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Dans la presse

Disparition de Diego Maradona: "Dieu est mort"

Mort de la légende du football argentin Diego Maradona
Mort de la légende du football argentin Diego Maradona © France 24
12 mn

A la Une de la presse, ce jeudi 26 novembre, la disparition de la légende du football argentin, Diego Maradona.

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A La Une de la presse internationale, la disparition, hier, de la légende du football argentin, Diego Maradona.

Nul plus que lui, sans doute, n’aura autant fait mentir l’adage selon lequel «nul n’est prophète en son pays». En Argentine, Diego Maradona était bien plus qu’un prophète, un dieu, pleuré par une nation tout entière - et même au-delà. «Maradona est mort et le monde pleure» : le site du journal Clarin annonce trois jours de deuil national et livre les moindres détails, presque minute par minute, des heures qui ont précédé la mort du joueur, sa dernière photo, les circonstances de son décès, provoqué par une crise cardiaque. La fin d’une existence que le quotidien compare à une «permanente montagne russe entre ses merveilleuses surenchères et ses chutes brutales, (car) personne n’avait jamais donné à Diego Maradona les règles du jeu». «Merci Diego»: sur le site de La Nacion, les dessinateurs du journal ont tenu à lui dire «au revoir», chacun à sa manière. Un simple ballon de foot, envoyé depuis le ciel, comme un ultime clin d’oeil, pour l’illustrateur Tute. Maradona, la dernière envolée céleste, avec un dessin signé Max Aguirre, qui rend hommage aux origines modestes du «pibe de oro», du «gamin en or : «Les dieux populaires sont toujours boueux, comme tous les leurs».

Immense émotion aussi en Italie, où la romance de Diego Maradona avec Naples, entre 1984 et 1991 avait donné lieu à deux titres de champion et une victoire en Coupe de l'UEFA. «Le Dieu du ballon» fait la Une de tous les quotidiens transalpins, à commencer par Il Fatto Quotidiano, qui évoque «l’histoire d’amour» entre le Napoli et le joueur, «ce roi Midas du football, (qui) avait réussi l’exploit de transformer la périphérie en centre», la ville de Naples en capitale du calcio, le championnat italien. «Le calcio va au paradis»: d'après La Repubblica, le nom de Maradona, «joueur immense et unique, pratiquement une divinité», n’aurait même pas à être évoqué, tant il serait «évident, superflu». «Ce serait comme dire qui était Ulysse, qui était Dante Alighieri, qui était Jésus-Christ notre Seigneur, qui était Einstein»:  pour le journal, «Maradona était probablement et tout simplement le plus grand footballeur de tous les temps».

Avant Naples, Diego Maradona avait porté les couleurs du FC Barcelone, de 1982 à 1984. Au Barça, El Pibe de Oro avait réussi le triplé Coupe du Roi, Supercoupe du Roi et Coupe de la Ligue d’Espagne, laissant là encore dans son sillage une émotion, une ferveur dont témoigne la Une du journal catalan El Periodico: «aDios», «pour Dieu, au revoir à jamais». «Le footballeur qui a joué, qui va jouer à être Dieu, à être le numéro dix»: en hommage au joueur, qu’il compare à la fois à «un astre» et à «une tempête», Ara, un autre quotidien catalan, dribble avec les mots. «Idolâtré pour son football et puni pour ses péchés, Maradona est mort à l'âge de 60 ans».

Le joueur argentin a atteint une renommée mondiale, bien au-delà des pays où il a joué. Pour le quotidien libanais L’Orient Le Jour, Diego Maradona «était l’un des joueurs les plus charismatiques et les plus controversés de l’histoire» et restera à jamais, «en dépit de ses excès en tout genre, le «diez», le numéro dix, capable de marquer les plus beaux buts de l’histoire, à l’instar du roi Pelé, finalement son seul rival». «Dieu a retiré sa main»: pour le quotidien allemand Hamburger Morgenpost, Diego Maradona est «entré dans la légende» le 22 juin 1986, en ouvrant la voie à l’Argentine vers sa deuxième Coupe du monde, grâce à «un but qui n'en était pas un» le fameux but de la main contre l’Angleterre en quarts de finale. Ce jour-là, les Argentins attendent beaucoup de l’Albiceleste et comptent prendre leur revanche sur les Britanniques, qui les ont battus quatre ans plus tôt lors de la Guerre des Malouines. Maradona leur offrira cette revanche avec ce but dont il déclara ensuite qu’il l’avait marqué «un peu avec la tête et un peu avec la main de Dieu».

La presse française est à l’unisson de cette ferveur.«Dieu est mort» - ce à quoi on aurait presque envie d’ajouter, comme Woody Allen: «Et moi-même je ne me sens pas très bien». En France, L’Equipe, en pleine crise mystique, évoque «une vie de tous les diables», les «exploits immenses d’un joueur venu de la rue et les faiblesses d’un homme attiré par les ténèbres». «Un amour fou du football et de la vie». «Diego Maradona est mort, le football est mort», surenchérit le magazine So Foot, à propos de ce personnage tout en paradoxes, dont les «prouesses diaboliques se sont finalement retournées contre lui», «une icône populaire et controversée, loin des champions comme il faut», «une idole du Sud, pouvant à la fois être pote avec Castro et Chavez comme il l'avait été un temps avec Carlos Menem, le président droitier de l'Argentine et faire de la pub pour Coca-Cola». «Etre un génie n'est pas une condition de tout repos», conclut le magazine en guise d’épitaphe. Maradona va enfin pouvoir se reposer: «Mercredi, aucune intervention de Dieu ne put l’aider. L’Argentine a déclaré trois jours de deuil national, ce qui nous semble bien mesquin», écrit Libération.

On laissera le mot de la fin à la presse anglaise. 34 ans plus tard, The Daily Mirror n’a pas oublié le but de 1986 mais salue, malgré tout, le «grand» Maradona, désormais «entre les mains de Dieu». The Independent préfère garder le souvenir d’un Maradona flamboyant, victorieux, rayonnant de bonheur, le jour de la victoire de l’Argentine en Coupe du monde, en 1986. Tout est pardonné…

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