"L'extraordinaire courage d'Alexeï Navalny"

L'opposant Alexeï Navalny arrêté dès son retour en Russie
L'opposant Alexeï Navalny arrêté dès son retour en Russie © France 24

À la Une de la presse, ce lundi 18 janvier, l’arrestation de l’opposant Alexeï Navalny dès son arrivée en Russie. La réélection du président ougandais Yoweri Museveni, qui décroche un sixième mandat consécutif. La campagne de vaccination planétaire contre le Covid-19. Et les mots de Martin Luther King, dont la mémoire est commémorée aujourd’hui aux États-Unis.

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À la Une de la presse, l’arrestation hier en Russie de l’opposant Alexeï Navalny, à son retour d’Allemagne, où il avait été hospitalisé, après son empoisonnement en août dernier.

Immédiatement arrêté pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire durant son hospitalisation, l’opposant numéro 1 de Vladimir Poutine a juste eu le temps de déclarer que son arrivée sur le sol russe était «son meilleur jour depuis les 5 derniers mois», selon Vedomosti, qui fait également état de l’arrestation de plusieurs journalistes et de partisans d’Alexeï Navalny, venus l’accueillir. Quel va être désormais le sort de l’opposant? D’après The Guardian, Alexeï Navalny risque trois ans et demi de prison pour le non-respect de son contrôle judiciaire, et dix ans de prison dans l’enquête pour «escroquerie à grande échelle» ouverte contre lui – une peine qui aurait l’avantage, pour le Kremlin, de l’éloigner du devant de la scène politique, mais l’inconvénient de risquer d’en faire un «martyr» et de galvaniser l’opposition.

Depuis hier soir, les appels à la libération immédiate d’Alexeï Navalny se sont multipliés. Aux États-Unis, le futur conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden a demandé à ce que les auteurs de son empoisonnement «rendent des comptes», tandis que The New York Times salue «l’extraordinaire courage» d’Alexeï Navalny, qui savait parfaitement qu’il se ferait arrêter dès son arrivée sur le sol russe. «Après l’empoisonnement qui a failli lui être fatal, Alexeï Navalny a malgré tout fait le choix de revenir» : le journal fait lui aussi état du «dilemme» auquel se retrouve confronté Vladimir Poutine, peu susceptible, néanmoins, d’accepter de se mesurer à Alexeï Navalny dans les urnes aux élections de septembre prochain. Dans le dessin de Willem pour Libération, Navalny «accepte de rentrer chez lui» et se dirige droit dans la gueule du loup, à la langue pendante. «Le tapis rouge, vous avez pensé à tout», ironise-t-il malgré tout.

En Ouganda, le président Yoweri Museveni, 76 ans, au pouvoir depuis 1986, a été réélu samedi dès le premier tour. La perspective de voir le président sortant rempiler pour un sixième mandat désole le journal ougandais The Daily Monitor, dans lequel le dessin d’Ogou le montre buvant à sa propre victoire et à son «avenir assuré», au terme de «plusieurs mois de campagnes violentes, au cours desquels plusieurs dizaines d'Ougandais ont été tués, de nombreux autres tabassés et des candidats de l'opposition arrêtés ou passés à tabac eux aussi». Il devient «extrêmement urgent que M. Museveni, au pouvoir depuis maintenant 40 ans, ne dépasse pas le terme du mandat qu’il vient de décrocher», écrit le journal, sans trop y croire. L’Ouganda viendra-t-il un jour à bout de Yoweri Museveni ? Le dessinateur Igah, pour le quotidien kényan The Nation, se demande s’il existe une lessive pour nettoyer la tache Museveni, qu’ont échoué à enlever les détergents de 2000, 2005, 2010, etc…

À la Une également ce matin, la course planétaire à la vaccination pour enrayer la pandémie de Covid-19. En Inde, deuxième pays le plus touché au monde par l’épidémie, les autorités ont lancé samedi une campagne gigantesque et vacciné plus de 200 000 personnes en deux jours, selon The Hindu, qui précise que les vaccins administrés sont le Covaxin, de la firme indienne Bharat Biotech, et le britannique Covishield, d’AstraZeneca. Le journal évoque une campagne progressive, dans six états seulement tout d’abord, avec des sessions de 4 jours par semaine, par «précaution».

En France, la campagne dite «grand public» débute aujourd’hui et concerne 7 millions de personnes de plus de 75 ans et les malades à haut risque, annoncent Les Échos, qui évoquent la «course de vitesse» engagée désormais avec les virus mutants, après un début de campagne poussif. Cette course a pris des allures dramatiques au Royaume-Uni, où le gratuit Metro rapporte qu’un nouveau patient est actuellement admis à l’hôpital toutes les 30 secondes, tandis que 140 personnes, en moyenne, sont vaccinées toutes les 60 secondes.

Le Covid-19 s’est aussi invité à l’Open d’Australie, où 72 joueurs ont dû être placés en quarantaine. Outre les 47 joueurs et joueuses arrivés samedi via Los Angeles et Abou Dhabi, et mis en quarantaine dès leur atterrissage sur le sol australien, 25 autres joueurs, passagers d’un vol en provenance de Doha, dans lequel une personne a été testée positive, ont également été placés en isolement complet, sans possibilité de s’entraîner - une situation qui provoque la fureur d’une partie des athlètes, d’après The Daily Telegraph. Enfermés dans leurs chambres, d’autres prennent leur mal en patience, à coup de selfies ou de coucous à la fenêtre, s’amuse The Sidney Morning Herald. Le dessinateur Bill Leak, lui, ironise : «Alors, qui se qualifie pour le prochain tour?», demande un spectateur. «Ah non, ça, c’est le traçage des cas contacts», répond un organisateur, dans un dessin publié par The Australian.

Un mot, avant de vous dire à demain, du Martin Luther King’s Day, aujourd’hui, aux États-Unis. À l’occasion de cet anniversaire, qui intervient cette année deux jours avant l’investiture de Joe Biden dans le contexte tourmenté que l’on sait, The Washington Post publie un dessin plein d’espoir de John Heller, citant la grande figure de la lutte pacifique pour les droits civiques que fut Martin Luther King : «Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères ; ou nous périrons tous ensemble, comme des imbéciles».

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