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Jeudi 09 juillet 2009

ETATS-UNIS - GUANTANAMO

Un manuel de Guantanamo circule sur Internet

vendredi 16 novembre 2007

Un manuel décrivant les procédures à suivre par les soldats américains basés à Guantanamo pour encadrer les prisonniers, a été posté sur le site www.wikileaks.org.

vendredi 16 novembre 2007

Un manuel (http://www.wikileaks.org/wiki/Gitmo-sop.pdf) décrivant les procédures à respecter par les soldats américains basés à Guantanamo a été posté il y a quelques jours sur le site www.wikileaks.org. Il apporte des informations inédites sur les conditions de détention des prisonniers. Mais comment un tel document a-t-il pu atterrir sur le Web ?
 
Ce manuel de 238 pages, daté du 27 mars 2003 et intitulé « procédures standard de fonctionnement pour le camp Delta », est signé par le général Geoffrey Miller, qui était alors le responsable du camp où sont emprisonnés près 300 personnes suspectées de terrorisme. Le lieutenant colonel Ed Bush, porte-parole du centre de détention de Guantanamo, a confirmé l’authenticité du document.
 
Ce manuel révèle notamment que les prisonniers nouvellement arrivés étaient placés en quasi-isolement les deux premières semaines, afin de « renforcer et d’exploiter la désorientation et les perturbations ressenties (…) durant les interrogatoires ». Il donne également des indications sur la meilleure façon d’utiliser les aérosols de défense (Pepper sprays) contre les détenus trop agités, conseillant de « viser les yeux, le nez et la bouche ».
 
Le document, qui n’était pas censé être communiqué au public, a été dévoilé par Wikileaks, un site permettant aux internautes de « fuiter » des informations de manière anonyme. Les sources du site, lancé en janvier 2007, restent un mystère. Les responsables du projet ont largement communiqué, mais ils refusent de révéler leur véritable identité. Un certain « Julian Assange » se présente comme l’un des éditeurs du site, mais il est peu loquace. Il se contente d’expliquer que Wikileaks s’appuie sur une « équipe internationale » qui aurait déjà publié plus d’un million de documents provenant de dissidents et de sources anonymes. Julian change de numéro de téléphone régulièrement, brouille les pistes en utilisant d’innombrables adresses e-mail et communique par Skype, dont le trafic est crypté.
 
En l’absence d’éditeur identifiable, quel crédit apporter aux informations publiées par ce site ? Julian Assange affirme que, à l’instar de Wikimedia, les contenus doivent être vérifiés par les lecteurs. Il semble pourtant difficile de comprendre comment un document classé secret, donc que très peu de gens ont eu entre les mains, pourrait être inspecté efficacement par les internautes. Dans le cas du manuel de Guantanamo, c’est un média traditionnel, en l’occurrence l’agence de presse Reuters, qui a vérifié l’authenticité du document.
 
Wikileaks - et ses  mystérieux éditeurs - semble en passe de réussir son pari : devenir une plaque tournante pour la publication d’informations confidentielles. Mais c’est également une publication à consulter avec discernement, car elle peut servir de caisse de résonance à des rumeurs et de fausses informations. 

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