Naufrages de migrants : "Un moment de honte" pour l'Europe

Naufrages de migrants: "Un moment de honte"
Naufrages de migrants: "Un moment de honte" © France 24

À la une de la presse, mardi 27 avril, un nouveau drame de l’immigration clandestine au large des îles Canaries, moins d’une semaine après la découverte, en Méditerranée, des débris d’une embarcation transportant 130 personnes, pour la plupart portées disparues. La présentation, aujourd’hui, par l’Allemagne, la France et l’Italie, de leur plan de relance à la Commission européenne. Et des bougies pour les nostalgiques de la vie de bureau.

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À la une de la presse, mardi, ce nouveau drame de l'immigration clandestine, alors que 17 personnes ont été retrouvées mortes, sur un bateau au large des Canaries.

D'après Canarias Ahora, tous les passagers, dont trois ont pu être sauvés, étaient d'origine subsaharienne. Le quotidien local espagnol évoque "la pire tragédie" qui se soit produite au large des Canaries depuis le mois d'août, lorsque la Guardia Civil avait localisé une autre patera avec quinze cadavres à bord, sans aucun survivant, à 200 km, environ, au sud de Gran Canaria. Cités par Le Monde, des groupes de défense des droits humains affirment que la crise du Covid-19 a augmenté le nombre de candidats à la traversée, beaucoup d'entre eux ayant perdu leur travail. Selon le quotidien français, les arrivées de migrants aux Canaries se sont aussi multipliées après l'augmentation des patrouilles sur la côte sud de l'Europe, qui auraient "considérablement réduit les traversées en Méditerranée".

Ces traversées de la Méditerranée se poursuivent, malgré tout, donnant lieu à d'autres tragédies. La semaine dernière, les débris d'une embarcation transportant 130 migrants ont été découverts au large de la Libye. Réagissant à ce énième naufrage, le pape François a dénoncé, dimanche, "un moment de honte" - des mots que L'Osservatore Romano, le journal officiel du Vatican, a choisi d'illustrer par une image poignante, une sculpture de l'artiste anglais Jason de Caires Taylor représentant un rafiot surchargé de migrants, taillé dans la pierre, et immergé au sein du Museo Atlantico, un musée sous-marin au large des Canaries. De Standaard, cité par Courrier International, a enquêté sur ce naufrage. "L'Europe regarde 130 migrants se noyer, depuis un avion" : d'après le quotidien belge, Frontex, l'agence européenne responsable des frontières, alertée par une organisation de secours aux migrants, se serait contentée d'envoyer un avion en reconnaissance, avant de renvoyer la balle aux garde-côtes libyens, qui n'auraient rien fait, eux non plus.

L'Union européenne, à laquelle la France, l'Allemagne et l'Italie, présentent aujourd'hui leur plan de relance à 750 milliards d'euros. Dans une interview au Zeit et au Figaro, les ministres des Finances français et allemand assurent que ce plan est "une percée historique" pour la construction de l'UE. Le journal, lui, se réjouit de voir l'Europe parvenir "à un consensus pour emprunter et investir collectivement", mais regrette que l'UE, "victime de sa complexité politique et de sa lourdeur bureaucratique, avance cahin-caha, pendant que ses rivaux chinois et américain galopent", comme "ce fut le cas pour les vaccins". En Italie, le plan de Mario Draghi suscite également des réserves, notamment à gauche, où Il Manifesto ironise sur le ton dramatique du président du conseil face aux parlementaires, auxquels il a assuré que le "sort", le "destin" de l'Italie était en jeu. Le quotidien critique un plan "de résilience sans âme", en décalage, selon lui, avec la réalité vécue par les Italiens, Il Manifesto soulignant "le contraste" entre "la souffrance vivante de millions de personnes et l'aridité des chiffres et des tableaux" de Mario Draghi.

En France, la polémique grandit, après la publication, la semaine dernière, d'une tribune signée par une vingtaine de militaires en retraite, dénonçant le "délitement" supposé de la France. D'après Le Figaro, cette tribune dénonçait, pêle-mêle, "un certain antiracisme" qui ne chercherait qu'à créer "un mal-être" sur le sol français, "l'islamisme", qui nourrirait le séparatisme, ou encore l'utilisation de la force contre les Gilets jaunes. Un texte salué par la patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, qui a invité ses signataires à la rejoindre. La ministre des Armées, Florence Parly, elle, a réagi dans Libération, s'offusquant de voir la présidente du RN oublier le principe de neutralité de l'armée. "Qui sont ces généraux retraités qui prétendent défendre la France, alors qu'ils attisent les flammes de la haine ?", s'interroge-t-elle. Si L'Opinion dénonce "les délires de galonnés nostalgiques", le journal prévient, néanmoins, que leur texte "devrait agir comme un signal d'alarme", car "les idées de sourde révolte existant dans la société (pourraient) aussi (finir par) s'épanouir dans l'armée". Le quotidien appelle le gouvernement à s'interroger sur certaines "dérives" au sein de la société française, qu'il compare, précisément, au mouvement des Gilets jaunes et à "ses cortèges de violence". "Même s'il n'est aujourd'hui qu'hypothétique, c'est contre le retour, sous une autre forme, de cet engrenage-là, que le pouvoir doit se mobiliser".

À la rubrique nostalgie, toujours, quoique dans un tout autre registre, The Guardian rapporte qu'un couple de New York a eu l'idée, conçue au départ comme une plaisanterie, de lancer une gamme de bougies parfumées à l'odeur de "bureau". Un concept pour les nostalgiques du travail "en présentiel", entre la photocopieuse et la machine à café, qui leur a valu de se retrouver assaillis de commandes. D'après le journal, l'odeur "dossier chaud de 96 pages laissé sur l'imprimante" et le parfum "rush de l'après-midi à la cafétéria", auraient été les premiers à être épuisés. Certaines recettes laissent toutefois assez songeur. "On a fait bouillir de la cire et jeté autant de parfums nocifs que possible - alcool, grains de café, chips, morceaux de papier", raconte la créatrice…

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