Billet retour

Égypte : dix ans après, la victoire de la contre-révolution

BILLET RETOUR
BILLET RETOUR © France 24

Le 11 février 2011, après presque trois décennies au pouvoir, le président égyptien Hosni Mubarak démissionnait face à la ferveur de 18 jours de contestation populaire. Dix ans plus tard, les idéaux de la révolution ont disparu au profit d'un retour autoritaire du régime militaire.

Publicité

Sur la place Tahrir, symbole des 18 jours qui ont ébranlé l'Égypte moderne, la circulation a repris ses droits. Alors qu'il y a dix ans, des milliers de manifestants campaient dans le cœur névralgique du Caire, aujourd'hui, il n'est même plus possible d'y sortir une caméra.

Après une expérience démocratique qui aura duré un an et amené les Frères musulmans à la présidence, l'armée est revenue prendre le pouvoir à la faveur d'un coup d'État, avec à sa tête Abdel Fattah al-Sissi, alors ministre de la Défense.

Prisonniers politiques et "disparus"

Depuis, le régime s'est durci, les Frères musulmans ont été déclarés "organisation terroriste" et toute contestation est désormais réprimée. Les ONG de défense des droits de l'Homme estiment à au moins 60 000 le nombre de prisonniers politiques.

Mohamed Soltan a passé près de trois ans en prison et s'est exilé depuis aux États-Unis. De l'autre côté de l'Atlantique, il mène un combat judiciaire contre les autorités égyptiennes.

Dans ce contexte de répression, la grande crainte des Égyptiens est de devenir un "disparu". Avec son ONG, Mohamed Lotfy a recensé au moins 2 700 disparitions forcées, des arrestations en dehors de toute procédure judiciaire, dont le gouvernement nie l'existence.

Dix ans plus tard, la ferveur qui animait la société égyptienne s'est transformée en climat de peur.

>> À voir aussi, notre Débat : Révolution en Égypte : dix ans après, quel bilan ?

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine