Emmanuel Macron et "le poison du bonapartisme"

Commémoration en France du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier
Commémoration en France du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier © France 24

Dans la presse, ce mercredi 5 mai, l’instauration de l’état de siège dans l’est de la RDC, pour tenter de mettre fin aux violences qui ravagent la région. Un projet de réforme du code de la famille en Egypte, qui menace de renvoyer les Égyptiennes "un siècle en arrière", selon les défenseurs des droits des femmes. Les commémorations du bicentenaire de la mort de Napoléon en France. Et la boulette diplomatique commise par un agriculteur belge.

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Dans la presse, la décision, hier, du président congolais, d’instaurer l’état de siège dans l’est de la RDC, pour tenter d’en finir avec les violences qui ravagent la région.

Le Nord-Kivu et l’Ituri sont désormais placés sous administration militaire, pour une durée de 30 jours, une décision présentée par Félix Tshisekedi comme une réponse au "cri de détresse" de la population. Mais d’après Le Monde, l’instauration de l’état de siège, qui donne des droits étendus à l’armée, "fait grincer des dents dans le pays" et "soulève beaucoup d’inquiétudes", dans la mesure où les officiers militaires dans l’est de la RDC sont eux-mêmes "accusés de violations des droits humains": viols, massacrés, assassinats, exploitation illégale des ressources, vente d’armes aux groupes armés. Le mouvement citoyen Lucha dit craindre que l’état de siège "ne donne lieu à une situation de non-droit et à une multiplication des bavures policières et militaires". Le quotidien belge Le Soir estime que Félix Tshisekedi "n’a pas tort" d’avoir instauré l’état de siège, mais demande à la communauté internationale d’aller "au-delà des paroles d’encouragement", et de lui fournir le soutien promis, notamment pour améliorer et former son armée. "Même s’il est peut-être déjà trop tard, c’est aujourd’hui qu’il faut aider le Congo à rétablir sa souveraineté, à contrôler son territoire, à protéger toute sa population".

Dans la presse, également, le projet de réforme du code de la famille en Egypte, qui prévoit de placer les femmes sous l’autorité d’un tuteur masculin. D’après La Croix, ce projet provoque la colère des défenseurs des droits des femmes, pour qui ce texte menace de "renvoyer les Egyptiennes un siècle en arrière". Cette reforme prévoit, entre autres, de renforcer la tutelle des hommes sur les femmes, qui ne pourront pas se marier sans l’accord d’un tuteur, ou encore de retirer la garde de leur enfant aux chrétiennes au profit du père, si celui-ci se convertit à l’islam. Selon La Croix, ce texte "est un gage accordé aux religieux", au premier rang desquels l’université Al-Azhar, la plus haute référence de l’islam sunnite.

En France, le quotidien Libération a mené l’enquête sur le tir de LBD, le lanceur de balles de défense, dont a été victime un jeune homme de la banlieue parisienne, en février 2020. Le visage mutilé d’Adnane Nassih, fait la Une du journal, qui affirme que le jeune homme de 19 ans, ne présentait pourtant "aucun danger" pour l’agent de la BAC qui lui a tiré dessus. Libé, qui a reconstitué les faits en 3D, évoque des images "accablantes" pour la police et s’indigne de ce que l’agent incriminé, n’ait à ce jour écopé d’aucune sanction. Le journal dit voir dans cette affaire "le reflet du sentiment d’impunité qui règne" dans la police, "une violence si ordinaire qu’elle en devient institutionnelle".

La France, qui commémore aujourd’hui le bicentenaire de la mort de Napoléon. Un anniversaire sur fond de polémique. A cette occasion, Emmanuel Macron doit prononcer un discours à l’Institut de France – un exercice "périlleux", pour lequel le président aurait cherché "le ton juste", selon Le Figaro, qui estime que, oui, il faut commémorer, "et même célébrer" l’empereur Napoléon, qui a " légué (à la France) une certaine idée d’elle-même, qu’on pourrait résumer d’un mot, sur lequel elle a vécu pendant près de deux siècles: la grandeur". "En commémorant aujourd’hui la mort du "petit caporal", Emmanuel Macron cherche à tirer profit de la figure mythifiée de l’empereur", accuse L’Humanité, qui dénonce "le poison du bonapartisme" et voit d’abord en Napoléon le fossoyeur de la Révolution française, et celui qui a rétabli l’esclavage dans les colonies en 1802. "Comment commémorer le bicentenaire de la mort de l’empereur, accusé d’avoir rétabli ce qui est un crime contre l’humanité en France?": L’Opinion évoque, lui aussi, "un exercice périlleux" pour Emmanuel Macron, qui "lorgne l’électorat de droite", souvent acquis à la mémoire de "l’homme providentiel".

Napoléon 1er, dont la défaite à Waterloo en 1815 avait ramené le futur territoire belge sous la domination de la couronne néerlandaise. Cette défaite avait aussi posé les jalons du Traité des "Limites" de 1820, qui a établi la frontière entre la France et la future Belgique. Une frontière qu’un agriculteur belge a accidentellement repoussée de 2, 20m en déplaçant la vieille borne en pierre qui en marquait l’emplacement précis, car cette vieille pierre gênait le passage de son tracteur. Hélas pour cet agriculteur, son acte malencontreux n’a pas échappé à des passionnés de la frontière franco-belge, qui connaissent visiblement l’emplacement de la vieille borne au centimètre près et ont demandé aux autorités belges de contacter l'agriculteur, pour lui faire remettre la pierre à son emplacement d'origine. Lu sur le site du Point.

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