ALLEMAGNE
La coalition divisée sur le salaire minimum
vendredi 18 janvier 2008
Les sociaux-démocrates allemands demandent la mise en place d'un salaire minimum de 7,50 € par heure. Mais la chancelière Angela Merkel s'y oppose, et estime que cela détruirait des emplois.
Les députés allemands débattent d'une limitation des salaires de patrons
Par AFP
Les députés allemands ont vivement discuté jeudi d'une limitation des salaires des grands patrons, au centre d'une polémique depuis plusieurs semaines dans un pays où la question des salaires occupe le devant de la scène.
A l'origine du débat, le groupe parlementaire "La Gauche", composé des communistes et d'anciens sociaux-démocrates en rupture de ban, a en effet déposé une proposition de loi visant notamment à limiter les déductions fiscales pour les indemnités de départs des patrons et à imposer entre 45 et 65% leurs revenus.
Elle n'avait aucune chance d'être adoptée en l'état mais une majorité de députés pourraient se mettre d'accord sur un renforcement du pouvoir des actionnaires ou sur certaines dispositions fiscales jugées trop favorables.
L'écart entre les plus riches et les plus pauvres "est devenu une menace sérieuse des principes moraux de notre société", estiment ainsi les Verts. "On ne doit pas en rester à un appel à la morale des patrons. (...) La politique peut contribuer à la justice sociale grâce à la fiscalité", ont-ils ajouté.
Il y a plusieurs semaines, l'annonce d'indemnités de départ versées à plusieurs patrons pourtant condamnés pour leur mauvaise gestion a relancé la polémique, récurrente en Allemagne, sur les émoluments des dirigeants.
Si la chancelière conservatrice Angela Merkel avait refusé de limiter par la loi leurs salaires, elle s'était offusquée publiquement de certains "parachutes dorés".
Jeudi, sur le site internet du quotidien économique Handelsblatt, le patron du groupe pharmaceutique suisse Novartis Daniel Vasella a aussitôt réagi, condamnant l'intrusion du politique dans les affaires économiques.
"Fixer un salaire est réglé par un contrat entre deux personnes privées", a expliqué M. Vasella, un des dirigeants suisses les mieux payés selon le journal.
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