Massacre de civils à Solhan : "Le Burkina Faso est-il gouverné ?"

Au moins 160 civils tués dans l'attaque contre le village de Solhan, au Burkina Faso
Au moins 160 civils tués dans l'attaque contre le village de Solhan, au Burkina Faso © France 24

À la une de la presse, lundi 7 juin, le bilan revu à la hausse de l’attaque contre le village de Solhan, au nord du Burkina Faso, qui a fait au moins 160 morts. L’accord du G7 sur l’instauration d’un impôt minimum mondial sur les sociétés. L’inquiétude grandissante sur l’état de santé du journaliste marocain Soulaïman Raïssouni. Et le nouveau bébé du prince Harry et de Meghan Markle. Its’ a girl !

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À la une de la presse, l'attaque meurtrière contre le village de Solhan, à l'extrême nord du Burkina Faso, où au moins 160 personnes ont été tuées dans la nuit de vendredi à samedi.

La Croix évoque "un massacre de civils sans précédent". Alors que trois jours de deuil national ont été décrétés par le président Charles Kaboré, "la stratégie des autorités pour lutter contre le terrorisme est perçue comme peu lisible par la population", d'après le quotidien français. Il rappelle que le Burkina Faso compte déjà plus d'un million de personnes déplacées, un nombre qui pourrait encore augmenter après la tuerie de ce week-end. "Nous sommes fatigués d'entendre qu'on condamne des attaques avec la dernière énergie", témoigne Maïmouna Ba, la présidente de Femmes pour la dignité du Sahel, qui vient en aide aux veuves et aux orphelins victimes du terrorisme et dont la capacité de résilience est mise "à rude épreuve", selon La Croix.

Wakat Sera fait lui aussi état de la lassitude des Burkinabè, en citant la réaction d'un internaute : "À quoi servent les jours de deuil national, les déclarations de condamnation avec la dernière énergie, si visiblement on ne maîtrise plus rien dans cette situation ?". Le site d'info burkinabè appelle le gouvernement à "prendre en main la sécurité et la défense du territoire, tout en bénéficiant, mais seulement en appoint, de l'appui des forces partenaires, à qui l'État ne saurait donner l'exclusivité de la protection du pays". "Le Burkina est-il gouverné ?", s'interroge Le Pays, qui envisage trois hypothèses pour expliquer le massacre de Solhan : que les assaillants ont peut-être "voulu apporter un démenti sanglant à l'armée nationale, qui annonçait il y a peu 'le retour de la paix' dans la région", qu'il s'agit, peut-être, d'"une action de représailles contre des populations accusées de complicités avec les Forces de défense et de sécurité", ou que ce massacre "s'inscrit dans la logique de prédation des ressources naturelles par les groupes armés", car la région de Solhan dispose d'un important site aurifère, convoité par les bandes armées.

À la une, également, l'accord du G7, annoncé samedi, sur l'instauration d'un impôt minimum mondial sur les sociétés. La Croix annonce une réforme "historique" de la fiscalité des entreprises multinationales, qui pourrait, si elle aboutit, constituer un grand pas dans la lutte contre leur évasion fiscale et se traduire par une centaine de milliards d'euros de recettes supplémentaires dans les budgets des États. Saluée aux États-Unis par la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, pour qui cette réforme va "apporter de la justice pour les classes moyennes", le projet indispose en revanche The Wall Street Journal, qui soutient qu'il va, au contraire, nuire aux intérêts des travailleurs, des consommateurs et des actionnaires américains. Notamment parce que cette réforme menace le principe de concurrence en matière de politique fiscale, "qui a joué un rôle déterminant dans la croissance économique, l'innovation et la création d'emplois depuis les années 1980". En France, le projet ne plaît pas non plus à L'Humanité, qui fait état de la déception des associations de lutte contre les paradis fiscaux, qui parlent de "non-avancée" et de "compromis au rabais", dans la mesure où seule une petite partie des bénéfices sera soumise au futur taux minimal d'imposition de 15 %. Et cette réforme ne concernera pas toutes les multinationales, puisque a priori ne seront ciblées que les très grandes entreprises qui réalisent une marge bénéficiaire d'au moins 10 %.

L'accord du G7 a aussi été salué en Allemagne, où la CDU, le parti d'Angela Merkel, a remporté dimanche les élections dans la région de Saxe-Anhalt. Reiner Haseloff, le candidat de la CDU triomphe et l'AfD, le parti d'extrême-droite, reste à la deuxième place", titre Der Tagesspiegel, qui met en garde les conservateurs contre la tentation de se reposer sur leurs lauriers d'ici les législatives de septembre. Un appel à la vigilance, repris par Der Spiegel, qui souligne que l'AfD a certes réalisé une performance moins forte qu'attendu, mais que son score reste élevé, avec plus de 20%.

Un mot, également, de l'inquiétude autour de l'état de santé du journaliste marocain Soulaïman Raïssouni, emprisonné depuis un an. D'après Hespress, ses soutiens s'alarment des répercussions de la grève de la faim entamée il y a deux mois par l'ancien rédacteur en chef du journal Akhbar al-Youm, qui entend ainsi proclamer son innocence. L'Humanité raconte comment la vie de ce journaliste a basculé en mai 2020, lorsque des policiers l'ont interpellé à l'aube sous l'œil des caméras pour attentat à la pudeur et séquestration - des motifs que Soulaïman Raïssouni nie en bloc. L'Huma s'interroge, pour sa part, sur la mise en cause de ce journaliste connu pour ces éditoriaux au vitriol qui n'épargnent ni le roi Mohammed VI, ni sa garde rapprochée, ni le tout-puissant patron des services de sécurité, Abdellatif Hammouchi. Soulaïman Raïssouni paye aussi ses prises de position en faveur d'un autre journaliste marocain, Omar Radi, poursuivi, lui pour "espionnage" et "atteinte à la sûreté de l'État", et lui-même accusé de viol.

It's a girl ! Impossible de se dire à demain sans annoncer la naissance du bébé du prince Harry et de sa femme Meghan Markle. C'est une fille, donc, et elle s'appelle Lilibet Diana, comme son arrière-grand-mère et sa grand-mère, d'après The Sun, ravi de la nouvelle. The Daily Mail l'est visiblement moins. "Le nouveau bébé Sussex reçoit le surnom que donnait sa famille à la reine Elizabeth. Mais est-ce que Harry et Meghan lui ont au moins demandé son avis ?", persifle le tabloïd. L'intéressée, en tout cas, a posté un message de félicitations sur son compte Instagram officiel, en déclarant que toute la famille royale était enchantée de cette naissance.

 

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