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Dimanche 23 novembre 2008

Annapolis, le sommet de tous les paradoxes

vendredi 23 novembre 2007

Considérés comme modérés, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas ont des objectifs communs mais restent loin d’un accord.

Voir le dossierAnnapolis peut-il relancer ...

samedi 24 novembre 2007

Les discussions d’Annapolis vont-elles faire avancer le processus de paix ? L’absence du Hamas lors du sommet pose-elle un problème ? Qu'a vraiment fait l’administration Bush pour faciliter la paix entre Israël et la Palestine ? Et que peut-on attendre des nations arabes ?

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Sept ans après l’échec du sommet de Camp David, le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas se rencontrent à Annapolis, dans le Maryland, avec des représentants de près de cinquante pays et institutions, afin de tenter de relancer le processus de paix au Proche-Orient. Annapolis réunit les dirigeants modérés des deux parties d’un conflit qui dure depuis plus d’un demi-siècle.
 
Selon Nissim Zvili, ancien député israélien et ancien ambassadeur d’Israël en France, jamais auparavant dans l’histoire du conflit israélo-palestinien, les dirigeants des deux côtés n’ont eu des positions si proches qu’Abbas et Olmert.
 
Et pourtant, comme la plupart des experts de la région, Zvili estime que les chances de parvenir à un accord officiel sont infimes. « Le paradoxe est que les dirigeants qui se rencontrent à Annapolis sont modérés. Des deux côtés, ils ont une vision d’une solution à deux Etats et sont d’accord sur le besoin de négocier la question des réfugiés et de Jérusalem. Mais ils sont incapables de parvenir à un accord parce qu’ils sont trop faibles », analyse-t-il.
 
Après la guerre avec le Hezbollah en 2006, la popularité d’Olmert est en chute libre. La population israélienne n'accorde pas au premier ministre sa confiance pour négocier un accord de paix avec les palestiniens. 
 
Côté palestinien, Abbas a perdu le contrôle d’une grande partie de la population palestinienne, depuis que le parti du Fatah a été expulsé de la bande de Gaza par le mouvement islamiste du Hamas en juin.
 
La légitimité d’Abbas, en tant que président de l’Autorité palestinienne –l’organisation administrative intérimaire qui assure la gouvernance de la Cisjordanie et de la bande de Gaza- est remise en question par une partie de la population palestinienne.
 
Abbas se trouve dans une situation peu enviable, estime Bilal Hassan, journaliste et membre de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine, dirigée par Abbas). « Si Abbas accepte les conditions israéliennes, la crise avec la nation palestinienne va s’empirer. Je crois que c’est exactement vers cela qu’on se dirige », dit-il. « D’un autre côté, si Abbas refuse les conditions d’Israël, les tensions entre l’Autorité palestinienne et Israël seront ravivées. » 
 
 
Pas d'accord en vue
 
Le sommet d’Annapolis ne devrait accoucher d’aucun document officiel. La perspective même d’un communiqué final, sur lequel comptait le président américain George W. Bush, semble s’éloigner, à mesure que les désaccords se creusent sur les points qui faisaient déjà débat durant les précédentes rencontres.
 
Cependant, les experts estiment qu’Annapolis pourraient avoir des résultats positifs. Du moins, la tenue de cette réunion pourrait faciliter des discussions à l’avenir, et insuffler une nouvelle dynamique au processus de paix israélo-palestinien.
 
« Le principal objectif d’Annapolis est de renforcer Abbas, et ainsi montrer aux Palestiniens qu’une ligne modérée peut apporter des résultats, contrairement aux méthodes violentes du Hamas », assure Frederic Encel, directeur de recherche à l'Institut français de géopolitique, à FRANCE 24. « Bien sûr, l’administration Bush et Ehud Olmert espèrent aussi tirer profit de cette conférence, puisqu’ils se trouvent tous les deux dans une position de faiblesse. »
 
Quelques jours avant la conférence, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a déclaré vouloir parvenir à un accord de paix israélo-palestinien avant la fin du mandat de Bush en janvier 2009.
 
Le président israélien Shimon Peres se montre plus pessimiste que l’administration américaine. « Un accord au Proche-Orient serait impossible à négocier durant le mandat du président Bush », a-t-il admis devant des journalistes.
 
Espoir de "l'axe modéré”
 
L’espoir d’Annapolis repose en grande partie sur ce que Bush appelle le « camp modéré », qui a promu le plan de paix de Beyrouth de 2002.
 
« L’objectif d’Annapolis est de renforcer le “camp modéré”, dans lequel l’Arabie saoudite est un acteur majeur », assure Nissim Zvili. « Le but est aussi d’encourager la Syrie à rejoindre ce cercle modéré ».
 
Sur cet objectif, déjà, Annapolis a permis certaines avancées. Pour la première fois, l’Arabie saoudite, qui n’a jamais reconnu l’Etat d’Israël, s’assiéra à la même table qu’Israël pour discuter du conflit au Proche-Orient.
 
Condoleezza Rice a déclaré qu’elle espérait qu’Annapolis soit un « point de départ » vers une solution à deux Etats.
 
De nombreux analystes estiment que la majorité des Palestiniens soutient une solution à deux Etats. Mais une des questions-clé reste la reconnaissance de l’Etat d’Israël comme Etat juif. Selon la position palestinienne, reconnaître la judéité de l’Etat d’Israël mettrait en danger le droit au retour des réfugiés palestiniens. Israël, de son côté, s’oppose à un retour des réfugiés, puisque cela menacerait la majorité juive.
 
Et cette question de la reconnaissance de l’Etat juif est la clef du problème, selon Frédéric Encel. « Le sujet crucial auquel Israéliens et Palestiniens doivent s’attaquer est la reconnaissance mutuelle. Les autres points, comme celui des colonies et celui du retour des réfugiés palestiniens, ne sont pas fondamentaux, et peuvent être résolus », estime-t-il. 
 

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