Le blog de l'Europe
Caroline de Camaret est la chroniqueuse spécialisée de FRANCE 24 pour l'Europe.
Le 21-22 juin, Caroline est à Bruxelles pour couvrir le sommet européen. Lisez ses billets puis envoyez vos questions en cliquant sur 'Réagir.'
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mardi 1 janvier 2008
Une présidence slovène, sous l’œil de Paris !La Slovénie au centre de l'Europe: ce petit pays de 2 millions d’habitants est membre de l’UE seulement depuis 3 ans. Et il doit organiser 150 réunions de responsables européens, sur son sol, sans compter celles à Bruxelles. Vaste tâche qui occupe déjà à plein temps 2000 personnes. Car les défis sont importants : inciter les 27 à ratifier le Traité de Lisbonne au plus vite, ou lutter contre le réchauffement climatique.Mais le plus grand défi c’est de précéder la présidence française, qui commence en juillet et pour laquelle Nicolas Sarkozy a de grandes ambitions. Les observateurs prédisent déjà que la France tiendra la main de la Slovénie pendant 6 mois. Elle assumera la présidence par exemple dans 100 Pays d’Afrique ou d’Asie où la minuscule Slovénie n’a pas encore de représentation et d’ambassade. Paris poussera probablement la Slovénie à développer les thèmes qui l’intéresse : elle aurait incité la Commission à reporter ses propositions sur les gazs à effets de serre pour qu’elles soient certes examinées sous présidence slovène, mais signées sous présidence française.Pays balkanique, la Slovénie a-t-elle plus d’atouts que d’autres pour régler vite et bien la crise du Kosovo ? Les 27 ont décidé en décembre dernier d’envoyer 1800 Juristes et policiers au Kosovo. Mais une petite minorité refuse de soutenir l’indépendance autoproclamée unilatéralement dans cette province albanaise de la Serbie. Les slovènes devront tenter de rallier les Serbes à cette idée d’indépendance inéluctable en leur faisant miroiter une adhésion accélérée à l’UE pour eux ! On prête au Premier Ministre Janez Jansa des talents de négociateur. Et surtout son pays prospère donne l’image, dans les Balkans, d’une adhésion réussie bénéfique et exemplaire !
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jeudi 20 décembre 2007
Espace de Schengen : 400 millions de voyageurs mais pas de travailleurs !
Demain, 400 millions de personnes pourront voyager sans visa dans 24 pays. C’est symboliquement le rideau de fer qui tombe : entre Europe de l’Est et de l’Ouest, plus besoin de présenter un passeport pour voyager.Cette ouverture de Schengen a exigé de longs préparatifs administratifs et techniques : la mise en commun du fichier de données sur les criminels, la création de patrouilles conjointes ou la sécurisation des frontières externes contre les trafiquants et les migrants clandestins. Car on bétonne les frontières extérieures.
Entrer dans l’espace de Schengen à 24 sera difficile. Les Africains ou les Magrébins, par exemple, étaient les bienvenus en touristes dans les pays de l’Est, (et à Malte donc !) et de là pouvaient obtenir un visa pour l’Allemagne, la France et autres pays voisins. Désormais, ils soumettront leur demande de visas à l’une des frontières, qui sera examinée (plus longuement) par les 24 pays de Schengen. Très mécontents, les Ukrainiens, qui se rendaient facilement en Pologne, devront désormais présenter un visa, un billet aller-retour, un pécule quotidien minimum et une assurance-maladie !
Le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), s’inquiète de voir la forteresse européenne s’entourer d’un nouveau rempart.
Les habitants des anciennes zones frontalières redoutent un afflux de criminels. Les Autrichiens ont déjà averti que leurs contrôles frontaliers seraient réintroduits en juin, lors de l’Euro 2008 de football.
Il est vrai que l’espace de Schengen à 24, c’est la liberté de voyager, mais pas de travailler : en France par exemple, les restrictions pour les travailleurs polonais (plus généralement des ex-pays de l’Est) existent toujours et peuvent être maintenus par les Etats jusqu’en 2011. Voilà qui pourrait favoriser le travail au noir des travailleurs est-européens…sauf si les « anciens », pour éviter l’économie grise, changent leur législation et ouvrent leur marché du travail !
