Dix ans de la révolution syrienne : "C'est ainsi que l'on tue un peuple et que l'on détruit un pays"

Dixième anniversaire de la révolution syrienne
Dixième anniversaire de la révolution syrienne © France 24

À la Une de la presse, ce lundi 15 mars : les dix ans de la révolution syrienne, qui a déclenché une guerre civile ayant fait des centaines de milliers de morts et déplacé près de 12 millions de personnes. L’indignation, au Royaume-Uni, après la dispersion brutale, samedi, d’un rassemblement en hommage à une jeune femme assassinée. Le bilan d’une année de pandémie en France. Et le bel hommage du roi Pelé à Cristiano Ronaldo.

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À la Une de la presse, les dix ans de la révolution syrienne. Celle-ci a déclenché une guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts, et 12 millions de déplacés, selon les ONG.

«C’est ainsi que l’on tue un peuple et que l’on détruit un pays» : à la Une d’Al Araby Al Jadeed, ce matin, l’image d’un enfant syrien posant sur des carcasses de missiles dans la ville d’Idleb - une photo signée Aref Wated, pour l’Agence France Presse. Le quotidien panarabe de Londres accuse le régime syrien et ses alliés d’avoir «transformé la révolution en guerre civile». «Contre les Syriens, rappelle la version anglophone du journal, on a jeté des armes chimiques, des barils de bombes, des escadrons de la mort sectaires. Des centaines de milliers d’entre eux ont été tués, exterminés dans les prisons, torturés, violés et des millions d’autres ont été condamnés à la précarité cruelle de la vie de réfugiés».

«Dix ans après la révolution, la moitié du peuple syrien a été déplacée et l’autre moitié peine à survivre» : Al Quds Al Araby, un autre quotidien panarabe de Londres, considère que le président Bachar al-Assad, loin d’avoir réussi à établir, à affermir son pouvoir, l’a remis entre les mains de l’Iran et de la Russie.

Dix ans plus tard, le clan Assad «gouverne une Syrie en ruines», selon L’Orient Le Jour. Si le quotidien libanais relève que Damas contrôle désormais plus de 60 % du territoire syrien, il note que le régime est «brinquebalant» et ne qu’il ne doit sa survie qu’à l’intervention iranienne et russe. «Le pays est en ruines, morcelé, soumis au joug de différentes puissances extérieures, dont la Turquie», constate le journal, qui se demande «pourquoi l’opposition syrienne a échoué».

Interrogée par L’Orient Le Jour, la chercheuse Bassma Kodmani évoque notamment le fait que «l’unité de l’opposition syrienne a été artificiellement maintenue», au prix de stratégies réellement efficaces à la fois sur le terrain et dans les négociations : «le prix de cette unité d’apparence a été la perte d’efficacité», résume la chercheuse, qui regrette que l’opposition syrienne ait échoué à présenter une alternative crédible au régime.

Longtemps présentée comme le visage avenant et moderne du clan Assad, Asma Assad, est désormais dans le collimateur des Occidentaux. D’après The Guardian, une enquête a été ouverte par la police britannique contre l’épouse du président syrien, qu’elle soupçonne d’incitation à des actes terroristes, à l’occasion de discours ou d’apparitions publiques, ces dix dernières années. Des poursuites qui pourraient lui coûter sa nationalité britannique.

Au Royaume-Uni, justement, la police de Londres est sous le feu des critiques, après son intervention, samedi, lors d’un hommage non autorisé à une jeune Londonienne enlevée et tuée. L'intervention musclée de la police de Londres contre les centaines de personnes qui s’étaient rassemblées en hommage à Sarah Everard provoque un tollé, outre-Manche, où l’image d’une jeune femme rousse plaquée à terre, samedi, fait encore la Une, ce matin. D’après The Daily Mail, la ministre de l’Intérieur Priti Patel et le maire travailliste de Londres Sadiq Khan exigent des explications, tandis que d’autres appellent à la démission de la cheffe de la police de Londres.

«Les gens sont en droit de se demander pourquoi un simple rassemblement de femmes, qui n’était pas une manifestation, a donné lieu à une répression aussi brutale», critique The Independent, peu convaincu, visiblement, par les arguments de la police de Londres, qui a justifié la dispersion de ce rassemblement par la nécessité de lutter contre la propagation du Covid-19. Dans le dessin de Peter Schrank pour The Times, des femmes venues rendre hommage à Sarah Everard, assassinée alors qu’elle rentrait simplement chez elle du travail, sont emmenées, menottées, par des policiers qui ont brisé leurs pancartes «Stop aux violences contre les femmes».

La presse française, elle, fait le bilan de la pandémie un an après l’entrée en vigueur du premier confinement, le 17 mars 2020. Le journal local Sud-Ouest est allé à la rencontre des habitants de la région pour leur demander comment ils ont vécu cette année. Une crise qui a accéléré, pour beaucoup, un changement de vie.

En France, l’épidémie de Covid-19 a fait plus de 90 000 morts, des hommes et des femmes dont la disparition a souvent été «escamotée», et leurs proches «abandonnés à un deuil bâclé», selon Libération, qui a choisi de rendre hommage aux «victimes invisibles» du Covid. Un an après le premier confinement, la bataille contre le Covid reste toujours aussi intense. Les Échos font état du transfert de dizaines de patients d’Île-de-France vers d’autres régions pour soulager les services de réanimation débordés. Une mesure dont on ignore, pour le moment, si elle sera suffisante pour éviter un reconfinement.

On ne se quitte pas là-dessus. Parce qu’on a besoin, plus que jamais, d’un peu de tendresse et de bienveillance dans ce monde de brutes, y compris entre les générations, je vous invite à jeter un cil à la bible portugaise du foot. A Bola rapporte que le roi Pelé a tenu à saluer Cristiano Ronaldo, qui totalise, depuis hier soir, 770 buts inscrits lors de matches officiel, soit trois de plus que le record détenu jusque-là par l'attaquant brésilien. Celui-ci a partagé son admiration et ses amitiés : «Je vous admire beaucoup et ce n'est un secret pour personne. Félicitations pour avoir battu mon record de buts en matches officiels. Je laisse cette photo en votre honneur, avec beaucoup de tendresse, comme symbole d'une amitié qui existe depuis de nombreuses années».

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