France 24

Toute l’actualité, l’actualité dans le monde et l’actualité internationale, 24/7

Dimanche 23 novembre 2008

  • lundi 28 janvier 2008

    Obama, l'homme à abattre

     
    Dans le camp Clinton, l'affolement suscité par la victoire d'Obama dans les caucus de l'Iowa a cédé le pas à un calcul cynique et dangereux. Puisque le grand rival, déjà considéré comme plus sincère et meilleur pour la cohésion sociale du pays, était capable de l'emporter dans un Etat très largement "blanc", il fallait d'urgence le faire rentrer dans le rang. Le ramener à ce qu'il n'aurait jamais du cesser d'être: Le candidat des Noirs.
     
    Hillary Clinton a à peine fait campagne en Caroline du Sud, laissant ce soin à son mari, pendant qu'elle parcourait les tréteaux en Californie. A l'annonce des résultats, elle a rapidement félicité son adversaire et s'est dite impatiente que les choses sérieuses commencent, le 5 Février. Sous entendu: Obama a gagné en Caroline du Sud. Ok, Bravo. Mais au fond, quoi de plus normal puisque c'est un Etat "Noir". Ce sous-entendu, venant après les attaques au dessous de la ceinture de Bill, témoigne de ce que sont vraiment les Clinton : Des petits parvenus sans foi ni loi, qui veulent laisser croire que la présidence leur revient en raison de leur rang, de leur antécédents et d'une supposée compétence naturelle, que les sondages semblent, allez savoir pourquoi, leur reconnaitre. Il s'emploient à persuader les électeurs démocrates tentés de voter pour le jeune sénateur de l'Illinois, sa fraicheur, ses promesses de renouvellement, qu'une majorité  d'Américains n'est pas encore prête à installer un Noir dans le bureau ovale, et donc que leur vote serait contreproductif. C'est pourquoi les militants d'Hillary ont cru trouvé la parade en expliquant que, bien entendu, le très doué Barack serait un jour président des Etats Unis, mais pas cette fois-ci. Trop tôt...
     
    Dans l'Ouest, Hillary a même fait pire en montant les Hispaniques contre les Noirs . Dans plusieurs Etats de l'ouest les "latinos"sont légions, parfois même, dans certaines villes comme L.A., une majorité de la population. Or, ils ont l'impression que leur promotion économique et politique a été retardée par les avantages dont jouissent les Noirs en raison du principe de discrimination positive, et du clientélisme démocrate. Ils sont prêts à bloquer l'ascension d'un Noir, d'autant plus qu' ils n'éprouvent, eux, aucun sentiment de culpabilité pour l'esclavage...ils n'étaient pas encore là. Dans le Nevada, ils ont fait basculer le vote démocrate en faveur de Clinton. Forte de ce succès, elle espère que les mêmes ressentiments communautaires lui permettront de gagner la Californie, et de s'envoler irrésistiblement vers l'investiture.
     
    Il y a déjà eu des candidats démocrates Noirs dans les primaires, mais c'était seulement pour mettre un peu d'animation dans la campagne, fidéliser l'électorat noir déjà très captif. Au fond, le candidat Noir servait de lièvre dans la course. Tout le monde, à commencer par les électeurs démocrates étaient bien convaincu qu'il n'avait aucune chance de s'installer à la maison blanche. C'est pourquoi, une fois effectué un ou deux tours de piste, en forçant le trait sur les thèmes "de gauche", il finissait en général par se retirer gentiment au profit du favori campant sur des positions centristes. C'est ainsi que l'électorat noir restait, et reste encore accroché au Parti Démocrate. L'ennui avec Obama, c'est qu'il a refusé de jouer ce petit jeu, n'a jamais voulu faire de sa couleur de peau un argument électoral, et n'a jamais cédé à la surrenchère gauchiste. Attitude qui l'honore, que nous autres européens comprenons bien, mais qui, dans une société communautariste relève de la gageure.
    Clinton est considérée comme la grande favorite des primaires.
     
