VOILE
Francis Joyon s'offre un tour du monde en solitaire
dimanche 20 janvier 2008
Le navigateur Francis Joyon a franchi dimanche à Brest la ligne d'arrivée de son tour du monde à la voile en solitaire, après 57 jours, temps record amélioré de plus de 14 jours.
dimanche 20 janvier 2008
Par Reuters
Au fil de ses vacations, le skipper d'IDEC n'a cessé de vanter les mérites de son trimaran rouge sans vouloir reconnaître qu'il avait pratiquement accompli à lui seul le travail d'un équipage de douze hommes.
Jamais ce modèle d'humilité ne s'est mis en avant. Aujourd'hui, le solitaire valide même son exploit "comme une obligation morale vis-à-vis de tous ceux qui m'ont soutenus".
Quotidiennement, il a semblé littéralement épaté par les allures de son bolide capable d'avaler 500 milles "voire plus" en une journée.
"Le multicoque possède une capacité extraordinaire, fantastique même s'il demande une surveillance de tous les instants. Franchement, je n'osais pas rêver à un tel record."
En partant avec la barre des 71 jours de l'Anglaise Ellen MacArthur à franchir, le Normand ambitionnait "au moins le battre d'une journée". Il l'atomise de 14 jours.
Sur cette tentative, Francis Joyon touchait en six jours l'Equateur, en 35 jours le Cap Horn et n'ouvrait pas sa boîte à outils dans les 40 premiers jours avant d'avoir sa première grave avarie en haut de son mât au 49e jour.
"Raisonnablement, si on pointe en 35 jours au Cap Horn, avec une météo sympa, sans avarie et un bateau tout le temps à 95-100% de ses capacités, on peut imaginer faire ce tour du monde en 50 jours", résume le navigateur. "Mais je ne serai pas celui qui le tentera. Désormais, je vais m'occuper de ma femme et de mes enfants."
Pour la petite histoire, Bruno Peyron détient le trophée Jules-Verne, record du monde en équipage, en 50 jours et 16 heures depuis mars 2005.
Comme Tabarly
Né à Hanches en Eure-et-Loire, Joyon est tombé amoureux de la Bretagne en en faisant le tour à vélo.
"Après avoir fait l'Ardèche et le Massif Central à vélo, j'ai enfin découvert la mer à l'adolescence. A l'époque, je n'avais qu'une approche intellectuelle de la mer, à travers la lecture de grands récits de voyage notamment de Moitessier."
Avec son vélo, il échoue au centre nautique des Glénans, s'y fait embaucher "comme matérialiste, responsable de petit matériel" puis devient moniteur bénévole avant de fabriquer des coques de ses propres mains.
Aux côtés du Normand Paul Vatine, disparu en course en 1999, il apprend vite le métier jusqu'à enlever la redoutable et mythique Transat anglaise en 2000.
Aujourd'hui, il est ancré à Locmariaquer dans le Morbihan et ses trois coques rouges dodelinent fièrement à la Trinité-sur-Mer, considérée comme La Mecque de la voile.
Monstre de discrétion, ce marin à l'allure de menhir est réputé "pas très bavard mais pas vraiment sauvage non plus", se rapprochant à l'évidence d'une légende nommée Eric Tabarly.
Cette fois encore, ce cinquantenaire était certes "à la recherche de l'harmonie avec la nature" mais courait aussi "après ce défi du gamin se demandant ce qu'il est vraiment capable de faire. Chacun marche avec ses rêves".
Pour le coup, Francis Joyon n'a pas marché après son rêve, mais sprinté sur un marathon de 26.000 milles soit 50.000 kilomètres répartis sur trois océans.
Avant même de remettre un pied sur terre, Francis Joyon lance déjà un SOS pour la banquise et pour la planète.
"L'état de la banquise est inquiétant. D'évidence, elle se disloque de plus en plus. J'ai croisé des icebergs beaucoup plus au nord qu'il y a quatre ans. On sent bien que tout l'équilibre météorologique est compromis", explique-t-il.
"Mon temps sur ce tour du monde signifie aussi que la planète n'est pas si grande que cela, que notre espace naturel n'est pas illimité. Nous aurions grand intérêt à nous en préoccuper davantage, à le respecter."
[1] réaction :
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dimanche 20 janvier 2008
Bravo
Par Guillard
Françis,un grand jour,une grande date pour un grand homme.Avec respect.De l'Aber-Wrach.Amicalement.
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