L’avenue Simon Bolivar, une des principales artères de Caracas, est noire de monde. Les opposants à Chavez ont réussi leur pari. Le camp du « Non », souvent désuni et désorganisé, s’est montré en nombre. Et ici, au cœur de Caracas, il clame fort sa peur que le pays bascule dans le totalitarisme lors du référendum du 2 décembre.
« On ne veut pas vivre ici comme ils vivent à Cuba, où on ne respecte pas la décision des autres, où personne ne peut s’exprimer, où seuls les Chavistes ont le droit de parler et de décider, » affirme une jeune manifestante qui s’inquiète de la proximité entre Castro et Chavez, qui l'appelle son « père ».
Le parti du « Non » au référendum s’est rassemblé pour défendre son droit d’expression mais aussi son droit à la propriété privée. « Moi j’ai travaillé 30 ans, et par exemple, j’ai une propriété qui risque d’être collectivisé. Mais c’est Ma propriété, la seule chose que je possède après 30 ans de travail, » dénonce une autre manifestante.
La manifestation se déroule dans le calme même si la crainte et la méfiance sont présente. « Là bas, ils jettent des bouteilles sur les passants. Ce sont des Chavistes, ils essayent de saboter la manifestation. »
Autour de l’avenue Bolivar, quelques groupes de partisans du président Chavez se sont déployés, inquiets de la forte mobilisation du camp du « Non ». Selon des récents sondages, le doute gagne la population, même les habitants des quartiers pauvres, bastions traditionnels du « chavisme ».