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La BCE va-t-elle encore voler au secours des économies européennes ?

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Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) se réunit ce jeudi 4 juin par visio-conférence pour discuter de la politique monétaire de l’institution de Francfort. Décryptage de Christophe Dansette.

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Un certain nombre de gouverneurs qui participent à la réunion de la Banque centrale européenne ce jeudi plaident pour nouveau un geste fort de plusieurs centaines de milliards d’euros, qui s’ajouteraient à plus de 1000 milliards d’euros déjà injectés dans l’économie depuis le début de cette crise du coronavirus. Christine Lagarde, présidente de l’institution bancaire, avait d'ailleurs assuré au début de la crise qu’à "période exceptionnelle, réponse exceptionnelle". Autrement dit, qu'elle serait prête à tout pour sauver l’économie de la zone euro.

Concrètement, l’argent de la BCE sert d’abord à racheter les dettes de certains Etats, en particulier celles de l’Italie en ce moment. Ces Etats qui peuvent emprunter à des taux très intéressants, tout comme les banques qui, elles aussi, profitent de taux d’intérêt souvent en dessous de 0% - qui néanmoins augmentent assez rapidement si ces établissements financiers  ne prêtent pas derrière à l’économie réelle, c’est-à-dire aux particuliers et aux entreprises. A regarder les chiffres, cette politique fonctionne : en avril, les prêts aux particuliers ont augmenté de 3%, ceux aux entreprises de 6,6%. Les banques sont ainsi vraiment incitées à prêter l’argent.

La BCE, "pompier pyromane" ?

Pourtant, les critiques ne manquent pas. La BCE est notamment accusée de financer des entreprises polluantes. Un collectif d’ONG vient par exemple de lancer une pétition, qui a déjà recueillie près de 110 000 signatures, pour demander à l'institution de cesser de financer de telles entreprises. Une étude de l’association Reclaim Finance révèle aussi que l’institution de Francfort rachète les obligations d’un grand nombre d’entreprises exposées aux énergies fossiles, les entreprises pétrolières en particulier. On est là très loin du Green Deal européen, défendu par la Commission européenne. Selon l’organisation Sum of Us, qui fait partie des signataires, "la BCE joue au pompier pyromane". Mais il ne faut pas oublier que la BCEest indépendante de la politique des dirigeants de Bruxelles.

Si l’investissement vert ne fait, pour l'heure, pas partie de sa stratégie de politique monétaire, cela pourrait changer prochainement. Une source à Francfort souffle à France 24 que cette stratégie de politique monétaire, qui n’a pas été revue depuis 2003 pourrait être révisée pour inclure des objectifs liés à l’environnement.

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