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Élément Terre

L'avion à hydrogène, une vraie fausse promesse écologique ?

Elément Terre.
Elément Terre. © Airbus
Par : Marina BERTSCH Suivre | Marie-Claire IDE | Clémence WALLER | Pierre COLLET
10 mn

C'est l'élément le plus abondant sur Terre : l'hydrogène. Pourrait-il alimenter des avions de ligne sans émissions de Co2 d'ici 2035 ? C'est la promesse faite par Airbus alors que le secteur de l'aviation est confronté à une crise sans précédent depuis la pandémie de Covid-19 et les appels à une relance verte. Mais l'hydrogène est un produit gourmand en énergie et volumineux à stocker. Est-ce donc une promesse viable ?

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Airbus a fait la une des journaux en annonçant en septembre son projet d’avion zéro émission dans les quinze prochaines années. Trois "concept planes" ont été présentés, dont le plus prometteur est une "aile volante". Tous seraient alimentés à l'hydrogène.

Jean-Brice Dumont, directeur de l'ingénierie d'Airbus, reconnaît que l'hydrogène utilisé doit être vert, "sinon on a perdu dans la production d’hydrogène qui émettra du dioxyde de carbone ce qu’on a gagné dans l’avion, donc c’est un peu hypocrite".

Des chiffres vertigineux

La façon la plus propre de produire de l'hydrogène est via l’électrolyse de l'eau, qui sépare les atomes d'hydrogène et d'oxygène dans une molécule d'eau. Mais pour que l'hydrogène soit considéré comme vert, l'électricité utilisée dans le processus doit provenir de sources renouvelables.

Un collectif de chercheurs a fait les calculs pour estimer la quantité d'électricité nécessaire pour l’aéroport de Roissy, le plus gros de France. L'astrophysicien Mickael Coriat parle de chiffres vertigineux : "Il faudrait couvrir 5 000 km² d’éoliennes, ce qui correspond à la taille d’un département français entier. Converti en panneaux photovoltaïques, ça voudrait dire 1 000 km² de panneaux photovoltaïques. Et si on décide d’utiliser l’énergie nucléaire à la place, il faudrait utiliser 16 réacteurs nucléaires pour alimenter l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle".

L'horizon 2035, trop tard ?

Selon les militants écologistes, la promesse d'avions à hydrogène est un leurre créé par l’industrie de l’aviation pour ne pas réduire immédiatement le trafic aérien. Pour eux, 2035 est une date bien trop éloignée pour un premier avion commercial à hydrogène. Il faudrait d’ailleurs rajouter de nombreuses années pour que des flottes entières et des infrastructures aéroportuaires du monde entier s'adaptent.

Ces derniers mois, des militants ont d’ailleurs déployé les grands moyens,  envahissant les tarmacs des aéroports du monde entier pour demander une réduction drastique du trafic aérien. À l'aéroport d'Orly, au sud de Paris, les manifestants ont franchi les clôtures de l'aéroport, rapidement arrêtés par la police.

La porte-parole de l'association Alternatiba, Pauline Boyer, n'est pas montée à bord d'un avion depuis sept ans. Elle affirme que c'est un sacrifice nécessaire pour protéger la planète. "Pour l'instant et à très court terme, il n’y a pas d’avion écologique qui permettrait de continuer sur la trajectoire actuelle d’augmentation du trafic aérien", explique-t-elle. "Aujourd’hui, c’est l’usage de l’avion qu’il faut repenser en même temps que la réorganisation globale de la société."

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