La grande scène du festival, les projecteurs, les guembris électrifiés et les costumes flambant neufs peuvent faire oublier que la musique gnaoui a longtemps été celle du pauvre. Les plus âgés se souviennent encore du temps où les gnaouas devaient mendier dans la rue pour réunir assez d'argent pour organiser une « lila » dans les lieux de réunion de la confrérie, la « zaouia ». Ces nuits de transe n'étaient pas ouvertes aux étrangers. Aujourd'hui, pendant les soirs du festival, des caméras sont tolérées uniquement quelques minutes dans les zaouias. Nous avons poussé la porte d'un de ces lieux, dans la médina d'Essaouira.