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vendredi 30 novembre 2007
Avec Galiléo, l’Europe propulsée dans les étoilesEnfin Galileo décolle ! Sauvé ! On craignait que ce projet européen high tech reste cloué au sol définitivement, périmé avant d’avoir été lancé. Imaginé en 2001, testé en 2004, Galileo est le futur système de positionnement par satellites européen : il permettrait par exemple de retrouver votre route a pied, en bus ou en voiture au mètre près, mais aussi d’envoyer des directives aux tracteurs pour cultiver les champs, ou encore d’envoyer des secours sur les sites des catastrophes… Ce système vise à supprimer la dépendance de l'Europe vis-à-vis du système américain, le GPS (Global Positioning System). Le GPS est d’origine militaire : il a été offert gracieusement au vieux continent pour conserver son monopole ! Galileo est un projet plus précis, payant, mais entièrement civil. Alors qu’on en attend des retombées financières multiples, le financement devait provenir aux 2/3 des entreprises privées européennes, et elles ont salement trainé les pieds. Tant et si bien que l’enfant prodige Galileo a pris 5 ans de retard. Et le secteur public est forcé de prendre le relai du privé défaillant. Un compromis a été trouvé pour financer les 30 satellites nécessaires d’ici 2013. Il manquait 2,4 milliards d’euros dans la caisse: ils viendront du budget communautaire, des fonds non-dépensés, notamment dans l’agriculture. Et aujourd’hui, vendredi 30, l'accord sur le partage industriel a été arraché aux petites heures du matin par les vingt-sept. Le sujet était particulièrement sensible car intimement lié à l'orgueuil national de chaque pays. Les autorités espagnoles ont réclamé un centre de contrôle au sol digne de ce nom, comme les Allemands et les Italiens. Ils n’auront pas gain de cause. Les Allemands ont manifesté leur appétit, affirmant sans complexe vouloir "un gros morceau du gâteau" sur leur territoire. Or le secteur spatial est concentré en Europe entre quelques grands groupes - l'européen EADS, le franco-italien Thalès Alenia Space, le français Alcatel - incontournables pour chapeauter certaines parties de Galileo. Les Allemands souhaitaient privilégier la filiale EADS-Astrium, dont l’essentiel des activités est concentrée chez eux. Par une pirouette, la Commission européenne a divisé les contrats du programme en six lots. Dans le secteur spatial, la règle de la libre-concurrence ne joue donc pas à fond, mais chacun repart satisfait : chaque pays a l'assurance d'obtenir des compensations industrielles pour son secteur aérospatial. En route pour les étoiles… européennes, forcément !- Envoyer par email
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mercredi 21 novembre 2007
PAC : plus de production, moins de productivismeLa Commission européenne a fait aujourd’hui ses propositions de réformes. Pour mémoire, la Politique agricole commune, créée par le traité de Rome en 1957, avait à l’origine une orientation résolument productiviste : il s’agissait, après la guerre, d’augmenter la production agricole, pour rendre l’Europe autosuffisante.Cela a tellement bien marché qu’on a abouti à une situation de surproduction. Du coup, l’Europe a mis en place une politique de résorption des excédents, de quotas de production, notamment dans le domaine laitier en 1984. Mais en cette année 2007, la situation a changé du tout au tout : les prix de l’alimentation (céréales, viande, lait) ont grimpé inexorablement. Il s’envolent sous le coup d’une plus grande demande des pays en développement (Chine, Inde), qui consomment plus et mieux; quelques sécheresses inattendues, comme en Australie, ont fait chuté simultanément la production mondiale ; sans oublier que les biocarburants en plein boom sont très « mangeurs » de céréales.Résultat, Bruxelles veut répondre au nouveau défi de la nourriture chère. Jusqu'à présent, les cultivateurs avaient l’obligation de mettre en jachère 10% de leur terre. Les producteurs de lait sont, eux, limités par des quotas, au-delà desquels ils doivent s’acquitter d’une