    Pourtant, je n'exclue pas totalement une surprise Obama, j'avoue même que je la souhaite. D'ailleurs la stratégie- risquée- des Clinton montre bien qu'ils ont senti le danger: Voici un candidat Noir qui attire bien au delà de sa clientèle "naturelle". Qui est capable de gagner des Etats Blancs ou, pour le moins, de réaliser des scores dans la population blanche bien plus élevés que d'habitude un Noir.
    Pour couronner le tout il a reçu le soutien de personnalités historiques du parti, comme Edward Kennedy.
    Compte tenu de ce qu'est l'histoire des Etats-Unis, il est certes difficile de parier sur l'élection d'un Président noir. Pourtant, cela finira bien par arriver un jour. Tout candidat démocrate, c'est à dire censé promouvoir les droits des minorités, serait bien inspiré de ne pas faire un usage politicien des questions raciales. D'autant plus que, pour les démocrates, c'est jouer avec le feu. Si Obama est un mauvais candidat, autrement qu'en raison de sa couleur de peau, il faut dire pourquoi, entrer dans le débat d'idées. Autrement, si la primaire se polarise excessivement sur les questions de couleur, une part plus ou moins grande des électeurs blacks qui se sentiraient légitimement floués, voire insultés, pourrait rester à la maison en novembre, faisant ainsi perdre la Maison bBlanche aux démocrates. Ce phénomène pourrait être encore amplifié si le candidat républicain est John Mc Cain, un homme tolérant et favorable à l'égalité raciale.
    L'élection du prochain président américain est bel est bien devenue, du fait des Clinton, une affaire raciale.

    France 24 - Recommander

    *Champs obligatoires

    France 24 -  Envoyer par email

    *Champs obligatoires

    France 24 -  Envoyer par email

    L'article a été envoyé par email avec succès

    Vos réactions

    *Champs obligatoires

    Vos réactions

    Votre commentaire a été soumis avec succès


[2] réactions :
  • vendredi 1 février 2008

    L'héritage de Bush

    L’héritage de Bush est très lourd : Tous les dossiers sont en instance : 1/Guerre en Irak 2/Proche-orient entre une multitude d’éventualités ; soit un seul Etat hébreux, soit un seul Etat multiethnique, soit deux Etats dont un palestinien démocratique et un Etat hébreu, soit trois Etats dont un palestinien islamiste, un palestinien démocratique et l’autre un Etat hébreu, soit un Etat hébreu à l’intérieur des frontières de 67 avec deux provinces l’une Egyptienne et l’autre Jordanienne…etc. 3/Un Liban en ébullition avec 18 ethnies aux tendances extremement complexes 4/Un Iran entre l’attente d’un accouchement atomique et l’avortement nucléaire 5/ Un Soudan qui se désintègre 6/Un Chavez post-Castro 7/Un Poutine rebelle 8/Charon flottant entre ciel et terre 9/Un monde Arabe qui pour la démocratie est entre cinq choix : veut et peut, peut et veut, veut mais ne peut pas, peut mais ne veut pas, ne peut pas et ne veut pas 10/Situation climatique de la planète catastrophique 11/Montée sans précédent des sentiments religieux comme phénomène qui se mondialise 12/Benladen toujours en fuite soit en jouant à l’alpiniste dans les montagnes de torabora ou aux archéologues dans des grottes non encore identifiées 13/ Une Somalie qui s'eteint en silence 14/ Kenya qui a permis à Annan d'éviter une retraite ennuyeuse 15/ Guantanamo, l'ile des interrogatoires possées 16/ Droits de l'homme dans le monde en déclin 17/...
    Pour Sylvain, voilà un plan de charge de quoi enrichir ton émission « LE DEBAT DE France 24 » : Bon courage.

  • vendredi 1 février 2008

    Une election tout est possible

    Deux particularités dans cette election :
    1/ En regardant les trois candidats favoris, McCain, Hyllary et Obama :
    -Si McCain l’emporte, la règle de l’alternance, entre républicains et démocrates, une règle assez constante et devenue quasi-nécessaire aux USA, n'est plus respectée
    -Supposons que Hyllary l’emporte, c’est la première fois qu’une femme arrive à la tête du pays
    -Si c'est Obama, c’est une première qu’on verra un noir Président
    DE CE FAIT, les trois favoris constituent des exceptions
    2/ Les USA n’est pas une monarchie, mais les principaux fournisseurs de candidats (parti républicains et parti démocrate) ressemblent de plus en plus à des monarchies : Si l’on croit aux analystes et sondages, Hyllary est la prochaine Présidente des USA, donc : Bush père, Clinton, Bush fils puis Mme Clinton…on verra après. Et-ce le modèle libanais où les partis sont des monarchies ? (Hariri père puis fils, Djoumblat père puis frère, Karami puis son frère, Djemail puis frère…).