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Des défis économiques "jamais connus depuis des décennies", selon Merkel

L'Allemagne prend la présidence de l'UE pour 6 mois dans un contexte inédit et alors que la crise économique ne fait que commencer.
L'Allemagne prend la présidence de l'UE pour 6 mois dans un contexte inédit et alors que la crise économique ne fait que commencer. © Reuters

L’Allemagne prend ce mercredi la présidence tournante de l’Union européenne pour six mois. Entre plan de relance, budget pluriannuel, Brexit ou encore relations commerciales avec la Chine et les Etats-Unis, rarement le semestre qui s’annonce n'aura été aussi chargé et important pour l’Union européenne.

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La présidence allemande de l'Union européenne commence en pleine épidémie de Covid-19 et alors que la crise économique ne fait que commencer. Angela Merkel parlait lundi, aux côtés d'Emmanuel Macron au Château de Meseberg de "défis économiques que nous n’avons jamais connus depuis des décennies". La Commission européenne prévoit un déficit de 7,75% en 2020 pour l’Union européenne. La Banque centrale européenne table même sur 8,7% de baisse de croissance cette année pour la zone euro.

Evidemment cela va se traduire par des millions de suppressions d’emplois en Europe. Dans un rapport, publié mardi, l'Organisation internationale du travail juge que les dégâts sont déjà pires que prévus, avec l'équivalent de 45 millions de postes perdus. S'il faut relativiser ce chiffre, parce qu'il ne prend pas en compte les dispositifs de chômage partiel mis en place dans un grande nombre de pays européens, dont la France, l'Allemagne ou encore l'Italie, les plans de réductions des effectifs se multiplient dans les grands groupes. Renault, Sanofi, Lufthansa ont déjà annoncé les leurs. Air France s'apprête à détailler le sien vendredi. Il pourrait concerner jusqu'à 8000 emplois. Airbus vient d'annoncer la suppression de15 000 emplois dans le monde, dont 5000 en France, 5100 en Allemagne et 900 en Espagne. 

Face à cette situation, la présidence allemande devra d'abord s'assurer d'une bonne relance de l'économie européenne. Ce sera son premier défi. Il passera par la mise en place du plan ambitieux de 750 milliards d'euros, qui comprend notamment une mutualisation des dettes. Mais certains pays dits "frugaux" - les Pays-Bas, le Luxembourg, le Danemark et la Suède - restent réticents. Angela Merkel devra les convaincre afin d'entériner ce plan lors du prochain sommet des chefs d'Etats, les 17 et 18 juillet prochain. 

Plus généralement, l'Allemagne devra le budget pluriannuel de la période 2021-2027. Les pays membres avaient échoué au mois de février à se mettre d’accord. Le problème c’est qu’avec la sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni, il y a un trou de 10 milliards d’euros par an qu’il faut combler tout en mettant en œuvre de nouvelles politiques ambitieuses, que ce soit dans le domaine de l’innovation, de la défense et puis bien sûr de l’environnement, avec le fameux "green deal", ce pacte vert dont la Commission veut faire la pierre angulaire de son mandat.

Si on ajoute les négociations sur le futur accord de libre échange avec le Royaume Uni pour sceller le Brexit qui doivent aboutir avant le 31 décembre ou encore les relations commerciales avec les Etats-Unis et surtout la Chine, on comprend que cette présidence allemande ne sera pas de tout repos, bien au contraire, et qu'Angela Merkel devra user de ses talents de fine négociatrice pour que ces six mois soient teintés de succès. 

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