectivement, au niveau de la localisation, il y aura des stratégies, des prises de décision qui vont être différentes en fonction des pays.
Stéphanie Antoine
Justement, vous avez d'ailleurs effectué deux levées de fonds. Avec la deuxième, vous avez levé 25 millions d'euros. Est-ce que vous allez utiliser ces moyens pour faire une contre-offensive, en développement éventuellement d'autres filiales ? Concrètement, comment comptez-vous répondre ?
Benjamin Bejbaum
Filiales, non. On va utiliser cet argent pour continuer à finaliser notre stratégie, qui est une stratégie surtout basée autour du produit. Donc il faut fabriquer un site web qui fonctionne. Ça n'est pas tout de l'avoir fabriqué il y a deux ans et demi, il faut le faire évoluer. Il y a énormément de travail sur le produit et sur la technique. On va aller ensuite au fur et à mesure dans plusieurs pays. On va bientôt ouvrir l'Espagne, bientôt d'autres pays. Il n'y a pas de contre-offensive, on va continuer sur la lancée qu'on avait initiée il y a deux ans et demi.
Stéphanie Antoine
L'Espagne et d'autres pays, vous dites…
Benjamin Bejbaum
Oui, l'Espagne, probablement d'autres pays européens et d'autres pays de l'autre côté de l'Atlantique.
Stéphanie Antoine
Est-ce que vous allez tenter de vous positionner dans des marchés où Youtube serait peut-être plus faible, en dehors de l'aspect créatif dont vous parlez ?
Benjamin Bejbaum
Ça devient un petit peu indiscret, forcément… On va effectivement choisir nos pays en fonction de plusieurs facteurs et Youtube est un des facteurs de choix. La présence de Youtube ou pas est un des facteurs de choix.
Stéphanie Antoine
Est-ce que vous pensez un jour faire entrer un industriel dans le capital ? On parlait beaucoup de Lagardère il y a deux mois… C'est une rumeur ?
Benjamin Bejbaum
On a parlé de beaucoup de gens. Les rumeurs autour de Dailymotion fleurissent comme les bourgeons au printemps. Il y a beaucoup de choses qui se sont dites, des choses plus ou moins vraies. Ecoutez, on choisira nos partenaires en fonction du sens qu'ils apportent à notre entreprise.
Stéphanie Antoine
Mais c'est une possibilité…
Benjamin Bejbaum
C'est une possibilité.
Stéphanie Antoine
Est-ce que vous pourriez vendre la société également ? J'ai lu qu'on vous a proposé 350 millions d'euros, ce qui est énorme.
Benjamin Bejbaum
C'est dingue. J'ai lu énormément de valorisations, j'ai lu celle-là aussi…
Stéphanie Antoine
Ça n'était pas assez cher pour accepter ?
Benjamin Bejbaum
On ne peut pas répondre comme ça. Les outils de valorisation des entreprises sont très complexes, très différents. Il y a beaucoup de méthodes différentes. Il y a un marché pour la valorisation des entreprises qui est évident. Nous on a choisi de continuer la mission qu'on s'était fixée, plutôt l'objectif qu'on s'est fixé avec Olivier. On a envie de finaliser ce produit. Pour l'instant, il y a encore beaucoup de choses qu'on a envie de faire qu'on a pas fait, en termes de fonctionnalité et de choses qu'on apporte à la communauté. Maintenant, on a accepté l'investissement de fonds de private equity. Quand vous acceptez que les VC entrent dans votre capital, ils ont un objectif de revente, en tout cas de valorisation de leur investissement qui est évident. Dailymotion, c'est la combinaison de ces deux stratégies.
Stéphanie Antoine
D'accord, donc ça veut dire qu'ils vous mettent un peu la pression en termes de rentabilité, ces nouveaux entrants ?
Benjamin Bejbaum
On ne peut pas parler de pression, mais la rentabilité, c'est évident. Sans parler de la rentabilité et de la revente, la rentabilité c'est quelque chose qui est complètement intégré. Ça n'est pas que les VC, c'est toute la société.
Stéphanie Antoine
En parlant de revente de sociétés, Microsoft vient d'acheter une petite participation dans Facebook, le site communautaire, pour un investissement de 240 millions de dollars. Là aussi, quand on parle de très cher, c'est très cher. Est-ce que, à votre avis, cette valorisation des sociétés Internet est excessive ? Est-ce qu'on va vers la création d'une nouvelle bulle Internet, vous qui êtes à l'intérieur ?
Benjamin Bejbaum
J'aurais beaucoup de mal à dire "oui". D'ailleurs je ne vais pas dire "oui", je vais dire "non" (rires).
Stéphanie Antoine
Vous protégez vos intérêts, en fait…
Benjamin Bejbaum
Ecoutez, je protège mes intérêts et je protège ce que je pense en même temps. Il y a un marché pour ces sociétés. A partir du moment où il y a un marché, il y a des gens qui peuvent acheter, il y a des gens qui sont prêts à vendre. Pourquoi ces gens achètent ? Je vous ai dit tout à l'heure, il y a plusieurs méthodes de valorisation des sociétés sur Internet. Il y a ce qu'on appelle les multiples d’EBIDA (Earning before interest, depeciation, and Amortization, Excédent Brut d’Exploitation) , qui est un multiple du bénéfice à n+1, n+2, mais il y a aussi une autre valeur qui peut être rapportée à la société. Si un Google incorpore un Facebook, ou MSN incorpore un Facebook, ça leur rapportera plus à Facebook et à Dailymotion ou à un autre que juste le bénéfice généré par Facebook.
