La Chine lance une enquête sur Alibaba, ses actions dévissent

Le groupe Alibaba est dans le viseur du régime chinois, en cette fin d'année 2020, pour "suspicion de pratiques monopolistiques".
Le groupe Alibaba est dans le viseur du régime chinois, en cette fin d'année 2020, pour "suspicion de pratiques monopolistiques". © Ye Aung Thu, AFP
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La Chine met de plus en plus la pression sur Alibaba : moins de deux mois après que Pékin eut annulé à la dernière minute l'introduction en Bourse de sa filiale Ant Group, une enquête vient d'être ouverte contre la maison-mère pour "suspicion de pratiques monopolistiques".

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Coup de tonnerre dans le monde des affaires en Chine : Alibaba, symbole de la réussite du pays dans l'économie numérique, est dans le collimateur du régime communiste pour "suspicion de pratiques monopolistiques".

L'annonce de l'ouverture d'une enquête par l'Administration d'État pour la régulation des marchés contre le groupe fondé par le charismatique Jack Ma a provoqué un plongeon des actions du champion du commerce en ligne, qui perdaient plus de 8 % en fin de matinée à la Bourse de Hong Kong.

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"Il y a manifestement une escalade des efforts coordonnés visant à entraver l'empire de Jack Ma, qui symbolisait les nouvelles entités chinoises trop grosses pour faire faillite", a observé pour l'agence Bloomberg l'analyste Dong Ximiao, de l'Institut de la finance sur Internet de Zhongguancun, la "Silicon Valley" de Pékin.

Les autorités n'ont guère fourni de détails sur ce qui est reproché à Alibaba, mis à part "un accord d'exclusivité" non précisé.

Le géant du e-commerce a "promis de coopérer activement à l'enquête avec les régulateurs".

La filiale Ant Group également dans le collimateur du régime

Outre l'enquête contre la maison-mère, les régulateurs ont annoncé avoir contacté Ant Group, leader mondial du paiement en ligne, pour des questions de "supervision". Dans un communiqué, Ant Group a fait savoir qu'il allait "rapidement étudier les demandes des autorités de régulation et s'y conformer strictement".

La suspension à la dernière minute, début novembre, de l’entrée en Bourse de cette filiale d’Alibaba, qui s’annonçait comme un record du monde avec un butin de 34,4 milliards de dollars (28,2 milliards d'euros), avait déjà provoqué la stupeur. Elle survenait quelques jours après un discours à Shanghai de Jack Ma, lors duquel le multi-milliardaire avait critiqué l'action des régulateurs financiers. Ces propos lui avaient valu une convocation par les autorités et Jack Ma n'a pas été vu en public depuis le fiasco boursier d'Ant Group.

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"Le message politique subliminal, c'est qu'aucune entreprise ni individu n'a le droit de défier le Parti communiste, quelle que soit sa taille", a commenté pour l'AFP Richard McGregor, de l'Institut Lowy à Sydney.

À 56 ans, il n'est officiellement plus à la tête de son groupe depuis son départ à la retraite l'an dernier. Mais il conserve une influence prépondérante sur Alibaba comme sur Ant Group, via les actions qu'il détient.

"S'opposer fermement aux monopoles"

Les pouvoirs publics s'inquiètent de la puissance des groupes technologiques et plus particulièrement de leurs incursions dans le secteur des prêts en ligne, où ils s'affranchissent des règles prudentielles imposées aux banques publiques.

Les médias chinois ont relayé ces inquiétudes en mettant en garde contre les risques de turbulences financières en ce qui concerne Alibaba, mais aussi son grand rival Tencent.

L'enquête contre Alibaba "est une mesure importante pour notre pays, afin de renforcer la supervision antimonopolistique dans le secteur de l'Internet et promouvoir un développement sain à long terme de l'économie numérique", écrit jeudi le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste au pouvoir.

Une réunion des plus hauts dirigeants du régime, la semaine dernière, autour du président Xi Jinping a appelé à "s'opposer fermement aux monopoles".

Signe de l'impatience des pouvoirs publics à l'encontre d'Alibaba, le groupe venait déjà d'écoper la semaine dernière d'une amende de 500 000 yuans (soit 62 000 euros) pour n'avoir pas fait état d'une acquisition.

Alibaba n'avait pas répondu aux questions de l'AFP jeudi en milieu de journée.

Avec AFP

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