"Les femmes afghanes veulent la justice"

Assassinat de trois femmes journalistes en Afghanistan
Assassinat de trois femmes journalistes en Afghanistan © France 24

A la Une de la presse française et internationale, ce mercredi 3 mars: la libération, hier, au Nigeria, de centaines de jeunes filles enlevées vendredi dans le nord-ouest du pays. L’assassinat, en Afghanistan, de trois femmes journalistes d’une chaîne de télévision locale. La contre-attaque judiciaire et médiatique de Nicolas Sarkozy. Et l’albatros Wisdom.

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A la Une de la presse, la libération, hier, de centaines de jeunes filles enlevées vendredi, dans un pensionnat du nord-ouest du Nigeria.

Des centaines de jeunes filles, portant des hijabs bleu ciel, rassemblées dans des locaux du gouvernementde Zamfara: l’image, assez spectaculaire, est publiée ce matin à la Une du Daily Trust, qui rapporte que la totalité des 279 jeunes filles enlevées, ont été libérées, selon les autorités. D’après le quotidien nigérian, certaines d’entre elles se seraient vu proposer par leurs ravisseurs d’abandonner l’école, pour les épouser. The Daily Trust rappelle qu’il s'agissait de la quatrième attaque d'école en moins de trois mois dans le nord-ouest du Nigeria, et s’alarme de la multiplication des enlèvements par des groupes criminels dans la région: "Ne laissons pas les bandits détruire l’éducation dans le nord du pays", interpelle le journal, en accusant le gouvernement nigérian de n’avoir tiré "aucune leçon" depuis l’enlèvement des lycéennes de Chibok, en 2014. "Le but des ravisseurs n’est pas seulement de récupérer une rançon, mais de décourager l’éducation à l’occidentale dans le nord du Nigeria", martèle le quotidien, qui demande aux autorités de "déployer suffisamment de personnel", pour assurer la sécurité des élèves dans la région.

En Afghanistan, trois femmes travaillant pour une chaîne de télévision locale ont été abattues, hier, par des hommes armés, à Jalalabad, dans l’est du pays. Des attaques revendiquées par le groupe Etat islamique. D’après The Guardian, Mursal Habibi, Saadia et Shahnaz avaient quitté les locaux de la chaîne de télévision Enikass TV et rentraient à leur domicile, quand des hommes armés ont ouvert le feu sur elles, dans deux assauts distincts - des attaques qui viennent s’ajouter à la longue liste des assassinats ciblés visant des journalistes et des militants de la société civile, dont le quotidien britannique rappelle que le nombre a explosé ces derniers mois, depuis le début, en septembre, des pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans. Ces derniers ont nié avoir été impliqués dans l’attaque d’hier, mais assument pleinement, en revanche, leur refus de laisser les filles aller à l’école – notamment dans la province de Takhar, dans le nord du pays, selon The Afghanistan Times, qui rappelle "leur comportement restrictif à l’égard des femmes, auxquelles ils refusaient, du temps de leur régime, dans les années 90, l’accès à l’école et au travail". Les femmes sont plus que jamais victimes de la violence en Afghanistan, d’après le quotidien – inquiet, également, de l’augmentation, depuis un an, des violences domestiques, notamment du fait du confinement. Des violences qui ont coûté la vie à plus de 136 Afghanes, et débouché sur le dépôt de plus de 4000 plaintes, selon le journal. "Les victimes ne veulent pas de compassion, elles sont fatiguées de l’impunité. Elles veulent la justice".

Dans la presse, également, la décision du président français Emmanuel Macron de reconnaître que le militant nationaliste algérien Ali Boumendjel a été "torturé et assassiné" par l’armée française pendant la guerre d’Algérie, en 1957. Liberté Algérie publie à cette occasion, le communiqué diffusé hier par l’Elysée expliquant que cette reconnaissance, "au nom de la France", et annoncée par Emmanuel Macron lui-même aux quatre petits-enfants d’Ali Boumendjel, fait partie "des gestes d’apaisement recommandés par l’historien Benjamin Stora dans son rapport sur la colonisation et la guerre d’Algérie" - des gestes destinés à "résoudre les tensions entre les deux pays autour de la mémoire de ce conflit", au cours duquel le meurtre d’Ali Boumendjel avait été maquillé en suicide.

Lui, est loin d’être apaisé, et se dit "indigné" par sa condamnation, lundi, à trois ans de prison dont un ferme pour "corruption": Nicolas Sarkozy passe à l’offensive. Outre la contre-attaque judiciaire, avec la décision de faire appel de cette condamnation, l’ancien président français se lance dans une offensive médiatique. Premier servi, Le Figaro, où Nicolas Sarkozy affiche sa détermination à faire valoir son "innocence": "Je ne peux accepter d’avoir été condamné pour ce que je n’ai pas fait", martèle l’ancien chef de l’Etat, qui assure ne pas avoir l’intention de se présenter à la présidentielle de 2022, condamnation ou pas. Si Nicolas Sarkozy se perçoit comme la victime d’un acharnement judiciaire, le dessinateur Steve Bell estime, lui, que la justice a été plutôt clémente envers l’ex-président: "Je vous condamne à être conduit dans votre grande maison et à recevoir une tape sur la main, jusqu’à ce que vous en soyez très incommodé", déclare un juge à l’accent français, dans un dessin publié par The Guardian. Nicolas Sarkozy face à la justice, c’est à voir aussi avec un dessin de Chapatte, pour Le Temps. "Vous pourrez purger votre peine avec un bracelet", propose la juge. "Rolex, alors", répond l’ex-président - allusion à la formule de l’un de ses proches, le publicitaire Jacques Séguéla, qui avait déclaré que si on n’avait pas de Rolex à 50 ans, c’est qu’on avait "raté sa vie".

On ne se quitte certainement pas là-dessus. Avant de vous dire à demain, je vous propose de jeter plutôt un cil au journal The Independent, qui rapporte que le plus vieil oiseau sauvage connu, une femelle albatros, dont le nom est "Wisdom", "Sagesse", a été vue des derniers jours dans le Pacifique nord en train de nourrir l’un de ses oisillons à l’âge canonique de 70 ans. Quelle santé! On apprend, au passage que les albatros de Laysan, sont une espèce où les couples s'associent pour la vie, mais qu’en raison de sa longévité, Wisdom a dû se trouver plusieurs partenaires, après avoir survécu à ses compagnons. Une albatros cougar, donc.

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