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Vendredi 05 décembre 2008

FRANCE - NIGER

Retour à Paris pour les deux journalistes français

samedi 19 janvier 2008

Après un mois d'incarcération, les journalistes français Thomas Dandois et Pierre Creisson sont arrivés à Paris. Ils restent préoccupé par le sort de leur chauffeur resté en prison. (Récit : H. Papper)

samedi 19 janvier 2008

Les journalistes français Thomas Dandois et Pierre Creisson, libérés sous caution vendredi au Niger après un mois d'incarcération, sont arrivés samedi en début d'après-midi à l'aéroport d'Orly, a constaté une journaliste de l'AFP.
  
Les deux journalistes, fatigués mais visiblement soulagés, ont retrouvé leur famille et leurs comités de soutien venus les accueillir.
  
Lors d'un point presse, leurs premiers mots ont été pour leur chauffeur Al-Hassane Abdourahman, encore détenu au Niger: "on ne le laissera pas derrière nous, on va se battre pour lui", a déclaré Pierre Creisson.
  
Les journalistes ont expliqué que les conditions de leur détention avaient été "plutôt bonnes", précisant n'avoir "jamais été maltraités".
  
"Le plus difficile pour nous, c'était de ne pas avoir d'échéance, ce qui fait que le moral joue le yo-yo", a expliqué Pierre Creisson.
  
"Oui on a douté, oui on a eu peur: quand on vous dit que vous êtes passible de la peine de mort, ça fait froid dans le dos", a-t-il ajouté.
  
Concernant les circonstances de leur arrestation, ils ont estimé que leur téléphone satellitaire avait certainement été sur écoutes depuis le début de leur reportage.
  
En faisant ce reportage, "on savait qu'il y avait une part de risque, que ça allait être compliqué, mais on ne pensait pas que ça prendrait des proportions telles", a commenté Thomas Dandois.
  
Interrogé sur les propos du président de la République Nicolas Sarkozy qui avait critiqué, lors de sa récente conférence de presse à l'Elysée, le manque de prudence des journalistes, il a déclaré: "je ne pense pas que ce soit de l'irresponsabilité de la part d'un journaliste d'aller dans un endroit compliqué. Au contraire, ça fait partie intégrante de notre boulot".
  
Evoquant les raisons de leur libération, Pierre Creisson a souligné que l'audition devant le juge d'instruction avait "beaucoup servi au déblocage", le juge s'étant rendu compte que les deux journalistes n'étaient pas des espions.
  
Il a également souligné l'action du Quai d'Orsay, de Reporters sans frontières (RSF) et de leurs familles, ajoutant: "à un moment, on devenait une épine dans le pied du gouvernement nigérien".
  
Interrogé sur les suites de la procédure judiciaire, Thomas Dandois a expliqué qu'elle "suivait son cours". "Il y a une possibilité qu'il y ait un procès, il y a aussi une possibilité que ça aboutisse à un non-lieu. On attend de voir, on est assez sereins car on a fait notre boulot et que ça", a-t-il commenté.
  
Pierre Creisson s'est déclaré prêt à revenir au Niger dans le cadre de la procédure.
  
Tous deux ont fait part de leur émotion de retrouver leur familles. "Après un reportage, on a toujours hâte de retrouver nos familles et aujourd'hui, ça a a une saveur particulière", a déclaré Pierre Dandois.
  
Creisson et Dandois, qui travaillaient pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte, avaient obtenu une autorisation pour des reportages sur la grippe aviaire au Niger, mais en avaient profité pour en réaliser un autre sur la rébellion touareg du MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice) dans le nord, interdit à la presse depuis août. Inculpés d'"atteinte à la sûreté de l'Etat", ils étaient incarcérés depuis le 21 décembre.
  
En dépit de leur élargissement, l'instruction se poursuivra. L'un de leurs avocats, le français William Bourdon, avait déclaré qu'il comptait demander un non-lieu pour les deux journalistes, théoriquement passibles de la peine de mort au regard du chef d'inculpation.

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