Mali : "Les militaires mettent leurs godillots dans le plat de la transition"

Arrestation, au Mali, du président et du Premier ministre du gouvernement de transition
Arrestation, au Mali, du président et du Premier ministre du gouvernement de transition © France 24

À la une de la presse, ce mardi 25 mai, les réactions aux arrestations, hier, du président et du Premier ministre maliens par l’armée, et à l’interception, dimanche, par la Biélorussie, d’un avion reliant la Grèce à la Lituanie, pour arrêter Roman Protassevitch, un opposant qui se trouvait à bord. Aux États-Unis, le premier anniversaire de la mort de George Floyd, cet Afro-Américain mort étouffé par un policier blanc. Et une cure de désintoxication… pour corrompus.

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À la une de la presse, le nouveau coup de force, hier, des militaires maliens, qui ont arrêté le président, le premier ministre et le ministre de la Défense du gouvernement de transition.

"Le pays de nouveau plongé dans une situation de crispation politique" : Le Journal du Mali fait état de la condamnation de ces arrestations par l'ONU, la Cédéao (Communauté des États d'Afrique de l'Ouest) et par l'UE, qui demandent "la libération immédiate et inconditionnelle" du président Bah Ndaw et du Premier ministre Moctar Ouane.

Une condamnation relayée par l'ensemble de la presse africaine. "Des militaires mettent leurs godasses (ou plutôt leurs godillots, NDLR) dans le plat de la transition !", s'indigne le quotidien burkinabé Le Pays, pour qui ce nouveau coup de force "n'augure rien de bon pour le Mali". "Le rôle de l'armée, rappelle le journal, n'est pas de gérer le pouvoir d'État mais plutôt de défendre l'intégrité du territoire. Une mission que l'armée malienne peine à accomplir avec brio". "Faut-il désespérer des militaires ?" : L'Observateur Paalga, un autre quotidien du Burkina, se demande "s'il faut craindre un coup d'arrêt à la transition malienne, qui n'avait plus que 10 mois pour arriver à bon port". "Quoi qu'il en soit, critique le journal, c'est regrettable de voir tous ces galonnés passer le temps à se disputer les privilèges et les morceaux les plus viandeux de la République, pendant que le (Mali) est livré aux hordes terroristes et rongé par les conflits communautaires". Le Mali, en proie à une importante crise sociale, est-il aussi condamné à un "cycle incessant de coups d'État ?". Wakat Sera dénonce "la volonté manifeste des militaires maliens régner en maîtres sur la vie politique malienne" et déplore, au-delà du cas malien, "le jeu du chat et de la souris" auquel se livreraient certains dirigeants africains avec la démocratie. Le site d'info burkinabé cite les "coups d'État constitutionnels" de l'Ivoirien Alassane Dramane Ouattara, du Guinéen Alpha Condé, et Congolais Denis Sassou N'Guesso - des "cas emblématiques" auxquels est venu s'ajouter "l'adoubement, par une communauté internationale experte dans les condamnations à géométrie variable, du général Mahamat Idriss Déby, comme président de la transition au Tchad", après la mort de son père, Idriss Déby.

Condamnation, aussi, par la communauté internationale, du détournement, dimanche, par la Biélorussie, d'un avion de ligne civil, pour arrêter l'opposant Roman Protassevitch. Le journal russe Vedomosti rapporte que l'UE demande, en représailles, aux compagnies aériennes européennes d'éviter l'espace aérien biélorusse, et qu'elle va interdire l'accès aux aéroports européens à Belavia, la compagnie aérienne biélorusse. Des mesures dont le quotidien tente de minimiser l'impact, en citant le ministre russe des Affaires étrangères, qui a promis, hier, que "Moscou n'abandonnera pas Minsk". Les Européens ont aussi convenu de sanctions "ciblées" contre les entreprises et les oligarques accusés d'avoir financé les 27 ans de règne d'Alexandre Loukachenko, dont Le Figaro souligne "l'implacable rancune" envers l'opposition. D'après le journal, le président biélorusse "n'a toujours pas digéré d'avoir été contesté, des mois durant, après sa victoire jugée frauduleuse à la présidentielle d'août dernier". Au total, selon l'opposition, plus de 35 000 personnes seraient passées par la prison, des milliers d'entre elles ayant fait état de tortures et d'abus, et la Biélorussie compterait actuellement plus de 400 prisonniers politiques.

À la une, également, le premier anniversaire de la mort de George Floyd, cet Afro-Américain mort étouffé par un policier blanc à Minneapolis. The Independent évoque un an de manifestations, aux États-Unis, mais aussi dans le monde - une mobilisation planétaire que le frère de George Floyd, Terrence Floyd, a appelé à poursuivre, en encourageant les gens à rester "éveillés". D'après The Star Tribune, la mort de George Floyd, aurait fait avancer la prise de conscience face aux problèmes du racisme et des violences policières. Le journal de Minneapolis cite un certain nombre de mesures, telle que l'interdiction du drapeau confédéré pour les compétitions de Nascar, l'enlèvement de la statue du marchand d'esclaves Edward Colston à Bristol, au Royaume-Uni, ou encore de celle du roi belge Léopold II, accusé de répression sanglante au Congo. Mais au-delà de ces décisions symboliques, la mort de George Floyd a-t-elle réellement changé les choses aux États-Unis ? Le quotidien français L'Humanité relève que "la coalition démocrate désormais au pouvoir n'a toujours pas transformé l'immense mobilisation antiraciste" qui a émergé il y a un an, "en projet législatif". Le Sénat républicain bloque toujours en effet le projet de réforme de la police.

À la rubrique progrès en cours, toujours, Courrier International relaie une enquête du New York Times, qui s'est rendu dans des prisons espagnoles où des psychiatres ont mis en place des thérapies d'un tout nouveau genre : des cures de désintoxication… pour soigner les corrompus. Une démarche basée sur l'idée que même au plus profond du pire escroc, sommeille un homme (ou une femme) honnête qui s'ignore…

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