ETATS-UNIS - VIETNAM
Le mémorial du Vietnam a 25 ans
jeudi 8 novembre 2007
Des centaines de personnes se sont rassemblées pour quatre jours de cérémonies pour le 25e anniversaire du mémorial aux victimes de la guerre du Vietnam, monument le plus visité de Washington.
jeudi 8 novembre 2007
Par AFP
Ecoliers, anciens combattants et touristes ont patiemment attendu leur tour pour énoncer les noms des 58.000 soldats morts ou disparus inscrits sur le mur de granit noir poli érigé sur le "Mall", la grande esplanade de Washington de part et d'autre de laquelle sont érigés monuments commémoratifs (Vietnam, Seconde Guerre mondiale, Corée, monuments à Lincoln ou Jefferson) et musées.
Barbara Brumet a dit le nom de son père, Robert Brumet, dans un sanglot. "Mon père a été l'une des premières victimes de la guerre du Vietnam. Il a été tué en 1964. J'avais six ans et la guerre s'est terminée en 1975. Cela a marqué toute mon enfance", dit-elle.
"Je ressentais qu'il y avait comme une honte à être l'enfant d'une victime du Vietnam. On apprenait à ne pas en parler car en ce temps-là, les gens pouvaient dire des choses comme +ton père est mort pour rien+ et je n'avais vraiment pas besoin d'entendre ça", raconte-t-elle.
"Quand vous mouriez au Vietnam, c'était quelque chose d'horrible, et en dehors de l'enterrement privé, personne ne se souvenait de vous", raconte l'ancien combattant au Vietnam Jan Scruggs, en faisant allusion à l'impopularité d'un conflit dans lequel les Américains s'étaient enlisés.
Jan Scruggs, 57 ans, a été de ceux appelant en 1977 à la construction d'un mémorial pour contrebalancer l'accueil frileux réservé par le public aux soldats revenus au pays.
Pour lui, "ce mémorial est un symbole tangible pour montrer que les anciens combattants du Vietnam ont été honorés, et que ceux qui sont morts ont eu le dernier mot en ayant leur nom inscrit sur le Mall".
"Je m'étais engagé dans l'armée lorsque j'avais 18 ans parce que mes parents étaient pauvres et que l'armée allait payer pour mes études", souligne-t-il, un schéma encore très présent aujourd'hui.
Mike Coltran, originaire d'Arizona, a été envoyé au Vietnam de 1967 à 1968. Il y a perdu un oncle, un cousin et plusieurs amis.
"Pour ceux qui sont revenus, il n'y avait pas de parade. Au lieu de cela, il y avait des manifestations contre la guerre", se rappelle-t-il.
Le mémorial, érigé en 1982, a été dessiné par une étudiante de Yale de 21 ans, Maya Ying Lin, sélectionnée parmi 1.400 projets architecturaux.
Parfois simplement appelé "le mur", le monument avec ses quatre millions de visiteurs par an est le plus visité de la capitale fédérale.
De nombreuses personnes laissent des souvenirs au pied du mémorial.
Plus de 100.000 objets ont ainsi été déposés au pied de la paroi de granit: des médailles militaires, des chaussures portées par une jeune fille lors d'une soirée avec son petit ami mort ensuite au champ de bataille, la photographie d'une enfant vietnamienne dont le père a été tué par un GI.
Le mémorial a "changé la façon dont nous accueillons les soldats à leur retour au milieu d'une guerre controversée, parce qu'il aide à faire la distinction entre la guerre et les combattants", assure l'ancien soldat.
"Ceux qui reviennent d'Irak et d'Afghanistan sont accueillis avec beaucoup d'enthousiasme, même par les gens opposés à la guerre", poursuit-il.
L'ancien combattant Mike Coltran aquiesce. "Je soutiens les gars. J'aimerais juste qu'ils ne soient pas là-bas. Je ne veux pas qu'ils aient à venir devant un mur comme celui-là", confie-t-il.
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