RECHERCHE
Possible remède à l’état de conscience minimale
mercredi 1 août 2007
Un patient resté pendant six ans dans un "état de conscience minimale", est redevenu capable de parler grâce à une expérience de stimulation électrique du cerveau.
mercredi 1 août 2007
Par AFP
Si un tel résultat pouvait être reproduit sur d'autres patients, "ce succès ouvrirait une nouvelle ère pour le traitement de patients en état de conscience minimale", a souligné dans un communiqué le Dr Josef Fins (Weil Cornell Medical College, New York), un des co-auteurs de l'étude paraissant dans la revue scientifique britannique Nature.
Un patient dans un état de conscience minimale, à ne pas confondre avec le coma ou un état végétatif persistant, peut montrer des signes occasionnels de réveil ou de "comportement organisé", mais il subsiste néanmoins "un profond déficit de conscience", précisent des experts dans Nature.
Avant le recours à la stimulation cérébrale profonde, les capacités de communication du patient se limitaient "à de légers mouvements de l'oeil ou du doigt, maintenant, il se sert régulièrement de mots, de gestes et répond rapidement aux questions", a précisé le Dr Joseph Giacino (JFK Johnson Rehabilitation Institute, Edison, Etats-Unis).
Ce patient, dont la famille souhaite préserver l'anonymat, est aussi capable "de mâcher, d'avaler sa nourriture et n'a plus besoin d'une alimentation artificielle", a ajouté le Dr Giacino dans un communiqué.
Déjà utilisée notamment pour la maladie de Parkinson, la stimulation cérébrale profonde consiste à implanter des électrodes dans une zone précise du cerveau en les connectant à des batteries insérées dans la poitrine comme pour un stimulateur cardiaque.
Dans le cas du patient en état de conscience minimale, l'implantation des électrodes, réalisée six ans et demi après le traumatisme cérébral, visait à stimuler par des impulsions électriques une zone du cerveau (thalamus) qui jouerait un rôle clé pour ajuster l'activité du cerveau. "Notre théorie était que les impulsions électriques visant cette zone contribueraient à amplifier le faible niveau d'activité existant", précise le Dr Giacino.
Le patient a été soumis pendant six mois à une alternance de périodes où la stimulation cérébrale fonctionnait ou était interrompue, l'expérience s'effectuant en "double-aveugle": malade et médecin ignoraient quelle phase était en cours.
L'amélioration des capacités du patient à se nourrir et à communiquer "était fortement liée" aux périodes de stimulation cérébrale, selon le Dr Nicholas Schiff, principal auteur de l'étude. Les acquis semblaient se maintenir durant les phases d'interruption, ce qu'il juge "encore plus encourageant", mais les chercheurs ne savent pas si l'état du patient va continuer à s'améliorer.
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