"La classe politique tunisienne est déconnectée de la réalité de la rue"

Affrontements entre émeutiers et forces de l'ordre en Tunisie
Affrontements entre émeutiers et forces de l'ordre en Tunisie © France 24

À la Une de la presse, ce mardi 19 janvier : les affrontements de ces deniers jours en Tunisie, entre jeune émeutiers et forces de l’ordre, sur fond de malaise social, alors que le pays commémore le dixième anniversaire de la chute de Ben Ali. La situation extrêmement préoccupante dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie. Le dernier jour de Donald Trump à la Maison Blanche. L’Europe dans la tourmente épidémique. Et la mort de l’acteur et scénariste français Jean-Pierre Bacri.

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À la Une de la presse, les affrontements entre jeunes émeutiers et forces de l’ordre en Tunisie, dix ans après la révolution.

L’irruption de ces violences, il y a cinq jours, semble dépasser la presse tunisienne, à l’image d’Essahafa, qui exprime sa perplexité face à ces manifestations nocturnes, visiblement spontanées, sans meneurs ni slogans. «La Tunisie a-t-elle vraiment besoin d’une nouvelle vague de vandalisme?», critique le journal. Assabah fait état d’une «ébullition» dans plusieurs régions du pays, en se demandant, lui aussi, «qui se trouve derrière la discorde» et ce qui pousse les jeunes émeutiers à la rébellion et à la confrontation avec les forces de l’ordre.

Le journal évoque «une génération perdue», de plus en plus frustrée par la situation en Tunisie, dont il rend la classe politique responsable – une accusation semblable à celle formulée par Tunisie Numérique. Si le site se dit «interpellé (par) les pillages», il se dit «encore plus interpellé» par les produits volés, du lait, des pâtes, du poulet. «Ces pillards se sont avérés être, plutôt, des affamés. Ça fait honte de le constater», écrit le site, qui estime que si «de nombreux Tunisiens n’arrivent plus à manger à leur faim», c’est parce que leurs dirigeants, le président de la République, le Premier ministre et le président de l’Assemblée, sont «complètement déconnectés de la réalité de la rue tunisienne». «Nos trois éminents présidents sont obnubilés par la course au pouvoir, au point de devenir aveugles sur ce qui se passe dans le pays», étrille Tunisie numérique, qui leur demande de «sortir de leurs sempiternelles querelles » pour « unir leur efforts et sortir le pays du bourbier».

«Troubles à l’occasion du 10ème anniversaire de la chute de Ben Ali» : en Algérie, où le Hirak semble marquer le pas, la situation dans la Tunisie voisine est évidemment scrutée de près, et le dessinateur Hic, pour El Watan, se demande si l’ancien président Ben Ali ne va pas finir par emporter ses successeurs dans sa chute, hier, Moncef Marzouki, demain peut-être, Kaïs Saïed.

À la Une également, la situation extrêmement préoccupante dans la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, où le Premier ministre Abiy Ahmed avait affirmé, le mois dernier, que la guerre était finie. D’après Courrier International, qui cite une enquête de Bloomberg, des images satellites prouvent que la situation sur place est en réalité «très loin d’être apaisée». Selon l’agence de presse américaine, ces images montrent des destructions récentes dans deux camps de réfugiés, dont des infrastructures, notamment un entrepôt du Programme alimentaire mondial et une école, auraient été «volontairement ciblées». Il y a quatre jours, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères a aussi dit avoir reçu «des informations concordantes faisant état de violences à visée ethnique, d’assassinats, de pillages massifs, de viols, de retours forcés de réfugiés et d’éventuels crimes de guerre» dans le Tigré, où le conflit menace de s’étendre au Soudan voisin.

Aux États-Unis, Donald Trump entame aujourd’hui son dernier jour à la Maison Blanche, avant l’investiture de Joe Biden demain. Le monde entier a les yeux rivés sur Washington, où s’apprête à prendre fin le mandat «inédit et très controversé» du président Trump.

«The end», titre sobrement le journal local français Le Télégramme. «L’heure du départ» a sonné : Aujourd’hui en France annonce que le président sortant montera une dernière fois demain matin à bord d’Air Force One, pour retourner dans sa propriété de Floride, sans assister à la prestation de Joe Biden. Une absence inédite dans l’histoire récente des États-Unis.

The New Yorker le montre emporté par l’aigle qui symbolise les États-Unis, désormais «soulagés du poids» de Donald Trump, d’après le magazine. Dans un dessin, Pat Bagley pour The Salt Lake Tribune fait référence, lui, à la tradition de la note manuscrite laissée par chaque président à son successeur, sur le bureau ovale. Air Force One s’éloigne, et Donald Trump a laissé ce mot à Joe Biden : «Allez, salut bande d’abrutis».

Donald Trump quitte le pouvoir en pleine deuxième vague épidémique, qui touche également l’Europe de plein fouet. Au Portugal, longtemps épargné par la flambée épidémique, la situation semble s’être détériorée d’un coup. Le Diario de Noticias fait état d’une situation «pré-catastrophique» dans les hôpitaux, où les services de réanimation sont au bord de la saturation. En raison du manque de lits, les soignants s’alarment de devoir bientôt faire le tri entre les patients et demandent la mise en place d’un confinement plus strict incluant la fermeture des écoles.

En France, où la campagne de vaccination dite de «grand public» a débuté hier, plusieurs centres disent déjà manquer de vaccins et ne plus être en mesure de prendre de nouveaux rendez-vous, d’après L’Union.

Enfin, la presse française rend hommage à l’acteur et scénariste Jean-Pierre Bacri, dont la mort a été annoncée hier. «Un nerf de famille»: Libération évoque «un acteur populaire», souvent attaché au «personnage attachant de bougon perpétuel», un comédien qui a incarné, tout au long de sa carrière, «une intransigeance désespérément humaine».«Le sens de l’affect»: L’Humanité salue la mémoire du «bougon le plus sympathique du cinéma français», dont l’œuvre «débusquait avec humour la bêtise et les petites lâchetés ordinaires».

En Suisse, Le Temps rend hommage à ce «râleur au grand cœur», qui avait débuté sa vie professionnelle comme employé de banque. Une expérience qui lui avait laissé un souvenir cuisant, raconté bien des années plus tard, au quotidien Le Monde : «Sourire. Tout le temps sourire. Eh bien j’en ai eu marre. J’ai décidé que c’était inhumain. Que je ne ferais plus jamais ces minables concessions d’amabilité et de sourire forcé. Quand je sourirais, ce serait spontanément, quand ça me viendrait. Parce qu’un sourire, ça a de la valeur. À celui qui me l’arrache, je donne quelque chose de bon et de vrai… Alors on dit souvent que je fais la gueule. Mais oui ! Bien sûr que je fais la gueule! Et je vais continuer à la faire ! Quand je n’ai rien à dire et aucune raison de sourire, je fais la gueule. Je fais ma gueule. C’est-à-dire, j’ai cette tête.»

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