"Le Covid-19 tire parti des faiblesses et des divisions mondiales"

Tribune d'une vingtaine de dirigeants appelant à un traité international sur les pandémies
Tribune d'une vingtaine de dirigeants appelant à un traité international sur les pandémies © France 24

À la une de la presse, mardi 30 mars, une tribune signée par une vingtaine de dirigeants mondiaux appelant à un "traité international sur les pandémies". La pression croissante sur le président français Emmanuel Macron pour adopter des mesures sanitaires plus restrictives et pour accélérer les vaccinations, face à la troisième vague de Covid-19. L’ouverture, aux États-Unis, du procès du policier qui a tué George Floyd. Une affaire semblable au Mexique. Et un malfrat aussi gourmand que malchanceux.

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À la une de la presse, une tribune appelant à un "traité international sur les pandémies" pour affronter les futures crises sanitaires.

D'après The Daily Telegraph, les dirigeants de pays des cinq continents, dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson ou encore les présidents sud-coréen, Moon Jae-in, sud-africain, Cyril Ramaphosa et chilien, Sebastián Pinera, soulignent que le Covid-19 "tire parti (des) faiblesses et (des) divisions" mondiales et que seul "un engagement collectif" permettra d'améliorer "les systèmes d'alerte, la mise en commun des informations, la recherche, ainsi que la production et la distribution" des vaccins et des médicaments. Publiée, notamment, en Allemagne, par le Frankfuter Allgemeine Zeitung, cette tribune insiste sur le fait que "d'autres pandémies et d'autres situations d'urgence sanitaire de grande ampleur" se présenteront inévitablement dans le futur. Les dirigeants des États-Unis, de la Russie, de la Chine, du Japon, de l'Inde et du Brésil ne figurent pas, toutefois, parmi les signataires de ce texte.

En France, la pression continue de monter sur Emmanuel Macron pour renforcer les restrictions sanitaires et accélérer les vaccinations, face à la violence de la troisième vague épidémique. "Il attend quoi ?", s'impatiente Libération, très remonté contre le président, accusé de "prendre toutes les décisions seul", puis de "laisser tout le monde attendre le fruit de ses ruminations". Une attitude dans laquelle Emmanuel Macron aurait fini par s'enfermer, s'entêtant "à prouver qu'il avait raison dans (un) pari", qu'il finirait "par rendre plus injustifiable, sinon carrément capricieux". "Comme un enfant étrangle un nœud qu'il essaie vainement de défaire". Cette critique est partagée par la presse étrangère, citée par Courrier International. Selon les quotidiens étrangers, le pari sanitaire d'Emmanuel Macron d'opter pour des confinements partiels et locaux, sans fermeture des écoles, est non seulement "en train de se révéler perdant", mais "sa mise en scène permanente en homme fort montre clairement ses limites". Le magazine cite notamment le commentaire du Süddeutsche Zeitung, le quotidien allemand, qui souligne, lui aussi, le manque de discussions sur la crise sanitaire : "S'il est déjà clair que la décision est le fait d'un seul homme, les gens seront moins nombreux à s'impliquer dans les débats. Et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il n'y a presque aucun autre pays en Europe où la politique suscite aussi peu de confiance qu'en France".

À la une, également, l'ouverture, aux États-Unis, du procès de l'ancien policier Derek Chauvin, inculpé du meurtre de George Floyd, lors de sa violente interpellation, en mai dernier. La planète entière avait déjà vu ces images, mais le jury désigné pour juger Derek Chauvin a de nouveau enduré, hier, l'intégralité des neuf minutes et 29 secondes de cette vidéo insoutenable - une vidéo montrant George Floyd maintenu à terre, un genou sur la nuque, répétant, à 27 reprises : "Je ne peux pas respirer". Ces 9 minutes et 29 secondes d'agonie sont à la une, notamment, de la version britannique du gratuit Metro. Dix mois après, outre-Atlantique, l'indignation est intacte. The Washington Post raconte que la première à avoir été témoin de ces images a été la répartitrice du 911, le numéro d'urgence de la police américaine, qui a assisté en temps réel à l'arrestation, filmée par une caméra de surveillance. Selon elle, le plaquage de George Floyd a duré si longtemps, qu'elle s'est demandé si le flux de la caméra ne s'était pas figé. "Mon instinct me disait que quelque chose n'allait pas", a déclaré cette femme pour justifier sa décision, inhabituelle, de signaler l'usage de la force par les policiers. "Espérons que le jury n'acceptera pas qu'un officier de police puisse être entraîné à avoir autant envie de faire du mal, et à se montrer si indifférent à la souffrance humaine", s'émeut The Washington Post.

Indignation, aussi, au Salvador, après la mort, dans des circonstances semblables à celle de George Floyd, d'une jeune migrante salvadorienne, lors de son interpellation par la police mexicaine. La ressemblance des images est stupéfiante. Victoria Salazar, 36 ans, mère de deux enfants et qui vivait au Mexique depuis 5 ans, aurait eu la nuque brisée, samedi, par les policiers qui l'avaient arrêtée après une altercation à Tulum, dans l'est du pays. "Le cas de ma fille est semblable à celui de George Floyd", déclare sa mère dans El Salvador, qui rapporte que le président salvadorien, Nayib Bukele, a demandé justice au Mexique, en présentant la mort de Victoria Salazar comme une manifestation de "misogynie". Mais selon El Universal, le fléau des violences policières au Mexique va bien au-delà des seuls cas de féminicides. Pour le quotidien mexicain, qui cite plusieurs bavures très médiatisées entre 2017 et 2020, le problème est systémique et concerne aussi bien la police que la justice. Le journal évoque "un cocktail explosif de mauvaise formation (des policiers), d'abus continus et d'impunité systématique", qui  "conduit presque inévitablement à des tragédies comme celle de Tulum".

On ne se quitte pas là-dessus. À la rubrique faits divers, toujours, quoique dans un registre nettement plus amusant, The Guardian fait état de l'arrestation la semaine dernière, pas très loin de là, d'un membre de la mafia italienne, qui se trouvait en cavale en République dominicaine. Marc Feren Claude Biart, c'est son nom, menait une vie tranquille à Boca Chica, près de Saint-Domingue, avant d'être trahi par son goût pour la gastronomie italienne, qu'il avait jugé important de partager sur YouTube, dans des vidéos où il expliquait ses secrets de cuisine. Bien qu'ayant pris le soin de cacher son visage, le malfrat présumé avait exposé ses tatouages, qui ont finalement permis à la police de l'identifier. Quelle déveine!

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