liban israel jordanie irak turquie

Position dans la partie :
tensions politiques et affrontements

Occupé militairement (de 1976 à 2005) par la Syrie, le pays du Cèdre a adopté une politique de "dissociation" de la crise qui secoue son puissant voisin, pour qu’elle ne déborde pas au Liban. Et pourtant, des affrontements armés entre partisans de Bachar al-Assad et de la rébellion syrienne ont eu lieu dans le nord du pays. Une région qui accueille plus de 30 000 réfugiés syriens et qui sert de base arrière aux rebelles.

Mouvements redoutés :
intervention militaire de l’armée syrienne

Damas accuse des "terroristes" de s'infiltrer à partir du Liban et des mouvements politiques libanais d'introduire en contrebande des armes à la rébellion. Des accusations qui font craindre un retour de l’armée syrienne au Liban, sous prétexte de chasser les rebelles. Les deux pays se sont récemment accusés l’un l’autre de violations de leur frontière.

Échec / Armageddon :
coup d’État du Hezbollah et guerre civile

S’il perd son allié syrien en la personne de Bachar al-Assad, le Hezbollah chiite pourrait être tenté de mener un coup d’État pour empêcher une alliance entre un nouveau pouvoir dominé par les sunnites en Syrie et l’opposition anti-Assad au Liban. Au risque de déclencher une nouvelle guerre civile au Liban entre les forces pro-syriennes et anti-syriennes.

Position dans la partie :
statu quo militaire

La situation à la frontière entre les deux pays (officiellement en état de guerre) est calme. Toutefois, des unités de l’armée israélienne, déployées dans le nord aux frontières avec le Liban et la Syrie ont récemment été renforcées.

Mouvements redoutés :
la question du Golan. Un pouvoir islamiste en Syrie

Tel-Aviv craint que le plateau du Golan, occupé par Israël depuis la Guerre des Six Jours de 1967, puis annexé en 1981, devienne le théâtre d'opérations anti-israéliennes. L’État hébreu redoute la chute du régime laïc de Bachar al-Assad, qui a toujours garanti un calme relatif sur la frontière avec Israël, au profit d’un pouvoir islamiste plus agressif à son égard.

Échec / Armageddon :
armes chimiques et Hezbollah

Pour le gouvernement israélien, le pire des scenarii post-Assad, serait que l'arsenal d'armes chimiques de la Syrie tombe dans les mains de mouvements islamistes liés à Al-Qaïda à la faveur d’un chaos généralisé, voire entre celles du Hezbollah, mouvement politico-militaire libanais pro-iranien, ennemi déclaré des Israéliens.

Position dans la partie :
terre d’accueil pour les réfugiés et les déserteurs

Le royaume hachémite affirme accueillir plus de 140.000 réfugiés syriens, dont 36.000 officiellement enregistrés auprès des Nations unies. Amman est également le refuge de plusieurs centaines de déserteurs de l’armée syrienne. Des incidents militaires ont eu lieu au cours des derniers jours à la frontière entre la Syrie et la Jordanie.

Mouvements redoutés :
campagne punitive et arsenal chimique

Selon les experts, Amman redoute plus que tout l’infiltration d’agents syriens sur son territoire, à la faveur des flots de réfugiés. Ces derniers seraient chargés d’y créer des troubles en représailles à l’alignement de la politique du pays sur celle des Etats-Unis et de la Turquie. La Jordanie s’inquiète également du sort des armes chimiques et biologiques syriennes.

Échec / Armageddon :
instabilité durable et crise humanitaire

Le royaume pourrait souffrir de l’instabilité durable dans la région en cas de guerre civile post-Assad et d’une crise humanitaire en Syrie qui provoquerait un afflux massif de réfugiés, dans un pays qui peine à gérer le fardeau financier et logistique qu'impliquent les réfugiés syriens déjà présents sur son territoire.

Position dans la partie :
la caution arabe du régime syrien

L’Irak, membre du croissant chiite de l’axe Damas-Téhéran, est l’unique pays arabe qui continue de soutenir Bachar al-Assad. Sa frontière avec la Syrie est un enjeu crucial, des djihadistes l’ayant franchie pour aller combattre les troupes syriennes, d’après plusieurs experts. Selon l’ONU, plus de 22.000 Irakiens résidant en Syrie ont fui les violences et sont rentrés dans leur pays d'origine ces dernières trois semaines.

Mouvements redoutés :
tensions sunnites-chiites

Exacerbation de tensions religieuses entre sunnites et chiites sur fond de crise syrienne et instabilité à la frontière qui pourrait profiter aux djihadistes islamistes, déjà en guerre ouverte contre Bagdad.

Échec / Armageddon :
pouvoir sunnite hostile

L’après-Assad pourrait déboucher sur une jonction entre les zones kurdes des deux pays (au nord), sachant que le "Kurdistan" irakien est déjà quasi-indépendant. Autre crainte : une montée en puissance des Frères musulmans syriens et l’installation à Damas d’un pouvoir sunnite hostile au pouvoir du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki.

Position dans la partie :
le sanctuaire de la rébellion syrienne

La Turquie, dont la frontière avec la Syrie s'étend sur 900 km, joue un rôle majeur dans l'aide à l’Armée syrienne libre (ASL) dont le commandement se trouve sur son territoire. Le pays accueille près de 50 000 réfugiés syriens dans ses régions frontalières, où les déserteurs de l'armée syrienne sont également basés. Le gouvernement turc n’a de cesse de réclamer le départ de son ancien allié, le président Bachar al-Assad.

Mouvements redoutés :
afflux de réfugiés et campagne de représailles

Ankara s'inquiète d'un risque d'afflux massif de réfugiés syriens en provenance d'Alep, deuxième ville de Syrie, où l’armée régulière tente de déloger les forces rebelles. Elle craint également une campagne de représailles des services syriens contre des intérêts turcs.

Échec / Armageddon :
partition de la Syrie et "Kurdistan" syrien

La question kurde donne des sueurs froides aux autorités turques, qui redoutent une partition de la Syrie et la création d’un territoire kurde autonome dans le nord, doublée d’un déploiement du PKK turc à la frontière. Une ligne rouge pour Ankara.