"Paul Bismuth, levez-vous!"

L'ancien président Nicolas Sarkozy jugé pour "corruption" présumée
L'ancien président Nicolas Sarkozy jugé pour "corruption" présumée © France 24

À la Une de la presse, ce lundi 23 novembre : l’ouverture aujourd’hui à Paris du procès de l’ex-président Nicolas Sarkozy, poursuivi pour "corruption" présumée. Une première sous la Vème République. Le procès, à Rennes, de sept militaires pour "homicide involontaire", huit ans après la noyade d’un élève officier lors d’un "bizutage". Et la mort de deux grandes figures de la résistance française de la Seconde guerre mondiale, Noëlla Rouget et Daniel Cordier.

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À la Une de la presse, l’ouverture, aujourd’hui, à Paris, du procès de l’ancien président Nicolas Sarkozy, poursuivi, notamment, pour «corruption» présumée.

Pour la première fois de l’histoire de la Vème République, un ancien chef de l’État comparaît pour ce motif, et L’Union précise que Nicolas Sarkozy ne sera pas jugé seul, puisque sont également convoqués son ami et avocat personnel, Thierry Herzog, ainsi que l’ancien haut magistrat Gilbert Azibert – dont l’absence pour raison médicale pourrait conduire à un ajournement du procès.

Le trio est soupçonné d’avoir cherché à obtenir des informations et à influencer une procédure judiciaire visant l’ex-président, qui avait été placé sur écoutes dans un autre dossier, celui du financement présumé de sa campagne de 2007 par la Libye. À cette occasion, les enquêteurs avaient découvert l’existence d’une ligne téléphonique secrète, utilisée par Nicolas Sarkozy sous le pseudonyme de «Paul Bismuth» - d’où la Une de Libération : «Bismuth, levez-vous!». Libé appelle toutes les parties à la «sérénité», en rappelant que «le temps de la justice n’est ni celui de la guérilla, ni celui de la politique» - un rappel destiné, en premier lieu à Nicolas Sarkozy, accusé d’avoir «souvent hystérisé le débat judiciaire». L’ancien président, qui encourt dix ans de prison, nie en bloc les accusations portées contre lui.

Un autre procès, inédit, doit débuter aujourd’hui, à Rennes : le procès de sept militaires de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr, accusés d’homicide involontaire, huit ans après la mort d’un élève officier lors d’un «bizutage». Jallal Hami, un brillant élève-officier de 24 ans, est mort noyé en 2012 lors d’un exercice dit de «transmission des traditions», théoriquement interdit. «Une histoire à crever le cœur et à se taper la tête contre les murs», selon Le Monde, qui explique la durée «anormalement longue» entre le décès du jeune homme et ce procès par «les réticences de l’institution militaire» et par «la mauvaise volonté des prévenus, qui ont longuement caché la réalité des faits». Un procès pour lequel la mère de Jallal Hami, Hadjira Hami, s’est battue pendant huit ans.

Le Monde raconte le combat de cette mère courage, qui avait fui la guerre civile algérienne au début des années 90 et le parcours de son fils, un garçon qui désirait par-dessus tout «servir» et«rendre à la France un peu de ce qu’elle (lui avait) donné». «Un jour, on regardait le journal télévisé et il y avait un sujet sur des soldats français tués en Afghanistan. Je lui ai demandé s’il n’avait pas peur. Il m’a répondu: «Maman, mourir sur un champ de bataille n’est pas un problème pour moi». Sur un champ de bataille oui, mais pas en France, dans une école», se révolte  Hadjira Hami.

D’après Le Monde,le procès qui débute aujourd’hui «est très attendu par les observateurs de la chose militaire, tant l’institution Saint-Cyr, connue pour son conservatisme, voire ses valeurs rétrogrades, n’aime pas que l’on se mêle de sa vie interne». Le journal évoque une occasion pour l’armée de «sortir du silence et pour la famille de Jallal Hami, de connaître la vérité».

En France, toujours, le projet de loi sur «la sécurité globale», actuellement en débat à l’assemblée, continue à provoquer beaucoup de débats. Dans une tribune relayée, notamment, par le Huffington Post, 33 personnalités, dont le cinéaste Costa-Gavras, le député et mathématicien Cédric Villani ou encore l’ex-footballeur Lilian Thuram, qui disent avoir voté pour Emmanuel Macron en 2017, lui demandent de retirer ce texte, ainsi que le projet de loi visant à lutter contre «le séparatisme islamiste». «Au prétexte d’une illusoire sécurité face aux désordres du monde, le gouvernement et la majorité sont en train de restreindre nos libertés fondamentales », alertent-ils.

Emmanuel Macron, dont la promesse d'«aider» le président Abdelmadjid Tebboune, dans l’actuelle «période de transition», suscite, elle, des remous en Algérie. Cette déclaration, publiée vendredi par Jeune Afrique, nourrit à nouveau les accusations d’ingérence de la France dans son ancienne colonie et suscite les sarcasmes du dessinateur Hic, qui montre Emmanuel Macron ployant sous le poids du portrait officiel d’Abdelmajid Tebboune. Un dessin trouvé sur Twitter.

Le président algérien, malade du Covid-19, est hospitalisé en Allemagne depuis la fin du mois dernier, et son absence «renvoie l’Algérie à la case départ», selon La Croix, qui voit le pays s’enfoncer dans une nouvelle «impasse institutionnelle», alors que le Hirak, le mouvement de contestation pacifique algérien, continue d’exiger «un dialogue pour une transition démocratique».

Ils se sont battus, eux aussi, pour la démocratie et contre le nazisme. Les deux grands résistants français Noëlla Rouget et Daniel Cordier viennent tous deux de mourir. Disparue hier, Noëlla Rouget, une ancienne institutrice, fervente catholique, hostile à la peine capitale, avait contribué à sauver de la mort l’ancien employé français de la Gestapo qui avait précipité sa déportation au camp de Ravensbrück. Noëlla Rouget avait expliqué son acte auprès de ses anciennes camarades résistantes par sa conviction d’être ainsi «plus fidèle à la mémoire (des) mortes qui avaient fait le sacrifice de leur vie en rêvant d’un monde plus fraternel».

Noëlla Rouget allait avoir 100 ans le 25 décembre – l’âge auquel s’est éteint vendredi Daniel Cordier, l’ancien secrétaire de Jean Moulin, figure tutélaire de la résistance française. Lui aussi laisse derrière lui un message d’espoir et de tolérance. Resté pudique toute sa vie sur son homosexualité, parce que disait-il, c’était une chose difficile à dire, «surtout pour un homme de (sa) génération», voici ce qu’il en disait au Monde, à la fin de sa vie : «Votre corps vous appartient. Si vous aimez les filles et que vous êtes une fille, c’est très bien. Si vous êtes un garçon et que vous aimez les garçons, c’est très bien aussi. Cela, je le pense depuis très longtemps. Depuis Londres, peut-être. Cela va avec l’idée de liberté. Je me suis battu pour la liberté. Et la liberté, c’est aussi celle de faire ce qu’on veut avec son corps et avec son sexe. C’est très important».

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