VENEZUELA
Chavez ne renonce pas à sa réforme
jeudi 6 décembre 2007
Hugo Chavez n'est pas resté longtemps beau joueur. Dans un discours, le président vénézuélien a minimisé la "victoire de merde" de ses opposants. Il a fait allusion à la possibilité d'une pétition populaire, pour relancer sa réforme rejetée par référendum.
Par AFP
Ses appels à la concorde à l'issue du scrutin lui avaient valu des messages de soutien, notamment à l'étranger. Mais ils n'ont pas tenu longtemps face au naturel fougeux de l'ancien officier putschiste de 53 ans.
Au lendemain d'un discours rageur, durant lequel il a minimisé la "victoire de merde" de ses opposants, le pays s'interrogeait jeudi sur les intentions du chef de l'Etat, élu depuis 1999 à la tête de ce riche pays pétrolier.
"On a pu croire d'abord qu'il avait opéré un repli stratégique, mais il donne désormais l'impression de vouloir passer en force", estime le politologue Ignacio Avalos, dans un entretien à l'AFP.
Ce professeur à l'Université centrale du Venezuela (UCV), qui a supervisé le scurtin du référendum pour une ONG appelée "Ojo electoral" (oeil électoral), estime que M. Chavez n'en a "visiblement pas tiré les leçons".
Alors que les résultats montrent une certaine désaffection de ses propres partisans dans les quartiers pauvres, cet allié du régime cubain, farouchement hostile aux Etats-Unis, a affirmé que sa "révolution était là pour durer".
Cette déclaration a encore fait rebondir la polémique lancée sur son attitude au soir du référendum. Il avait maintenu un mutisme pendant plusieurs heures, alors que le tribunal électoral retardait la publication des résultats.
Une partie de la presse et de l'opposition l'accuse d'avoir voulu nier sa défaite, avant d'être contraint par les généraux de revenir sur sa décision. Une hypothèse qui laisse entendre des divisions au sein de l'armée.
Les démentis du ministre de la Défense, Gustavo Rangel, qui affirme que "personne n'a fait pression sur le président car il n'est pas impressionable", n'ont guère convaincu.
Dans son éditorial, le quotidien El Universal, qui a fait campagne contre la réforme étendant ses pouvoirs présidentiels, estime que Chavez "continue sa fuite vers l'avant, incapable d'assimiler ce que le pays a voulu lui dire".
Plusieurs témoins ont raconté dans la presse que le président, convaincu de sa victoire, était sonné et furieux après sa défaite, accusant son entourage de l'avoir "trompé" et "menti" sur la situation.
"Au lieu de se reconnecter avec le pays, il persiste. Il n'écoute pas les gens qui l'alerte sur la pénurie d'aliments ou l'insécurité. Comme si c'était un problème mineur pour ses grands desseins", souligne M. Avalos.
Appelant le pays à "s'emparer de son initiative et la modifier afin de faciliter sa compréhension", le président vénézuélien a fait implicitement allusion à une pétition populaire pour remettre en selle sa réforme.
Le loi stipule en effet qu'une réforme constitutionnelle doit être mise à l'étude, si une pétition en ce sens recueille au moins 15% de l'électorat, soit 2,4 millions de personnes.
Disposant jusqu'à la mi-2008 des pleins pouvoirs, octroyés par le parlement, M. Chavez pourrait aussi convoquer un scrutin, en vue d'élire une assemblée constituante, chargée d'établir une nouvelle Constitution.
"Son problème, c'est qu'il ne prend pas le temps de réfléchir. C'est une machine de travail qui dort peu, s'alimente mal, fume et boit beaucoup de café", confie à l'AFP, sous couvert d'anonymat, le proche d'un ex-ministre.
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