SOCIETE GENERALE
Un "homme seul" auteur de la fraude de 4,9 Mds d'euros
jeudi 24 janvier 2008
La Société Générale affirme que la fraude de 4,9 milliards d'euros, dont elle est victime, provient d'un "homme seul ". Elle subit aussi une perte de 2 milliards liée aux "subprime". (Récit : B. Fallevoz)
jeudi 24 janvier 2008
Par Reuters
a provoqué la stupeur jeudi en révélant avoir été victime d'une
fraude d'un de ses traders portant sur 4,9 milliards d'euros,
qui impactera sévèrement des comptes 2007 déjà mis à mal par de
nouvelles dépréciations liées à la crise du crédit.
La banque, numéro 2 en France par la capitalisation
boursière, dont l'action était malmenée par plusieurs rumeurs
depuis deux semaines, a dévoilé dans le même temps un projet
d'augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros pour
consolider ses fonds propres.
Après avoir été différé d'ouverture jusqu'à midi, le titre
lâche 3,5% à 76,29 euros à la Bourse de Paris vers 13h15 alors
que le CAC rebondit de 4,8%. L'action accuse une baisse de 24%
depuis le début de l'année et a perdu plus de la moitié de sa
valeur depuis son plus haut touché le 20 avril 2007 à 162,79
euros.
La SocGen ne prévoit plus qu'un bénéfice net compris entre
600 et 800 millions en 2007, un montant qui inclut l'impact de
la fraude mais aussi de nouvelles dépréciations d'actifs de 2,05
milliards d'euros liées à son exposition, via des CDO (crédits
structurés), au secteur immobilier et aux rehausseurs de crédits
américains.
Si ces dernières dépréciations étaient attendues, le choc
est venu de la fraude record annoncée par la banque, qui
inquiète d'autant plus qu'elle est intervenue dans des
activités, les dérivés actions, dont la Société générale est le
numéro un mondial incontesté et qui nécessite une architecture
sophistiquée de contrôle des risques.
"Cela ressemble au scénario du trader de Calyon l'an passé",
écrivent les analystes de HSBC dans une note, évoquant la perte
de trading de 350 millions d'euros annoncée au troisième
trimestre par la filiale de Crédit agricole, ajoutant : "Le
sentiment du marché sur le contrôle des risques dans les banques
françaises est une nouvelle fois touché et cela ne fera que
renforcer les craintes des investisseurs pour le secteur
bancaire".
STUPEUR DANS LES SALLES DE MARCHE
L'identité du trader n'a pas été révélée et le PDG de la
SocGen, Daniel Bouton, a dit ignorer où il se trouvait, ajoutant
que des poursuites judiciaires seraient engagées.
Il s'agit, selon la Société générale, d'un trader en charge
d'activités de couverture sur des contrats à terme (futures) sur
indices boursiers européens "qui a pris des positions
directionnelles courant 2007 et début 2008 allant bien au delà
des limites faibles qui lui avaient été attribuées".
"Sa connaissance approfondie des procédures de contrôle,
acquise lors de ses précédentes fonctions au sein du
middle-office du groupe, lui a permis de dissimuler ses
positions grâce à un montage élaboré de transactions fictives",
a-t-elle ajouté.
"L'employé, qui a reconnu les faits, a été relevé de ses
fonctions et une procédure de licenciement a été engagée. En
outre, les responsables de sa supervision quitteront le groupe",
a-t-elle encore dit.
Dans les salles de marché, nombre de traders se disent
éberlués par l'ampleur de la fraude, certains se montrant
sceptiques sur la possibilité qu'un trader isolé puisse avoir
pris des positions aussi importantes.
"Une perte pareille, ça peut représenter plusieurs dizaines
de milliards d'euros de positions", commente un responsable
dérivés actions d'une banque américaine.
Le PDG de la SocGen, tout comme le responsable de la banque
de financement et d'investissement, Jean-Pierre Mustie, ont
proposé leur démission au conseil d'administration, qui les a
refusées. Daniel Bouton a ensuite annoncé, lors d'une conférence
de presse, qu'il renonçait à tout salaire jusqu'en juin 2008,
tout comme son numéro deux, Philippe Citerne.
