Évacuation d'un camp de migrants à Paris : "La République blessée"

Evacuation par la police d'un camp de migrants à Paris
Evacuation par la police d'un camp de migrants à Paris © France 24

À la une de la presse, mercredi 25 novembre, les réactions, en France, aux mesures d’allègement du confinement, annoncées la veille par Emmanuel Macron. L'indignation de la gauche face aux méthodes des forces de l'ordre, après le démantèlement, en début de semaine, d'un camp de migrants place de la République, à Paris. La Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes. Et l’histoire de deux bagues perdues et retrouvées en Méditerranée.

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À la une de la presse, les réactions à l'intervention d'Emmanuel Macron, qui a présenté mardi soir des mesures d'allègement du confinement.

D'après le Courrier Picard, le président français a détaillé son "calendrier de l'avant-déconfinement", un plan en trois étapes : une première, qui débutera dès samedi, avec la réouverture des commerces, une deuxième mi-décembre, avec la fin des attestations de déplacement, remplacées par un couvre-feu et une troisième, le 20 janvier, date prévue de la réouverture des restaurants et des salles de sports. Dès samedi, le périmètre des sorties autorisées sera élargi de 1 à 20 km, et leur durée allongée de 1 à 3 heures : enfin "un peu d'air", se réjouit 20 minutes. Mais si certains "respirent", d'autres "pleurent" : Nord Littoral fait état des très vives inquiétudes des patrons de bars et de restaurants, qui vont devoir patienter encore un bon moment. L'Opinion, qui note que ces commerces seront toutefois "plus généreusement indemnisés qu'ils ne l'avaient probablement jamais imaginé", résume le discours présidentiel par cette formule : "Un râleur, une solution". Une stratégie "pour apaiser les tensions et tenir jusqu'au vaccin", selon le journal, où le dessin de Kak montre Emmanuel Macron, qui a annoncé "une campagne de vaccination rapide et massive" pour fin décembre-début janvier, lancé dans la course mondiale au vaccin - un "black Friday" version pandémie.

Emmanuel Macron et le gouvernement, dont la gauche dénonce la politique sécuritaire. Certains évoquent même une "dérive autoritaire", dont ils voient la manifestation la plus inquiétante dans la loi dite de "sécurité globale", mais aussi dans plusieurs incidents récents impliquant les forces de l'ordre – le dernier en date ayant eu lieu lundi soir, lors de l'évacuation d'un camp de migrants, place de la République, à Paris. Libération dénonce "l'extrême brutalité" avec laquelle la police aurait procédé à son démantèlement. "Comment en est-on arrivé là ?" : Libé fustige "la direction" indiquée selon lui aux forces de l'ordre par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, "par ses amendements liberticides. Par ses déclarations belliqueuses contre les médias. Par ses clins d'œil appuyés aux syndicats de police où se répand le racisme le plus abject contre les migrants". Une direction prônée aussi, selon Libé, par Emmanuel Macron, "par son silence assourdissant". Pour L'Humanité, si "les mots ne manquent pas pour exprimer (sa) sidération et (sa) colère, certains s'imposent : la honte de la République !". Pour le journal, les violences de lundi soir, "perpétrées en toute impunité et indignes de la France marquent une étape supplémentaire dans la dérive liberticide du pouvoir".

D'une violence à l'autre. En ce mercredi 25 novembre, la presse internationale se mobilise à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes. En Italie, La Stampa tente de dresser, à cette occasion, le bilan du "Codice rosso", le "Code rouge" adopté il y a un an. D'après le journal, ce dispositif judiciaire, qui oblige la police et la justice à agir en trois jours lorsqu'une femme porte plainte ou appelle les numéros d'urgence, semble porter ses fruits. Mais selon La Stampa, les chiffres des féminicides en Italie démontrent "que le chemin à parcourir est encore long" et que la lutte contre les violences faites aux femmes passe aussi par une lutte plus globale, contre le chômage des femmes, notamment, qui empêche leur émancipation professionnelle et financière. "Indissociable du combat démocratique, la lutte pour l'égalité des sexes est une exigence de modernité politique et sociétale, une question centrale et surtout l'affaire de tous" : Liberté-Algérie voit dans le Hirak, l'insurrection citoyenne de février 2019, "l'expression la plus forte" de la bataille pour cette égalité. "Dans leurs marches, les Algériens ont compris que leur libération passe immanquablement par celle des femmes. La cause est commune. Et sa consécration réduirait considérablement non seulement la violence faite aux femmes, mais la violence tout court".

Un mot, également, de la disparition, hier, d'un grand nom du rugby français, Christophe Dominici. La mort de ce joueur brillant et ultrasensible laisse L'Équipe sans voix, sans mots. "Christophe Dominici, 1972-2020", dont le journal se souvient des "déboulés rageurs et (des) débordements, cette passion capable de tout emporter sur son passage, les maux comme les défenses".

Avant de vous dire à demain, je vous propose de jeter un cil au Guardian, qui rapporte que des membres de l'ONG Open Arms, une association d'aide aux migrants en Méditerranée, ont retrouvé, au début du mois, lors d'une patrouille en mer, des effets personnels abandonnés sur un bateau à la dérive, dont deux alliances, aux noms d'Ahmed et Doudou. Pour tenter d'identifier leurs propriétaires, donnés pour morts, l'ONG a diffusé les photos de ces deux bagues sur les réseaux sociaux et dans le journal italien La Repubblica, ce qui a permis à une autre ONG, Médecins sans frontières, d'identifier leurs propriétaires : Ahmed, 25 ans, et Doudou, 20 ans, un couple de jeunes Algériens, qui non seulement ont réussi à échapper à la noyade, et trouvé refuge dans un camp du centre de la Sicile, mais ont finalement retrouvé la preuve de leur amour.

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