Emmanuel Macron giflé: "Acte isolé ou signal d'alerte ?"

Le président français Emmanuel Macron giflé lors d'un déplacement
Le président français Emmanuel Macron giflé lors d'un déplacement © France 24

À la une de la presse, ce mercredi 9 juin, la gifle reçue hier par le président français Emmanuel Macron, lors d’un déplacement dans la Drôme. Un geste unanimement condamné par la classe politique. La troisième phase du déconfinement en France. Le début de la tournée européenne du président américain Joe Biden. Et des chaussures à la fois laides et inconfortables.

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À la une de la presse, la gifle reçue, hier, par Emmanuel Macron, lors d'un déplacement dans la Drôme. Un acte unanimement condamné par la classe politique.

"La gifle qui inquiète" : pour Le Parisien, avec ce geste, une "limite" aurait été "franchie", "celle de la violence physique contre le chef de l'État". Le journal évoque "un sacrilège républicain", qui témoignerait de "l'agressivité grandissante de la société en général et du débat public en particulier", "un signal d'alarme, alors que débute la campagne pour la présidentielle de 2022". Le quotidien Libération, lui, s'interroge : s'agit-il d'un "acte isolé", ou d'un "signal d'alerte" ? Le journal fait état de la volonté de l'Élysée de minimiser l'incident, présenté plutôt comme "une tentative de coup". "Macron voulait être au contact des Français, à portée de baffe. On peut dire qu'il va au bout de la démarche", soutient un conseiller de l'exécutif.

Message reçu du côté du Figaro, qui juge qu'il ne faut pas "surestimer la portée" de l'événement. Non, "la République n'est pas en danger", relativise journal, qui estime, néanmoins, que "la gifle de Tain-l'Hermitage n'a pas seulement effleuré le visage de l'homme Macron", mais qu'elle a aussi "touché la fonction, et partant, atteint la nation tout entière". Pour L'Humanité, qui souligne la proximité présumée des deux individus mis en cause avec l'extrême-droite royaliste, l'incident d'hier serait avant tout le dernier en date d'une série de signaux très inquiétants venus de la droite de la droite, dans le sillage d'appels au meurtre de militants de gauche, ou encore de la tribune de militaires sur la République en danger. "La cote d'alerte est franchie" : le journal évoque un "climat préfasciste", contre lequel il appelle, d'ailleurs, à se mobiliser, lors d'une marche pour les libertés et contre l'extrême droite, le 12 juin prochain.

Courrier International a recensé les réactions à l'étranger, et cite ce commentaire de la ZDF, la télé publique allemande : "L'atmosphère politique était tendue en France bien avant cela. Ce geste ne manquera pas d'alimenter un peu plus les débats sur la culture politique dans le pays", un constat partagé par le site américain Politico, qui écrit que "de manière générale, à l'aube de (la) campagne présidentielle, le débat public français est frappé par une normalisation croissante et inquiétante de la violence". La chaîne d'info américaine arabophone Al-Hurra rappelle, néanmoins, que ce n'est pas la première fois qu'un président est pris à partie, en France, en citant notamment le cas de Nicolas Sarkozy.

La France entame aujourd'hui sa troisième phase de déconfinement. Couvre-feu repoussé à 23 h, réouverture des salles de restaurant et des salles de sport… Ce 9 juin a "un goût de liberté retrouvée", mais Libération se demande si c'est vraiment "le début de l'enfin", d'où les marques de bronzage avec masque et lunettes sur le vacancier qu'on aperçoit ce matin à la une. Avec cette nouvelle phase du déconfinement, le télétravail "100 % obligatoire" prend aussi fin ce mercredi, mais là encore, le retour à la vie de bureau ne sera pas non plus un retour à la vie d'avant. À voir avec le dessin de Deligne, pour La Croix : "Même si on n'est pas au complet, ça fait du bien de se retrouver en présentiel", déclare un employé. "Appelle-moi en visio, je ne t'entends pas", lui répond son collègue, de l'autre bout de l'open space.

À la une également, le début, aujourd'hui, de la tournée européenne de Joe Biden, le premier déplacement à l'étranger du président américain. D'après Le Temps, cette visite a pour objectif de "renouer avec les alliés" des États-Unis "après le mandat tourmenté de Donald Trump", et de rencontrer Vladimir Poutine, le 16 juin prochain à Genève. La visite du président américain en terre helvétique inspire un dessin à Chapatte, ironisant sur le soutien affiché par Joe Biden au projet d'abolition des paradis fiscaux, alors-même qu'il est attendu prochainement en Suisse, royaume de l'évasion fiscale.

La question de la fiscalité est plus que jamais au cœur des débats outre-Atlantique, où le site d'investigation Pro Publica, relayé, notamment par The Financial Times, révèle que les 25 plus riches Américains n'ont versé que 13,6 milliards de dollars au fisc, entre 2014 et 2018, alors que leur fortune augmentait de 401 milliards de dollars, durant la même période. Le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, a même réussi à ne pas payer un cent d'impôt fédéral sur le revenu en 2007 et 2011. Mais outre-Atlantique, ce qui trouble le plus The Wall Street Journal, n'est pas le contenu de ces révélations, mais leur divulgation. Le journal financier rappelle que "diffuser de telles informations est un délit, les déclarations d'impôt sur le revenu étant confidentielles" et estime que "ces révélations arrivent (surtout) à point nommé pour l'administration Biden, qui tente de faire pour faire adopter la plus forte augmentation d'impôts depuis 1968, avec l'argument que les plus riches doivent payer 'leur juste part'". The New York Times s'indigne, lui, de la façon dont les milliardaires américains parviennent à éviter de payer cette "juste part", en toute légalité, et milite en faveur d'une refonte totale de la fiscalité, "pour remédier à l'injustice fondamentale, selon laquelle les plus riches vivent selon des règles différentes" du commun des mortels.

Aux États-Unis, toujours, et d'après Le Figaro, l'État de Washington a imaginé un moyen assez original pour encourager la population à se faire vacciner : offrir un joint pré-roulé à tout individu âgé d'au moins 21 ans qui se fera vacciner dans les dispensaires cet État du nord-ouest. Personnellement, en bonne victime de la mode, s'il avait fallu négocier, je me serais davantage laissée tenter par une paire de chaussures – enfin, pas n'importe quelles chaussures non plus, pas celles dont parle Jezebel, qui fait état d'une tendance qui peut laisser songeur : la croc'-talons aiguilles, qui réussissent le tour de force d'être à la fois laides et inconfortables…

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