Dans la presse

"Joe Biden, une mauvaise nouvelle pour les populistes de la planète ?"

Le président des Etats-Unis Donald Trump et le président des Philippines Rodrigo Duterte
Le président des Etats-Unis Donald Trump et le président des Philippines Rodrigo Duterte © France 24

À la une de la presse, ce lundi 9 novembre, les changements attendus sur la scène internationale, après l’élection de Joe Biden à la présidentielle américaine. Les commémorations, en France, du 50e anniversaire de la mort du général de Gaulle. Et un jeune Américain fou amoureux de la France et de "l’omelette du fromage".

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À la une de la presse, les changements attendus après la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine, une victoire que refuse toujours de lui concéder Donald Trump.

D'après The Financial Times, le nouveau président des États-Unis prépare "une série d'ordres exécutifs pour revenir sur certaines décisions-clés du mandat de Donald Trump", à commencer par le retour, dès le 20 janvier, dans l'accord de Paris sur le climat et l'abandon du processus de désengagement de l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS. Joe Biden s'est engagé à "réparer" les dégâts de la présidence Trump. Dans un dessin de Morten Morland, trouvé sur Twitter, ces dommages sont comparés à une mise à sac totale du bureau ovale, des dégâts auxquels le nouveau président a donc promis de s'attaquer, d'où le seau et le balai qu'on le voit porter à son arrivée à la Maison Blanche. Cette opération de nettoyage est présentée par The Washington Post comme une mauvaise nouvelle pour les populistes du monde entier, particulièrement choyés, selon lui, par un Donald Trump. "Avec (sa) courte défaite électorale, les autocrates de droite et les mouvements nationalistes de la planète sont confrontés à un nouveau défi : naviguer dans un monde où l'homme le plus puissant de la Terre ne se trouve plus à bord", écrit le journal, qui se garde bien, néanmoins, de prédire "la fin du trumpisme mondial", cette "façon de gouverner qui a commencé à gagner du terrain en Europe et en Asie bien avant l'élection de Donald Trump, en 2016".

En Asie, précisément, la Chine réagit à l'élection de Joe Biden avec un optimisme prudent, non dénué de méfiance, comme en témoigne la Une du Global Times, qui évoque "la période de transition pour les relations bilatérales, qui s'ouvre peut-être avec la présidence Biden", un mandat durant lequel "la confiance stratégique sera difficile à reconstruire". À Moscou, l'accueil est plus tiède encore, pour ne pas dire glacial : "On doute que les relations russo-américaines puissent connaître même un semblant de réinitialisation", cingle Kommersant, qui rapporte que l'arrivée au pouvoir de Joe Biden ne suscite "aucun espoir " au Kremlin.

Au Moyen-Orient, les alliés de Donald Trump sont "dans l'expectative". Le journal libanais L'Orient-Le Jour relève que les dirigeants de la région, proches de Donald Trump, "font grise mine", "entre félicitations en demi-teinte et long mutisme". L'Arabie saoudite de Mohammed Ben Salmane a attendu jusqu'à hier soir tard pour "féliciter" Joe Biden et Asharq El Awsat évoque "le début d'une nouvelle phase, ambiguë et peut-être même dangereuse", en soulignant "le rôle important (des forces saoudiennes) dans le maintien de la stabilité dans la région". D'après The Jerusalem Post, en Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, très proche de Donald Trump, se retrouverait désormais "entre le marteau et l'enclume", obligé d'obtenir les faveurs de Joe Biden, tout en ménageant l'actuel locataire de la Maison Blanche. "Avec tous ses efforts pour faire plaisir à l'un comme à l'autre, le Premier ministre israélien semble les avoir mécontentés tous les deux", s'inquiète le journal. Mais selon Haaretz, qui rappelle que Joe Biden soutient le lobby américain et pro-israélien de l'AIPAC, "aucun changement majeur n'est à attendre" dans la politique des États-Unis vis-à-vis de l'État hébreu, et "la victoire de Joe Biden ne sera préjudiciable qu'à une seule personne : Benjamin Netanyahu".

Emmanuel Macron a de son côté salué la victoire de Joe Biden et Kamala Harris dès samedi soir : "Nous avons beaucoup à faire pour relever les défis d'aujourd'hui. Agissons ensemble !", a invité le président français. La presse nationale, elle, reste prudente. Selon Sud Ouest, si "la victoire (de Joe Biden) promet une normalisation des relations, rien ne dit que le successeur de Donald Trump se montrera plus conciliant" envers la France. "La victoire du démocrate ne signifie pas un virage à 180 degrés sur tous les dossiers", prévient Le Figaro – qui explique que "la principale préoccupation diplomatique de Joe Biden, dans la lignée de Barack Obama et de Donald Trump, d'ailleurs, restera la Chine, et (que) le partenariat avec l'Europe ne sera pas sa priorité".

En ce jour qui marque le cinquantième anniversaire de la mort du général de Gaulle, La Croix rappelle la relation de "fidélité" et de "franchise" entre la France et les Etats-Unis. D'après le journal, si "la fidélité demeure nécessaire" - notamment au sein de l'Otan, "la franchise aussi". Le journal met Paris en garde: "Sous Joe Biden, l'impérialisme américain fera montre d'une plus grande amabilité, mais il demeurera un impérialisme face auquel les alliés devront savoir défendre leurs intérêts" - un exercice auquel la France doit désormais se livrer avec l'ensemble de l'Union européenne.

La France commémore aujourd'hui le 50e anniversaire de la mort du général de Gaulle. À cette occasion, Emmanuel Macron se rendra sur sa tombe, d'après Le Figaro, qui indique que cet hommage sera marqué par la glorification de "l'esprit de la Nation", présenté comme "ce qui permet aux Français de partager une transmission à la fois nationale et républicaine", une transmission jugée essentielle en ces temps de terrorisme et de pandémie.

On ne se quitte pas là-dessus. Avant de vous dire à demain, et puisqu'on a évoqué la relation franco-américaine, sachez qu'un partisan de Joe Biden ET francophile, interrogé par une télé française à Philadelphie lors des résultats de l'élection, est devenu la vedette des réseaux sociaux au cours du week-end, d'après le magazine Forbes, pour avoir crié avec beaucoup beaucoup d'enthousiasme son amour à la fois pour le nouveau président américain et pour la culture française, en particulier sa gastronomie, et "l'omelette du fromage", en français dans le texte. "Les Français sont super, j'adore la nourriture française, la mode française, je veux absolument retourner en France", a déclaré le jeune homme, qui a visiblement gardé un souvenir ineffaçable d'un séjour dans l'Hexagone…

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