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mercredi 14 mars 2007
"Conseil d'ami"Personne ne peut suspecter le Premier ministre du Luxembourg d’être injuste avec la France. Il affiche d’ailleurs largement son amitié pour le pays de Voltaire, De Gaulle et Chirac: « Je suis tombé de façon irrationnellement stupide éternellement amoureux de la France », affirme-t-il avec une ironie et un humour qui font merveille à Bruxelles. Mais cela n’empêche pas Jean-Claude Juncker d’asséner ses quatre vérités aux français : « Il faudrait d’abord que la France écoute les autres au lieu d’exiger que les autres ne l’écoutent exclusivement. » Ce n’est pas une leçon de morale, mais juste « un conseil » pour sortir l’Europe de l’impasse, de ce « léger coma » dont parle Jacques Delors. « L’Europe doit cesser d’être fixée sur elle-même, son nombrilisme commence à m’agacer de plus en plus », poursuit le Premier ministre luxembourgeois. Pour lui, l’Europe n’est pas « une invention » destinée aux seuls Européens, « elle doit être un cadeau pour les autres, généreuse », et consacrer son énergie à lutter contre la pauvreté ou la famine. « Qui le fera si l’Europe ne le fait pas ? …»Le scandale d’Airbus, avec le plan Power 8 qui prévoit 10 000 licenciements, tombe plutôt mal à la veille du 50ème anniversaire du Traité de Rome. « Cette affaire me rend triste », nous avoue Jean-Claude Juncker qui est également Président de l’Eurogroupe, car « beaucoup d’Européens commencent à douter de la capacité d’action de l’Union ». En même temps, prévient-il pendant ‘Le Talk de Paris’, « il ne faut pas rendre l’Europe responsable de tous les problèmes d’Airbus. » Avec la hausse de l’euro, on n’a pas fini d’en reparler.La restructuration du constructeur aérien ne se fera pas sans douleur. Les grands groupes européens doivent tous revoir leurs stratégies industrielles et financières pour limiter l’impact de la hausse de la monnaie. Mais chez Airbus, il faudra aussi revoir la double gouvernance franco-allemande, pour empêcher de nouveaux retards dans le lancement des avions. L’euro fort, toujours accusé ! Et pourtant n’oublions jamais que sans la bonne santé de la monnaie européenne, la France n’aurait pas été à l’abri d’une crise inflationniste. Jacques Chirac en sait quelque chose, lui qui, en dépit du fiasco du référendum – qu’il regrette - a largement bénéficié de la dynamique monétaire, au point d’avoir été qualifié de « rentier de l’Euro ».
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