Dans la presse

Joe Biden élu président des Etats-Unis: "L'heure de la guérison?"

Joe Biden, élu 46ème président des Etats-Unis
Joe Biden, élu 46ème président des Etats-Unis © France 24

A la Une de la presse, ce dimanche 8 novembre, l’élection de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis. Sa colistière, Kamala Harris, devient la première femme de couleur à accéder à la vice-présidence.

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La victoire de Joe Biden à la présidentielle aux Etats-Unis fait bien sûr la Une ce matin de toute la presse américaine et étrangère.

Pour les quotidiens américains, le doute n’est pas permis: le 46eme président des Etats-Unis est bien Joe Biden, dont la colistière, Kamala Harris, sera la première femme, de couleur, à décrocher ce poste aux Etats-Unis. «Biden vainc Trump», titre sobrement The Washington Post, en évoquant «la légion de femmes et d’électeurs issus des minorités» qui ont envoyé le ticket démocrate à la Maison-Blanche, par «rejet de la gestion de la pandémie par Donald Trump, et de sa pratique clivante et brutale du pouvoir». «Biden vainc Trump», répète The New York Times, comme un mantra, comme on se pincerait pour être sûr d’être bien réveillé, après un cauchemar. «La course est terminée, et un nombre record d’électeurs y ont participé», souligne le journal, satisfait de voir s’achever le mandat «chaotique» de Donald Trump – son seul et unique mandat, ce qui n’était pas arrivé depuis George W. senior, battu en 1992 par Bill Clinton. «Biden gagne», exulte The Philadelphia Inquirer: «La Pennsylvanie a soutenu l’enfant du pays, et lui a offert la victoire», s’émeut le journal – heureux, lui aussi, de voir Kamala Harris devenir la première femme de couleur à accéder à la vice-présidence. «C’est le moment de Joe»: «Après 144 millions de votes, cinq jours de comptage et des victoires décrochées de justesse dans les Etats de la «rust belt», la « einture de rouille», l’Amérique a finalement donné son verdict», se réjouit The New York Post.

La presse américaine ne cache pas son soulagement. Dès l’annonce de la victoire de Joe Biden, The Boston Globe a publié non pas un mais deux éditos, le premier, ironique s’adressant à Donald Trump: «M. le président vous êtes viré!» - en référence à la célèbre formule qui avait fait sa gloire du temps de The Apprentice, l’émission de télé-réalité qui l’avait lancé définitivement sur le devant de la scène médiatique, et un second édito consacré à Joe Biden, présenté comme le candidat qui a réussi à «dissiper les ténèbres». The New York Times salue, lui, avec lyrisme «Une victoire pour Biden, enfin». «Maintenant qu’il a pu mesurer le gouffre du nationalisme autocratique, le peuple américain a choisi de reculer»: le journal relève que certes, le décompte des votes «va se poursuivre encore pendant quelques jours», mais que les chiffres sont là: «Joe Biden aura bien les voix des 270 grands électeurs nécessaires pour remporter la course à la Maison-Blanche et certainement plus. L’assaut de Donald Trump contre les institutions et les valeurs démocratiques américaines va bientôt cesser».

La presse conservatrice s’incline. The Wall Street Journal ne croit pas aux chances de Donald Trump de contester quoi que ce soit: «Oui, Trump a le droit de se battre devant la justice, mais il va devoir prouver qu’il y a une fraude», prévient le journal, avec un certain fatalisme:«Sans doute était-il inévitable que la campagne pour la réélection de Donald Trump se termine comme elle avait commencé, avec un président sortant proclamant la victoire, et des adversaires l’accusant d’être un fasciste en puissance». Face à cette polarisation, à ces antagonismes, le quotidien met en garde le président-élu: «Ce que les Américains veulent, ce sont des solutions modérées, bipartisanes, et de bon sens, pour faire face aux sérieux problèmes qu’ils ont à affronter».

Sans surprise, les quotidiens étrangers accueillent eux aussi avec joie et soulagement la victoire de Joe Biden – qui a promis qu’il sera, précisément, «le président de tous les Américains». «C’est Joe», titre amicalement The Observer, la version dominicale du Guardian, le quotidien britannique. «Joe l’endormi réveille l’Amérique», ironisent ses confrères du Sunday Times, en reprenant le sobriquet utilisé par Donald Trump pour désigner son adversaire. «Le temps de la guérison»: The Daily Mirror cite, lui, la déclaration de Joe Biden, cette nuit: «La Bible nous dit qu’il y a un temps pour tout, un temps pour construire, un temps pour récolter, un temps pour semer et un temps pour guérir. C’est le moment de guérir en Amérique», a lancé ce catholique pratiquant, le second président de cette confession de l’histoire des Etats-Unis, après Kennedy.

La presse étrangère est sensible à l’appel à l’unité lancé par Joe Biden. Au Moyen-Orient, le quotidien émirati The National souligne aussi la mixité du nouvel exécutif américain, masculin et féminin, et l’ascension irrésistible de Kamala Harris. La nouvelle présidente, d’origine jamaïcaine et indienne, fait visiblement la fierté du pays natal de sa mère: «On l’a fait, Joe, dit Kamala», titre ce matin la version dominicale du Times of India. En Europe, le magazine allemand Der Spiegel estime que Joe Biden va rendre sa tête à la statue de la Liberté – une référence à un numéro précédent de l’hebdomadaire, qui montrait Donald Trump en train de la décapiter. «Mission: Etats-Unis», lance le journal portugais O Publico à l’intention du président-élu – qu’il montre serrant les poings, prêt à continuer à se battre. En Italie, Il Manifesto s’est mis à l’anglais pour l’occasion: «American beauty», «beauté américaine» s’émeut le journal, en référence, cette fois, au film de Sam Mendes… sur une famille banale qui finit par se déchirer. Guérir l’Amérique de ses déchirements: la tâche qui attend Joe Biden s’annonce titanesque, surtout si Donald Trump s’emploie à jeter de l’huile sur le feu, à exercer son pouvoir de nuisance au cours des 75 jours qu’il lui reste à la Maison-Blanche. La période de transition angoisse le Huffington Post, qui espère que le milliardaire se contentera, dans les jours qui viennent, de se livrer à sa passion pour le golf - ce qu’il faisait au moment où sa défaite était annoncée au monde entier.

 

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