BNP PARIBAS REAGIT
Le numéro un de la banque en France, BNP Paribas <BNPP.PA>,
a immédiatement réagi pour rassurer, indiquant que le processus
d'arrêté de ses comptes 2007 se déroulait de manière
satisfaisante et n'avait révélé "aucune perte ni aucun élément
dont l'importance justifierait un avertissement particulier au
marché". La grande concurrente de la Société générale a décidé
d'avancer à la semaine prochaine la publication de ses comptes,
prévue à l'origine le 20 février.
La Banque de France a estimé que la situation financière de
la banque n'appelait aucun commentaire particulier de sa part,
tandis que le Premier ministre François Fillon a dit suivre la
situation "avec une grande attention".
Le gouverneur de la BdF, Christian Noyer, avait indiqué la
semaine passée que les banques françaises étaient encore dans
une phase de dépréciation de leurs actifs liées à la crise des
marchés du crédit mais qu'il n'anticipait pas de "chocs
importants.
Il avait ajouté qu'il était "raisonnablement confiant"
qu'elles traverseraient les turbulences "sans trouble majeur".
Intervenant au cours d'une conférence téléphonique avec des
analystes, Daniel Bouton a déclaré qu'il n'entendait pas
modifier la stratégie de la banque.
A l'exception des activités de banque de financement et
d'investissement, qui seront en perte d'environ 2,3 milliards
d'euros sur 2007, les autres pôles devraient dégager une bonne
performance.
La croissance sous-jacente des revenus des réseaux France
est attendue autour de 4,7%, soit plus que prévu en début
d'année, la contribution des réseaux étrangers devrait
progresser de 40%, celle de la banque privée de 35% et celle des
services financiers de 14%. Seule la gestion d'actifs, impactée
par des sorties des fonds monétaires après la crise de l'été,
devrait afficher un bénéfice net en retrait.
La banque a indiqué qu'elle bénéficiait, pour son
augmentation de capital, d'engagements de souscription d'un
syndicat bancaire dirigé par JP Morgan et Morgan Stanley.
L'assureur Groupama, qui détient 3,5% du capital,
a fait savoir qu'il soutenait l'opération et se réservait le
droit d'augmenter sa participation.
La banque n'a pas renoncé à verser un dividende au titre de
2007, qui représentera l'équivalent de 45% d'un bénéfice net
cependant fortement diminué.
L'augmentation de capital permettra de porter le ratio Tier
1 (en normes de solvabilité Bâle 1) à 8%, même après prise en
compte de la prise de contrôle récente de la banque russe
Rosbank.
Fitch Ratings a abaissé de "AA" à "AA-" la note à long terme
de la banque, estimant que, si la fraude est intervenue dans des
circonstances bien spécifiques, son ampleur "soulève des
questions sur l'efficacité des systèmes de la banque et créer un
risque de réputation pour le groupe".
Pour sa part, S&P a placé la note à long terme sous
surveillance avec implication négative.
[3] réactions :
-
jeudi 24 janvier 2008
Bravo la SG
Par madhein
On veut nous faire croire qu'un seul escroc aurait détourné des millards d'euros!
Foutaise !cette banque a depuis très longtemps des pratiques opaques.
Il est trop facile de rejeter la faute sur un seul individu,ainsi cette banque écarte toute responsabilité dans ce détournement et vous les petits porteurs et autres ;un conseil:retirez vos billes et faites vite.... -
jeudi 24 janvier 2008
4.9mds€
Par sev
Un homme seul? c'est du baratin! comme si qu'un seul courtier aurait la faculté de gérer 4.9mds c'est tout un système qui s'est effondré! et bien fait!! ce système c'est la spéculation!! La spéculation sur le dos de pauvres gens qui ont épargné toute leur vie!!
-
jeudi 24 janvier 2008
Arnaque
Par Boutrois
C'est malheureux a ce jour que des banques comme la société générale se fasse avoir par leur propre courtier.Alors nous les petits épargnant pourquoi faire confiance si ont place de l'argent et à cause de type comme ça ,on se retrouve ruiné en moins de deux.
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