Sauvetage au large des Canaries : "Le drame perpétuel de l'immigration clandestine"

Une petite fille rescapée du naufrage d'une "patera" au large des Canaries.
Une petite fille rescapée du naufrage d'une "patera" au large des Canaries. © France 24

À la une de la presse, jeudi 18 mars, une nouvelle image choc du drame de l’immigration clandestine vers l’Europe ; la crise migratoire en cours aux États-Unis ; les déclarations peu diplomatiques du président américain Joe Biden sur son homologue russe Vladimir Poutine ; la passe d’armes UE/Royaume-Uni sur les vaccins contre le Covid-19 ; et une polémique sur les chiffres romains.

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À la une de la presse espagnole, une image choc : la photo d'une petite fille, secourue mardi soir aux côtés d'une cinquantaine de migrants, au large de l'archipel des Canaries.

Allongée à même le sol, sur la jetée du port d'Arguineguin, dans le sud de l'île de Gran Canaria, cette petite fille inanimée, en état d'hypothermie sévère, soutenue par un secouriste espagnol, fait la une d'El Pais, qui rapporte que l'enfant a été sauvée in extremis et transportée dans un état critique à l'hôpital. Le journal précise également que cette petite fille, originaire d'Afrique subsaharienne, a été secourue avec sa mère, qui affirme que son enfant, malgré sa petite taille, est âgée de cinq ans. Outre cette petite fille, 10 autres personnes, également en état d'hypothermie, ont été hospitalisées, sur les 52 migrants retrouvés, parmi lesquels beaucoup de femmes et d'enfants, selon le journal catalan El Periodico, qui évoque le "drame perpétuel" de l'immigration clandestine. En 2020, 23 000 migrants ont tenté de rejoindre l'archipel des Canaries par la mer et plus de 500 d'entre eux ont disparu ou sont morts, au cours de leur tentative.

Aux États-Unis, l'arrivée massive de migrants à la frontière avec le Mexique depuis le mois dernier, a conduit le nouveau président Joe Biden à leur demander de ne "pas venir" dans le pays. D'après The New York Post, plus de 100 000 migrants ont été arrêtés en février – la "pire crise migratoire depuis 20 ans". Le tabloïd ultraconservateur cite les propos du nouveau ministre à la Sécurité intérieure et les critiques des républicains, qui accusent Joe Biden d'avoir provoqué un appel d'air en promettant un accueil plus généreux que son prédécesseur, Donald Trump. Dans le dessin de Ramirez, pour The Las Vegas Review Journal, le président conseille à ses compatriotes de porter des masques. Lui, en porte plusieurs, qui lui recouvrent les oreilles : "Je n'ai rien entendu au sujet d'une crise humanitaire à la frontière".

Joe Biden a accusé mercredi, dans un entretien télévisé, le président russe Vladimir Poutine d'être "un tueur" qui paiera "le prix" de ses actes. Cette déclaration a déclenché la fureur de Moscou, qui a annoncé, quelques heures plus tard, avoir rappelé son ambassadeur aux États-Unis pour consultations, tout en assurant vouloir éviter la "dégradation irréversible" de ses relations avec Washington. Le journal Vedomosti, lui, ironise : "Mmmmm… oui", titre le journal – en se moquant de la façon dont le président américain, qui a longtemps souffert de bégaiement, a semblé concéder, du bout des lèvres, que son homologue russe était bien un "tueur". Le quotidien officiel Kommersant évoque, lui, "un scandale sans précédent" pour les relations russo-américaines, qui éclate au lendemain de la publication d'un rapport des services de renseignement américains accusant Vladmir Poutine d'avoir ordonné une ingérence dans la campagne pour la présidentielle de novembre, afin de favoriser la victoire de Donald Trump.

Passe d'armes, également, entre l'UE et le Royaume-Uni, après que la présidente de la Commission européenne a menacé de durcir les conditions d'exportation hors UE des vaccins anti-Covid qui y sont produits. Selon Ursula von der Leyen, l'Union européenne a exporté 10 millions de doses, principalement Pfizer, ces six dernières semaines, vers le Royaume-Uni, auquel elle demande d'appliquer le principe de réciprocité pour le vaccin d'AstraZeneca – faute de quoi l'UE bloquera ses exportations. Une déclaration à la une du gratuit Metro, qui note que ces menaces de représailles, interviennent en pleine polémique européenne sur de possibles effets secondaires de l'AstraZeneca – polémique qui a pour conséquence de laisser des millions de doses de ce vaccin inutilisées, dans l'attente de l'avis de l'Agence européenne du médicament, qui doit se prononcer ce jeudi. Cette nouvelle passe d'armes apporte évidemment beaucoup d'eau au moulin des eurosceptiques outre-Manche, qui y voient, à l'image du Daily Express, "la preuve, s'il en était besoin, que l'Union européenne ne laissera jamais le Royaume-Uni en paix", malgré le Brexit. "Dans une déclaration hautement provocatrice, Ursula von der Leyen menace de confisquer des vaccins qui pourraient sauver les vies de milliers de Britanniques" : le tabloïd accuse, carrément, la Commission européenne de déclarer "la guerre des vaccins" au Royaume-Uni, pour masquer ses propres défaillances dans la gestion de la crise sanitaire.

À la rubrique "polémique", toujours, quoique dans un registre moins dramatique, le Huffington Post rapporte que la presse italienne est vent debout contre la décision du musée Carnavalet de Paris de remplacer les chiffres romains par les chiffres arabes, pour faciliter la compréhension des visiteurs. Un changement étrillé, notamment, par le Corriere della Sera, qui voit dans "cette histoire des chiffres romains une synthèse parfaite de la catastrophe culturelle en cours : d'abord, on n'enseigne pas les choses, puis on les élimine pour que ceux qui les ignorent ne se sentent pas mal à l'aise". Le quotidien italien, particulièrement remonté, dénonce une "stupidité" participant "d'un fléau plus général, celui du 'politiquement correct'", avant de conclure, ironiquement, qu'il serait "souhaitable d'avoir une loi imposant l'analphabétisme obligatoire et le retour à la seule communication orale".

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