Stéphanie Antoine
Donc vous pensez que la valorisation est représentative de ce que valent ces sociétés…
Benjamin Bejbaum
De ce qu'elles valent pour les gens qui sont prêts à les acheter, oui.
Stéphanie Antoine
Autre grand débat. Votre site a été condamné par la justice à payer 23 000 euros, d'après ce que j'ai lu, pour diffusion illégale du film "Joyeux noël", de Christian Carrion. La justice a estimé qu'en acceptant la mise en ligne par un utilisateur de ce film, vous aviez commis une faute. Que pensez-vous de cette décision ? Quel est le rôle d'une société comme la vôtre, qui en fait n'est qu'un hébergeur, d'après ce que j'ai lu et non pas un éditeur, dans la protection des droits d'auteur et dans la protection des œuvres ?
Benjamin Bejbaum
Je vous remercie de l'avoir dit. On est effectivement un hébergeur, c'était d'ailleurs la première phrase de l'arrêté du jugement que vous venez de citer concernant "Joyeux noël". Dailymotion est un prestataire technique. Donc c'est un petit peu l'ambiguïté de ce jugement, c'est-à-dire qu'en même temps on est reconnus prestataire technique, en même temps on a quelque chose à payer. On veut vraiment être reconnu comme prestataire technique, on accepte une responsabilité d'éditeur sur une toute petite partie du site, qui est la partie où on a un impact éditorial. Sur le reste du site, on a vraiment une activité d'hébergeur, c'est-à-dire qu'on a mis en place un logiciel, une plateforme technologique, sur laquelle les gens déposent et exploitent des contenus pour eux-mêmes.
Stéphanie Antoine
Mais alors, que pensez-vous de cette décision ? Vous trouvez normal qu'on vous demande des comptes, en tout cas que toute une communauté de réalisateurs et de producteurs vous demande des comptes ?
Benjamin Bejbaum
Si on ne faisait rien pour protéger les ayants droit, oui. Mais on fait beaucoup de choses pour protéger les ayants droit. A l'époque de ce jugement, on venait de commencer à implémenter des technologies de protection. On est vraiment tributaires des avancées technologiques en la matière. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui ont fabriqué des technologies qui permettent de protéger les contenus protégés par les droits d'auteur. On appelle ça du fingerprinting. On a installé il y a six mois Audible Magic, on vient de signer avec l'INA. Dans la lignée de la signature avec l'INA, on a annoncé un accord avec Canal +.
Stéphanie Antoine
Là, vous avez passé un accord avec Canal + et même avec les majors américaines. Vous avez passé un accord avec Walt Disney, Viacom, CBS. Qu'est-ce qui vous a décidé, finalement, à passer tous ces accords ? C'est que vous vous sentez responsables ? Ou vous pensez qu'il va y avoir un certain nombre de procès que vous souhaiteriez éviter ? Quel est votre positionnement, exactement ? C'est la pression des grands ?
Benjamin Bejbaum
Non non, on se sent complètement responsable. Je ne voudrais pas paraître hypocrite, mais c'est extrêmement vrai. On travaille avec des créatifs. On travaille avec des gens qui passent des nuits, des journées, et qui investissent de leur temps pour fabriquer des œuvres. S'ils attendent un revenu de ces œuvres et qu'elles sont piratées, ils n'ont pas de revenus. C'est aussi simple que ça. Donc je ne vais pas d'un côté protéger les créatifs, de l'autre côté laisser faire et laisser plein de contenu être piraté de la sorte. Donc on a une démarche de protection de contenu qui se fait dans les limites d'un cadre légal et d'un cadre technologique. Ça ne nous est pas venu comme ça il y a six mois, c'est comme ça depuis le début.
Stéphanie Antoine
Vous voulez être leader dans ce positionnement ? Votre concurrent, par exemple, Youtube, n'a pas signé la charte. Que pensez-vous du fait qu'il n'ait pas signé cette charte ?
Benjamin Bejbaum
Je ne vais pas commenter le fait qu'il n'ait pas signé. Google a sa stratégie en matière de défense des contenus, qui est différente. Ils vont faire quelque chose, je pense qu'ils ont le même raisonnement que nous quelque part, mais ils vont faire différemment. Est-ce que ça va plaire aux ayants droit, je n'en sais rien. Je ne peux pas juger ça. Je sais que sur cette charte, on est le seul européen à être présent. C'est un accord de bonne conduite, en fait. On dit "good principles" en anglais. C'est vraiment un accord de bonne conduite, où on décrit avec des ayants droit et avec des éditeurs comme nous (il y a Myspace, VO et Dailymotion qui sont présents, il y a aussi Microsoft côté éditeur) quelles sont les démarches minimales à faire pour protéger les contenus.
Stéphanie Antoine
Est-ce que vous comptez sur la technique pour progresser ? De quelle manière ?
Benjamin Bejbaum
On compte sur la bonne conduite et sur la technique. Les bonnes conduites ça veut dire que quand un ayant droit vous demande de retirer un contenu, vous le faites vite. Rapidement vous prenez sa demande en compte et vous retirez le contenu. La technologie c'est au fur et à mesure que de nouvelles technologies permettent de protéger les contenus, vous les installez et vous les améliorez.
Stéphanie Antoine
Est-ce un peu une condition de survie, pour vous, de passer ces accords ?
Benjamin Bejbaum
Je ne sais pas si on peut parler de conditions de survie, mais c'est complètement normal, c'est normal.
Stéphanie Antoine
D'accord. Merci beaucoup Benjamin Bejbaum. C'est la fin de l'invité de l'économie. Merci de l'avoir suivi. Restez avez nous sur France 24.
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