amende. Ces deux dispositions pourraient être supprimées graduellement pour 2014-2015. Mais le débat sur ces nouvelles orientations ne fait que commencer : ces propositions de la Commission vont donner le coup d'envoi d'une consultation avec les Etats membres, qui durera six mois, et qui s'annonce conflictuelle, avant des propositions législatives attendues au printemps 2008. Car la Commission veut renforcer le « découplage ». Elle refuse désormais de lier le montant des aides de l’UE aux niveaux de la production. Aujourd’hui, plus on produit, plus on reçoit de subventions. Demain, halte au productivisme subventionné à outrance, dit Bruxelles : aidons la petite agriculture sans engrais.La France des grandes exploitations, qui absorbe une grande partie des subventions (comme l’Italie, l’Espagne, Pologne) est vigoureusement opposée à ces changements. La lutte a commencé avec les pays anglo-saxons nettement moins agricoles. Une lutte idéologique, dans un monde changeant, sur la prochaine PAC et le futur bugdet de l’UE, redéfinis tout deux en 2013 !- Envoyer par email
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vendredi 16 novembre 2007
Kosovo : les élections de la séparation ?On vote samedi 17 Novembre Kosovo, cette province serbe administrée par l'ONU et peuplée de 2,2 millions d'habitants, dont 90% d'Albanais. Des élections sous haute tension, et sous le regard de la communauté internationale. Ce troisième scrutin législatif apaisera-t-il ou renforcera-t-il la crise autour futur statut du Kosovo dont les négociations piétinent? D'ores et déjà, on sait que ces élections complexes, au cours desquelles 26 partis se disputeront les sièges de députés, de maires et de conseillers municipaux, seront boycottées par les 100.000 serbes. Ils pourraient en théorie rafler 20 sièges réservés aux minorités, au Parlement, sur les 120 à pourvoir. Le scrutin décidera du prochain premier ministre de la province: c'est l'ex-guérillero albanais Hashim Thaci qui tient la corde, sous les couleurs du PDK. Il a promis de proclamer l'indépendance du Kosovo en cas d'accord non-finalisé le 10 décembre. Concentrés au Nord, les serbes du Kosovo pourraient alors être tentés de faire sécession. Quelle sera l'attitude des Etats-Unis, de la Russie et surtout de l'Europe? USA pour, Russie contre, on le sait. Mais, sur le plateau du « Face à face » d’aujourd’hui, mes invités ont souligné combien ce scrutin kosovar pouvait être le révélateur de la division du Vieux continent. Certains Etats membres sont opposés à un passage en force des Kosovars albanais et à une indépendance autoproclamée rapidement : elle renforcerait les tentations indépendantistes, dans les Balkans en premier lieu, mais aussi au coeur de l’Europe. Ainsi l’Espagne craint la montée des tensions au pays basque, Chypre a mal à sa division de l’île, la Belgique peut-être même craint le mauvais exemple du divorce : le Kosovo, cas d’école pour la diplomatie mondiale, se présente comme un objet de déchirement et un risque de contagion pour les 27 !
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mercredi 14 novembre 2007
Extrème droite européenne : l’explosionA toute chose, malheur est bon ! Tout avait commencé par une tension exacerbée entre deux peuples européens : les Italiens et les Roumains. A la suite du meurtre très médiatisé d'une Italienne attribué à un jeune Tzigane d'origine roumaine, le gouvernement Prodi a pris en urgence, voilà deux semaines, un décret-loi controversé facilitant l'expulsion d'étrangers de l'UE pour des raisons de "sécurité publique". Choqués, les Roumains s’émeuvent de cette mesure discriminatoire. C’est cette mesure très polémique qui aboutit aujourd’hui à un résultat aussi inattendu qu’heureux : la dissolution du groupe d’extrême droite au Parlement européen. L’hyper-nationalisme n’a pas résisté à cette querelle italo-roumaine ! Dix mois seulement après sa création, le groupe Identité, Tradition, Souveraineté (ITS), n’est plus : un sabordage accueilli par les applaudissements d'une écrasante majorité des élus à Strasbourg.
