Condamnation de Nicolas Sarkozy à un an de prison ferme: "Le coup de tonnerre"

L'ancien président Nicolas Sarkozy condamné à un an de prison ferme pour "corruption"
L'ancien président Nicolas Sarkozy condamné à un an de prison ferme pour "corruption" © France 24

A la Une de la presse française et internationale, ce mardi 2 mars, la condamnation, hier, de Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont un ferme, pour corruption, une première en France. Un jugement dont l’’ancien président a annoncé vouloir faire appel. 

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La condamnation, hier, de l’ancien président Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont un ferme, pour «corruption», une première, fait la Une de la quasi-totalité de la presse française.

Le journal local Sud-Ouest évoque un «coup de tonnerre», un jugement «historique»,  dont Nicolas Sarkozy dit vouloir faire appel. D’après le journal,  son «retour en politique, tant espéré par une par une partie de son camp», serait désormais «très compromis» - «d’autant que d’autres procès se profilent à l’horizon». «Justice pour tous»: Libération se réjouit de voir la France «rejoindre les démocraties où les puissants sont des justiciables comme les autres», tandis que L’Humanité, plus satisfait encore de voir Nicolas Sarkozy jugé comme un «simple délinquant», parle d’un jugement «qui fait office de camouflet personnel et politique», en accusant Nicolas Sarkozy d’avoir été un «corrupteur en chef».

Satisfaction, aussi de Mediapart, à l’origine de plusieurs enquêtes sur l’ancien président, notamment sur le financement présumé de sa campagne de 2007 par la Libye. Pour le site d’information en ligne, l’affaire «Paul Bismuth», qui vaut à l’ex-président cette condamnation, «est un arbre qui ne cache pas la forêt mais la montre: un pays malade de sa corruption» - le délit «sans nul doute le plus infamant pour qui a eu une charge publique», selon Mediapart, qui rappelle que l’ancien président Jacques Chirac fut condamné pour le même motif. Le site fait d’ailleurs un parallèle entre les deux hommes, tous deux adeptes, «à des degrés divers, de la tolérance zéro vis-à-vis de la délinquance de droit commun, sauf celle en col blanc. Et tous deux prompts (à) sombrer dans les élucubrations complotistes les plus folles quand la police et la justice anticorruption (se sont approchés) d’un peu trop près d’eux-mêmes ou de leurs amis».

Ces accusations sont en partie relayées par une partie de la presse française. L’Opinion compare lui aussi Nicolas Sarkozy à Jacques Chirac, mais souligne que celui-ci était déjà retiré de la vie politique et n’y exerçait plus aucune influence, lors de sa condamnation, alors que c’est «tout l’inverse», pour Nicolas Sarkozy. «Difficile, dans ces conditions, d’imaginer que les juges auraient pu faire totalement abstraction de cette dimension», écrit le journal – qui voit la justice française, et en particulier le parquet national financier, (qui est à l’origine des poursuites, mais pas du jugement), «prise dans un entrelacs de conflits publics et de règlements de comptes entre ses membres et ses contempteurs», et en particulier Nicolas Sarkozy, qui avait comparé les magistrats à des «petits pois» sans «saveur». Qu’en termes délicats ces choses-là sont dites. Le Figaro, lui, est on ne peut plus clair et fustige «une sentence d’une grande sévérité, alors que le procès n’a pas mis en lumière de preuves irréfragables». Le journal accuse, lui, le pouvoir judiciaire de «céder à l’hubris, la démesure, qu’il traque impitoyablement chez les élus».

Beaucoup de réactions, également, dans la presse étrangère. «Tant que le jugement n’est pas confirmé en appel, la présomption d’innocence est de rigueur», rappelle Le Soir. Le quotidien belge présente l’affaire «Paul Bismuth» comme un «zakouski», un hors-d’œuvre avant les autres affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy est mis en cause, Bygmalion, financement libyen, le dossier russe… «Pour paraphraser Jacques Chirac, les merdes judiciaires volent en escadrille pour le toujours très tonitruant Nicolas Sarkozy». En Suisse, Le Temps parle d’un «jugement sévère», dont il ne faudrait toutefois pas «s’étonner», dans la mesure où Nicolas Sarkozy avait, en tant que président, un devoir d’exemplarité - une charge dont il se serait « affranchi », en cherchant à obtenir des renseignements sur une affaire en cours, ce qui «légitime sa condamnation», selon le quotidien suisse. Celui-ci, néanmoins, s’interroge: «Un responsable politique, en France comme en Suisse, peut-il, aujourd’hui, sortir innocenté d’un procès?». «Les juges ne ressentent-ils pas le besoin de condamner pour l’exemple, malgré les arguments avancés durant les audiences, et les éléments parfois insuffisants d’un dossier?». Pour Le Temps, la condamnation de Nicolas Sarkozy sonne comme un avertissement: «L’heure est venue d’en finir, en France, avec le précipice d’exemplarité qui divise les juges et les dirigeants élus».

La presse étrangère, qui doute fortement de la possibilité d’un retour de Nicolas Sarkozy en 2022 lors de la prochaine présidentielle. «Le crash de Nicolas Sarkozy: l’ex-président français n’a plus aucune chance de revenir en tant que délinquant condamné»: en Allemagne, le jugement du Tagesspiegel, qui évoque «l’affaire de trop», est quasiment sans appel. Et le quotidien espagnol ABC enfonce encore un peu plus le clou: «Adieu au rêve de Sarkozy de revenir à la présidence française». D’après le journal, «la principale bénéficiaire» des déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy pourrait être la patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, qu’un sondage donnerait déjà en tête du premier tour, en 2022...

 

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