Dans la presse

"Trump go home" ?

Jour d'élection présidentielle aux États-Unis
Jour d'élection présidentielle aux États-Unis © France 24

À la une de la presse, ce mardi 3 novembre, la série d’attaques hier soir à Vienne, en Autriche, qui ont fait au moins trois morts et une quinzaine de blessés, et la dernière ligne droite de la présidentielle américaine, qui doit départager Donald Trump et Joe Biden.

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À la une de la presse, la série d'attaques, lundi soir dans le centre de Vienne, en Autriche, qui ont fait au moins trois morts et une quinzaine de blessés.

Alors que le chancelier Sebastian Kurz a condamné "une attaque terroriste répugnante", une attaque commise par au moins un sympathisant du groupe État islamique, selon le ministre de l'Intérieur, Die Presse appelle ses compatriotes à "ne pas se laisser diviser par le terrorisme". "Après Paris, Londres et Berlin, les attentats touchent désormais Vienne. Ce n'était qu'une question de temps. L'Autriche n'a jamais été à l'abri, même si beaucoup auraient aimé croire le contraire", écrit avec fatalisme le quotidien de centre-droit, qui voit le pays "frappé dans un moment de faiblesse, au milieu de la pandémie". "C'est notre Europe, nous ne céderons rien" : Der Standard, pour sa part, fait état de la solidarité internationale exprimée envers les Autrichiens, et notamment de la part du président français, Emmanuel Macron, qui s'est adressé à eux en allemand sur Twitter. Une manifestation de soutien partagée par "la quasi-totalité des capitales européennes".

À la une, également, la dernière ligne droite de la présidentielle. Si Donald Trump se démultiplie pour faire mentir les sondages et créer la surprise, comme il l'avait fait en 2016, une bonne partie de la presse américaine envisage déjà sa défaite. "Si Trump perd, le chemin qui attend les républicains sera difficile", prédit USA Today, en évoquant un parti "modelé par Donald Trump à son image, depuis 2016". Les républicains, que le dessinatrice Ann Telnaes, pour The Washington Post, voit elle aussi déjà abandonner, lâcher, le président sortant – comme les rats quitteraient un navire en train de sombrer. Donald Trump, lui, martèle qu'il va gagner. "Demain, nous allons gagner quatre ans de plus à la Maison Blanche", a-t-il lancé ses partisans en Caroline du Nord, fidèle à la foi en lui-même qu'il a toujours affichée. Cette attitude provoque l'ironie de Chapatte, dans un dessin qui montre Donald Trump se réjouissant de voir l'Amérique virer au rouge, la couleur républicaine. "Ça, ce ne sont pas les États que tu as gagnés, lui signale son rival, le démocrate Joe Biden. Ce sont les clusters du Covid-19". Un dessin publié sur Twitter.

Donald Trump continue, malgré tout, à conserver le soutien d'une partie des républicains. À l'image du Wall Street Journal, une partie du camp conservateur considère que, oui, le candidat républicain est "terriblement imparfait, mais (que) l'alternative, elle, est tout simplement terrible", que Donald Trump peut certes "abîmer encore davantage le tissu déjà effiloché de la nation, mais (que) les démocrates, eux, semblent déterminés à le déchirer" définitivement. Le journal fustige la "radicalité" du parti démocrate, qu'il accuse d'avoir "restreint un choix complexe à des (apparences) de vérités simples", par ses attaques sans nuance contre Donald Trump – qu'il crédite, pour sa part, d'un bon bilan économique et d'avoir su "restaurer la confiance et le dynamisme" des États-Unis, du moins "jusqu'à ce que le coronavirus ne les frappe".

Le monde entier a les yeux rivés sur la bataille américaine. "L'Amérique vote, le monde attend" : le quotidien émirati The National évoque "une campagne dont l'acrimonie culmine en ce jour d'élection transformée par le Covid-19" – une élection à laquelle près de 100 millions d'Américains ont déjà voté, un record. Le quotidien français La Croix parle, lui, d'une "campagne éprouvante", d'un "moment de vérité" pour un pays qui n'est "jamais apparu aussi désuni", "en tout cas depuis les affrontements autour des droits civiques dans les années 60 et peut-être même depuis la guerre de Sécession". Une référence à la guerre civile dont le journal estime qu'elle "dit bien la gravité de la situation présente", en faisant part de ses craintes, qu'il espère excessives, que "les lendemains du scrutin soient marqués par des incidents violents". "La nuit électorale va-t-elle tourner à la nuit des longs couteaux ?", s'alarme aussi Le Figaro face au "choc des deux Amérique". Le journal dit malgré tout son souhait de voir le peuple américain "s'exprimer sans équivoque", pour désigner un vainqueur dès mercredi matin face auquel le perdant ne pourra que "concéder sa défaite".

La presse française, dans son ensemble, espère le départ de Donald Trump. "Trump go home", "Trump rentre chez toi", déclare sans équivoque L'Humanité, qui note avec inquiétude, néanmoins, que si Joe Biden est favori, "l'actuel président espère encore créer la surprise". Inquiétude, aussi, de Libération, qui se demande si le démocrate parviendra à mettre fin au "cauchemar" Donald Trump, qui laisserait à son successeur "un pays profondément fracturé" - "à moins qu'il ne dispose de quatre ans de plus pour saper encore les bases de la démocratie américaine".

À rebours de l'inquiétude exprimée par de nombreux journaux à travers le monde, la presse chinoise, elle, affiche sa sérénité. "La Chine assiste à l'élection américaine avec calme et confiance", assure The Global Times, qui affirme que "le peuple chinois s'occupe de ses affaires intérieures plutôt que du vote aux États-Unis", perçu selon lui  comme un "show", comme un "spectacle".

On ne se quitte pas là-dessus. On ignore si la présidentielle américaine donnera lieu à une énorme collision. Mais parce que nous sommes des optimistes forcenés, nous allons espérer que même en cas de dérapage, en cas de déraillement, tout ça ne finisse pas trop mal. Car tout peut arriver, la preuve : un métro a été sauvé in extremis par une statue de baleine, près de Rotterdam, aux Pays-Bas. Il a failli plonger dans le vide, après avoir percuté un mur de béton, et puis non. L'artiste qui a conçu cette sculpture de baleine vieille de 20 ans, a dit avoir été le premier surpris par sa solidité. Lu sur le Huffington Post.

 

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