Le coup de grâce a été donné par le départ des cinq eurodéputés du Parti de la Grande Roumanie. Selon eux, la "goutte d'eau qui a fait déborder le vase" a été l'"amalgame inacceptable" établi la semaine dernière par Alessandra Mussolini, petite fille du Duce "entre les criminels tziganes et toute la population roumaine". Elle avait accusé les Roumains d'avoir "fait de la délinquance un mode de vie". Du coup, ses 5 camarades se sont sentis visés. Ils ont claqué la porte de l’ITS, qui, réduit a 18 membres, ne remplit plus les conditions requises pour former un groupe (20 députés originaires de cinq pays). Les avocats du nationalisme et de la xénophobie vont donc perdre les avantages afférents, tels que des moyens supplémentaires ou des temps de parole plus importants. Et le roi frontiste est nu : le Français Front National Bruno Gollnisch perd sa présidence. Entre temps, les sept élus FN, l’italienne descendante de Mussolini et des Belges séparatistes du Vlaams Belang et le Britannique antieuropéen Ashley Mote ont eu le temps d’échanger toutes sortes de noms d’oiseaux : Ca fait désordre, pour le parti de l’ordre et de la discipline !- Envoyer par email
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mercredi 31 octobre 2007
Un traité, si simple à adopter ?Dernier sommet européen à Lisbonne les 18 et 19 Octobre, où nous étions présents: les 27 ont accouché du Traité simplifié, encore dans la douleur (revendications italiennes et polonaises) et tard dans la nuit ou tôt le matin (2 heures du mat, mais nous vous avions annoncé les principales mesures à 1heure !). Et en grande pompe, les mêmes s’apprêtent à retourner dans la capitale portugaise (les Portugais qui hérient sans trop d’efforts d’un prestigieux « Traité de Lisbonne » !) : la cérémonie de signature se fera le 13 décembre au matin, en compagnie des chefs de la diplomatie, juste avant de rejoindre le très officiel Conseil européen à Bruxelles. Pour atteindre les deux capitales ce jeudi 13, imaginez le ballet aérien, ses transferts d’avion multiples: on en brûle du Kérosène, alors que l’Europe est censée protéger la couche d’ozone, se plaignent les grincheux ! Mais c’est pour la beauté d’un Traité, qui, cette fois, durera longtemps, nous dit-on. Les ratifications se feront devant les Parlements nationaux, ultérieurement et le plus vite possible, avec la France déjà dans les starting-blocks! Seule l’Irlande a obligation d’organiser un référendum, mais la majorité y votera « oui », annonce-t-on, de peur de se retrouver, comme la France et les Pays-Bas, pendant 2 ans, au piquet de la classe européenne. En France, les socialistes et quelques autres se plaignent en France que le peuple n’ait pas voix au chapitre pour re-voter ! Mais, chez les 27 leaders européens, on sent un immense soulagement à savoir l’affaire institutionnelle quasi-classée : enfin, ils pourront s’intéresser au cœur des politiques européennes et proposer à leur opinion publique des projets plus enthousiasmants qu’une architecture institutionnelle aride (et pas torride !)! Espérons que les citoyens européens sauront s’intéresser et participer à ces débats de fond sur « L’Europe, que voulons-nous en faire ? ». Pour notre part, nous promettons de les couvrir et les décrypter, sur « France 24 », intensivement, extensivement, et passionnément !
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jeudi 25 octobre 2007
Union de la Méditerranée, vogue la galère !Nicolas Sarkozy a profité de sa visite au Maroc pour lancer l’appel de Tanger : enfin, nous allions connaître les contours de son projet d’Union méditerranéenne (UM), présenté comme une priorité diplomatique, mais restée dans le plus grand flou artistique. L’idée remonte à un discours de campagne du 7 février, et la paternité en est attribuée à Henri Guaino, aujourd’hui conseiller spécial du président, qui a été également le seul à accepter le job de « représentant spécial pour l’UM » - Michel Rocard, Alain Juppé et Jack Lang ayant décliné ! C’est lui qui a désormais pour difficile mission de monter un « sommet fondateur » de chefs d’Etat, qui aura lieu en France en juin 2008, à la veille de la présidence française de l’UE. Une réunion entre « pays du pourtour méditerranéen only » (les autres n’ont droit qu’au strapontin d’observateurs, même les Allemands et les Britanniques qui apprécieront !).
Mais de quoi va-t-on parler ? Justement du contenu et de la forme que doit prendre cette Union de la Méditerranée au berceau ! On sait déjà que le Président français ne l’imagine pas comme la copie exacte de l’Union Européenne –un édifice institutionnel extrêmement original, complexe et intégré. On sait aussi que la future UM offrirait un dérivatif idéal aux ambitions européennes de la Turquie, dont Sarkozy ne veut pas dans l’UE. On imagine aussi qu’elle viendrait à point nommé contrebalancer une Union européenne trop tournée vers l’Est depuis les derniers élargissements et donc trop sous influence allemande : elle permettrait à Paris de retrouver une certaine grandeur en Méditerranée. Mais sur quelles bases et selon quel projet? Paris laisse aux leaders des pays méditerranéens le soin de dessiner cette architecture nouvelle et futuriste…au risque que la Méditerranée n’accouche d’une souris !
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jeudi 20 septembre 2007
Energie : divorce à l’italienne !La Commission a déposé un très lourd ensemble de mesures sur le secteur énergétique. Sa philosophie : il faut absolument séparer, dégrouper les activités de production d'énergie et les moyens de transmission (gazoducs, oléoducs par exemple). Il faut que les grands opérateurs intégrés cessent de contrôler ces réseaux de distribution afin que les "nouveaux entrants" sur le marché ne se voient pas refusé l'accès aux réseaux existants. Cette analyse plait les plus libéraux, les Britanniques ou les Suédois. Et 13 pays de l'Union ont déjà effectué cette séparation dans le domaine de l'électricité.Mais l'idée soulève aussi une énorme fronde de 9 pays, emmenés par la France et l'Allemagne : ils estiment que la séparation patrimoniale met en péril un certain nombre d'opérateurs européens. Résultat, la Commission a ficelé un compromis, seconde option qui laisse pantois. Ceux qui ne voudraient pas se séparer de leur réseau de distribution, pourraient en confier la gestion, le "louer", contre une rente régulière, à un opérateur indépendant, et au dessus des parties. On imagine les frictions multiples quand il s’agira de nouveaux investissements. La bataille n’est donc par terminée au niveau européen, et se poursuivra aux diverses Les grands opérateurs comme EDF, Suez Total, en France, E.On en Allemagne, craignent des géants aux appétits d’ogres dans le secteur du gaz : le puissant acteur russes Gazprom, ou algérien Sonatrach, prêts à pénétrer le marché européen avec d'énormes moyens d'acquisition dus à la manne des pétrodollars. Le président de la Commission, M. Barroso a d'ailleurs durcit les conditions prise de participation d'acteur non-européens : ces conditions d'entrée seront plus sévères et impliqueront une réciprocité. Par exemple, Gazprom aussi devra se séparer de son réseau, s’il veut acheter européen : reste à savoir s’il jouera le jeu!- Envoyer par email
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mardi 18 septembre 2007
Microsoft : indigeste pour l’Europe !Lundi, la justice européenne (tribunal de première instance) a confirmé la condamnation à une lourde amende pour abus de position dominante de Microsoft: un demi-milliard d'Euros, la plus forte somme jamais infligée à une entreprise! Mais c'est une goutte d'eau pour ce groupe qui dégage 14 milliards de bénéfices par an. Bruxelles entend vraiment contraindre, cette fois-ci, et après un procès de neuf ans, Microsoft à commercialiser une version de son système d'exploitation Windows, qui équipe 95% des PC de la planète, mais sans y intégrer automatiquement le logiciel "Media Player" de lecture audio et vidéo. Car pour les gardiens de la concurrence européenne, ce couplage systématique traduit l'utilisation par Microsoft de sa position dominante pour éliminer ses concurrents sur le marché des lecteurs multimédia. La guerre est-elle engagée entre le géant informatique et l'Europe, alors que l'Amérique se montre plus souple? Les amendes à répétition peuvent-elle avoir un effet quelconque sur une firme qui conforte son hégémonie par des procédures d’appels juridiques multiples, en gagnant ainsi du temps? Plus généralement, on peut ce demander ce que peut désormais un Etat ou même 27 alliés (à travers la Commission européenne) contre une multinationale milliardaire. La loi de la concurrence libre et non faussée (capitalisme régulé) contre la loi du profit (capitalisme débridé) se joue sous nos yeux à armes inégales! Résultat du match, d’amendes en procédures d’appels, de victoires symboliques en domination réelle, dans les années à venir !
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Retrouvez les vidéos de l'émission "Face à Face" animée par Caroline de Camaret.
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Avant de rejoindre l’équipe multiculturelle et sympathique de “France 24”, j’animais un magazine hebdomadaire consacré à l’Europe sur la chaîne parlementaire «Public Sénat». « Madame Europe » pendant six ans pour la télévision, j’ai d’abord mis ma plume au service société du quotidien « Libération », puis aux « grands reportages » du newsmagazine « VSD », en passant par le très économique « L’Expansion ». Partout, j’espère partager ma passion pour cette Europe si proche et si méconnue, objet de malentendus et de clichés. Après des études classiques françaises (Sciences Po Paris, Centre de Formation des journalistes), j’ai pris mon envol pour les USA en 1995: un Master de Journalisme à l’Université de Columbia a achevé de me convaincre que la suprématie de CNN sur l’information internationale méritait une réponse européenne : et voilà « France 24 », avec sa « French Touch » qui consistera à nourrir le débat, donner la paroles à tous les points de vue et éclairer la diversité d’approches.


